vendredi 18 décembre 2009

EADS ou le déni d'initiés

par Didier Testot

La décision de la Commission des sanctions de l'AMF le 17 décembre 2009 "blanchissant" tous les dirigeants ou ex-dirigeants d'EADS a fait rire jaune les spécialistes des marchés financiers.
Les boursiers expérimentés, fréquentant les salles de marchés depuis des années le savent bien, vendre tous ses titres alors que rien sur le marché ne donne une quelconque indication, puis alors que tous les autres investisseurs découvrent l'ampleur des dégats, restera en travers de la gorge de ceux qui ne faisaient pas partie de ce cercle.
Vendre autant de titres en sa possession au meilleur moment de l'histoire plutôt mouvementée d'EADS restera suspect, malgré tous les efforts des avocats de la défense qui viennent de remporter une belle bataille juridique.
Un rappel au passage pour le titre EADS : -26,3% et une perte de confiance qui perdure sur la gestion managériale d'un "pseudo" groupe européen, théatre d'abord depuis des années de la rivalité de pouvoirs franco-allemande, les plus pessimistes diront qu'il est ingérable, même si le Président actuel Nicolas Sarkozy et son homologue Angela Merkel ont essayé de mettre le dossier à plat. La politique a toujours fait mauvais ménage avec la gouvernance d'une entreprise.

Le coeur du déni d'initié se trouve ici :
" En troisième lieu -en se séparant, cette fois, de son rapporteur - la Commission écarte le grief formulé à l’encontre de 7 cadres du groupe auxquels il était fait reproche d’avoir, entre le 8 et le 21 mars 2006, procédé à des ventes de stock options en utilisant une information privilégiée. L’information ainsi invoquée était relative non à une donnée financière (connaissance de résultats ou de l’imminence d’une opération sur le capital...), mais à une donnée de type industriel : la connaissance de retards de fabrication du gros porteur A.380 qui avaient été évoqués lors de la réunion de deux instances d’Airbus, les 17 février et 1er mars 2006.

La Commission a estimé que la connaissance de ces retards – distincts de ceux ayant constitué la matière du communiqué du 13 juin 2006, à la suite duquel le cours du titre EADS a baissé de 26 %- ne constituait pas une information privilégiée, c'est-à-dire, selon la définition donnée par l’article 621-1 du règlement général de l’AMF, « une information précise (...) qui, si elle était rendue publique serait susceptible d’avoir une influence sensible sur le cours des instruments financiers » correspondants.
Avant de parvenir à cette conclusion, la Commission – qui a souligné d’emblée qu’il convenait de considérer exclusivement les données existant à la date des faits reprochés, abstraction faite de celles apparues en juin 2006- a relevé notamment : - que les difficultés du processus industriel évoquées lors des réunions des 17 février et 1er mars « n’apparaissaient pas (...) comme étant d’une nature substantiellement différente de celles usuellement rencontrées en matière aéronautique et susceptibles d’être surmontées par la mise en œuvre de mesures d’amélioration du processus de production » ; notamment, ces difficultés étaient de bien moindre ampleur que celles, distinctes, ayant donné lieu au communiqué du 13 juin 2006 ; - « que ces retards ou difficultés du processus industriel constituaient alors une préoccupation habituelle à ce stade de la fabrication et sans commune mesure avec celle, primordiale car conditionnant l’ensemble du processus de livraison, relative à la nécessité d’obtenir en temps utile la certification de l’appareil, laquelle est intervenue en décembre 2006 avant la date prévisionnelle de livraison du premier appareil » ; - que le programme conçu en mars 2006 pour adapter à la situation évoquée les 17 février et 1er mars le planning de production antérieur maintenait à 26 –contre 27 antérieurement- le nombre des livraisons prévues pour 2006 et 2007 et s’agissant du calendrier de ces livraisons, prévoyait que 7 d’entre elles seraient retardées de deux mois au plus, les 19 autres étant affectées de délais supplémentaires ne variant qu’entre 3 et 5 mois ; en cela ce plan différait fondamentalement de celui ayant donné lieu au communiqué du 13 juin, qui ne prévoyait plus que la livraison de 10 appareils jusqu’à la fin de 2007. De ces constatations la Commission a déduit « ... qu’il ne résulte pas de l’instruction que, dans le contexte existant à la date des faits reprochés, l’information invoquée par les notifications de griefs ait (...) été susceptible d’avoir une influence sensible sur le cours du titre EADS ».

Les dirigeants et ex-dirigeants d'EADS qui étaient mis en cause et sont innocentés grâce à cette brillante démonstration par la Commission des Sanctions ont donc pu vendre leur titre, en totalité pour certains, y compris pour leurs enfants, dans le seul but de bien gérer leur portefeuille et avec uniquement de la chance, c'est à dire au plus haut pour le titre EADS, qui depuis ne s'est pas encore remis de cette catastrophe boursière.

Ce n'est pas les 13 euros que vaut le titre EADS aujourd'hui qui peuvent rassurer ceux qui n'ont pas participé à cette vente massive.
Il semble qu'en France contrairement aux Etats-Unis, les affaires d'initiés finissent toujours à la poubelle, pour une bonne ou une mauvaise raison.
Ne pas vouloir passer pour une place financière exotique était souvent l'argument avancé lors des bulles financières pour laisser tranquille ceux qui franchissaient la ligne jaune, à la longue, la place financière de Paris, si elle veut avoir un "vrai" statut international devra faire le ménage chez ceux qui profitent de telle ou telle anomalie juridique pour gérer leurs petites affaires comme bon leur semble, mais surtout au détriment de l'ensemble de la communauté financière. Le droit ne peut pas à chaque fois courir après la réalité des affaires.

lundi 14 décembre 2009

Le débat économique Spécial Bourse 2010

Par Didier Testot.

Nouveau débat économique sur la stratégie d'investissement Bourse 2010. Trois invités pour décrypter la Bourse et les Marchés.

Christophe Donay Stratégiste Pictet et Cie, Eric Turjeman Directeur des Gestions actions SGAM et Jean-Marc Bernon, Directeur général Fortis Gestion Privée.

Retour sur le décryptage de l'année 2009 dans la première partie, questions posées par les investisseursen 2009 et stratégie d'investissement en 2010.

A voir sur la Web TV www.labourseetlavie.com

mercredi 9 décembre 2009

La Grèce, le G des Pigs tremble

par Didier Testot.

Il ya quelques mois déjà, en mars 2009, j'avais découvert dans une conversation avec un investisseur ce terme des PIGS . Si l'information était en soi presque anodine, je n'imaginais pas que quelques mois après seulement, le G des PIGS, la Grèce, se trouverait dans une telle situation.
Le fait que l'Agence de notation Fitch ait abaissé la note de la dette à long terme de la Grèce (de A- à BBB+) en raison d’«inquiétudes» sur les finances publiques du pays et d’«incertitudes» sur la reprise économique est venue alourdir le climat.
Image AFP (Le ministre grec des Finances Georgios Papaconstantinou le 2 décembre 2009 à Bruxelles)

Au cours des derniers mois de la crise économique et financière, on a suffisamment dit que les agences de notation avaient été plutôt lentes à changer leur notation, cette fois-ci les investisseurs prennent au sérieux cette dégradation. Et les places financières n'apprécient pas ces incertitudes.
On imagine que la BCE regarde de près la situation de même que les autres pays de la zone.
Pour les investisseurs, si la chûte de Dubai avait quelque chose de "folklorique" comme un Pays des Merveilles qui disparaissait, la Grèce, le G des PIGS, c'est la zone euro.
C'est sans doute un nouveau test de la solidité de la zone euro qui s'engage, mais rien ne dit qu'il s'écrira de la manière dont ceux qui ont la charge des responsabilités l'espèrent.
Les plus spéculateurs avaient envisagé il y a déjà quelques mois que des pays allaien sortir de la zone euro, conséquence d'une crise économique et financière historique.
A suivre.

lundi 7 décembre 2009

Le débat économique Spécial Bourse 2010

Le débat économique (1ère partie) - Vidéos/Interviews

par Didier Testot.

Comment aborder l'année 2010 en termes d'investissement ?
Retour dans cette première partie de l'émission "L'économie en VO", Spécial Bourse, sur les temps forts pour les investisseurs.
Avec nos trois invités : Philippe Forni Directeur Général de CamGestion, Franck Dixmier Directeur Gestions Allianz Global Investors France et Sebastian Paris Horvitz Directeur de la Stratégie chez AXA IM. Ce débat comporte trois parties. La seconde partie aborde les thématiques des marchés et la troisième les perspectives de la Bourse en 2010.
A voir sur la Web TV www.labourseetlavie.com

dimanche 29 novembre 2009

Good Bye Dubai Madoff of Course

par Didier Testot

Il est très facile aujourd'hui à tous ceux qui veulent faire les malins sur leur compréhension de la crise économique et financière de nous montrer que Dubai était bâti sur du sable (très drôle) et que ce paradis du bling bling, avec sa piste de ski et ses galeries de magasins gigantesques comme ses tours à pertes de vues, devait en arriver à faire faillite. Aujourd'hui c'est facile, puisque c'est Dubai qui a annoncé la fin de la partie de châteaux de sable.
Voilà donc ce monument de la "modernité" qui tremble et qui fait dire aux spécialistes qu'Abu Dhabi va pouvoir donner une leçon à Dubai pour lui apprendre que créer du vent comme Madoff, c'est possible, mais qu'un jour, il faut bien payer la note.
Et comme Madoff, c'est la crise financière qui a permis de mettre fin à cette illusion de la beauté miraculeuse des gratte-ciels.
Comparer Dubai à Madoff n'a pas de sens croyez-vous, pourtant je ne voudrais pas être à la place de ceux qui ont acheté de l'immobilier dans cette palmeraie artificielle au prix fortet dont des magazines aux pages glacées ornaient parfois leurs numéros, c'était quand Dubai regorgeait de dollars et inondait le Monde de son mirage.
La banque centrale des Emirats vient d'annoncer ce dimanche (Le Monde.fr avec Reuters du 26/11/2009) qu'elle mettait à disposition "en urgence de liquidités supplémentaires afin de soutenir les banques".
Pourtant il y a peu de temps lorsque l'on cherchait des éléments sur Dubai on pouvait facilement arriver sur ce type d'information :
"Depuis quelques années, les Emirats Arabes Unis ont décidé de renforcer leur potentiel touristique, et ainsi de parvenir à faire du tourisme le plus grand secteur économique de leur pays, après le pétrole. Cette politique semble porter ses fruits puisque de plus en plus de guides et d’agences de voyage proposent cette destination, d’autant plus que l’Etat des Emirats Arabes Unis ne manque pas de charme sur le plan touristique(...)Composé de sept émirats, l’Etat est aujourd’hui reconnu en tant que destination touristique à travers trois villes : Abu Dhabi, Dubaï et Sarjah. Les principaux circuits débutent généralement par une visite de Sarjah. Cette ville regorge de monuments architecturaux dans le pur style arabe(...) La seconde destination est Abu Dhabi, une ville moderne et récente qui ne manque pas de charme et qui offre de nombreux sites à visiter tels que le palais Hosn et le Centre d’Artisanat Féminin. La troisième destination est celle de Dubaï. Elle est sans aucun doute celle qui suscite le plus de curiosité chez les voyageurs. Véritable oasis de modernité au milieu du désert, Dubaï est une ville très vivante et très décontractée". Et cette conclusion : "A part le musée de Dubaï, les plus beaux monuments de la ville sont les imposants gratte-ciel qui la parsèment. Ces derniers sont classés parmi les plus hauts et les plus modernes du monde. Le commerce figure parmi les principales activités de la ville car de nombreux centres commerciaux offrent divers produits et un accueil inoubliable aux visiteurs".
Comme toujours dans ce genre de mirage, il y a ceux qui ont pu y faire fortune et qui ont su refiler la patate chaude aux autres à Dubai. Bis repetita simpliste. Après Madoff et Dubai, quel sera le prochain mirage à se faire démasquer par cette crise financière qui remet les compteurs à zéro ?
Les plus pessimistes disent qu'il n'y a pas besoin d'aller jusque dans le désert mais que l'aventure financière se trouve déjà à la périphérie de la zone euro. Pas besoin de gratte-ciel, juste de se gratter la tête pour connaître le prochain sur la liste.

jeudi 26 novembre 2009

Résultats semestriels sur la Web TV www.labourseetlavie.com

Par Didier Testot.

La Bourse et la Vie.
A travers les interviews vidéos des dirigeants et des managers dans les secteurs comme les vins et spiritueux, la recherche et développement externalisée, l'édition de logiciels ou l'agroalimentaire, une occasion de mieux comprendre l'évolution de notre économie avec ceux qui l'a font. A l’occasion des publications de résultats semestriels, retrouvez en vidéo l’interview de Dominique Hériard Dubreuil Présidente de Rémy Cointreau, qui évoque le premier semestre, la stratégie mais aussi les perspectives du groupe de vins et spiritueux. La vidéo est à voir sur la Web TV en cliquant sur ce lien : Rémy Cointreau

Egalement, la société LDC qui a réalisé au cours du semestre écoulé des acquisitions importantes. Interview vidéo de son Pdg, Denis Lambert, l’interview est accessible sur ce lien : LDC

Toujours dans l’actualité des entreprises, la société SII a publié ses résultats semestriels, Eric Matteucci, le Président du Directoire, répond sur la stratégie et les perspectives du spécialiste de la Recherche et développement externalisée. Interview vidéo à voir en cliquant sur le lien SII

Enfin dans l’actualité entreprises, la publication semestrielle de l’éditeur de logiciel Generix. Invité de www.labourseetlavie.com, Jean-Charles Deconninck évoque les perspectives du groupe : Generix
Avec des dizaines d'autres vidéos à voir sur l'actualité économique et financière.

lundi 23 novembre 2009

EADS et Vivendi en vedette malgré ou à cause d'eux !

par Didier Testot.

A New York c'est un Jean-Marie Messier toujours bronzé (Photo Reuters)

sans doute une obligation dans la banque d'affaires où l'on pense que si l'on est bronzé cela veut dire que l'on a confiance. Si j'étais client d'une banque d'affaires, je me dirais que mon conseiller passe beaucoup de temps sous les Tropiques ou sous les UV, pas forcément sur mon dossier, mais bon je ne suis pas client d'une banque d'affaires.
A New York donc Jean-Marie Messier tente d'expliquer à un juge que J6M, "Jean-Marie Messier Moi-Même Maitre du Monde" n'était qu'une invention et que lorsqu'il a dirigé Vivendi Universal, il n'avait "jamais commis de fraude", son commentaire dans le JDD du week-end.
L'issue du procès verra si J6M peut convaincre des juges américains davantage au fait des questions financières que de ce côté-ci de l'Atlantique.
Au Palais Brongniart, ce matin, ce sont les dirigeants ou ex-dirigeants d'EADS soupçonnés de délits d'initiés qui défilent à huis clos devant la Commission des Sanctions de l'AMF, dans un Palais vide depuis bien longtemps mais que le gendarme de la Bourse a préféré à ses bureaux trop étroits. Du coup, c'est un Noël Forgeard (photo AFP) l'ancien dirigeant d'EADS qui se dit "serein" au micro des journalistes présents sur place.
EADS, Vivendi, deux entreprises du CAC 40 aux prises avec leur passé, dont les dirigeants actuels aimeraient bien tourner la page, mais le temps de la Justice comme de l'Administration, fussent-elles indépendantes, ne va pas au même rythme.
Le Vivendi Universal devenu le Vivendi d'aujourd'hui réalise une OPA au Brésil, et est en passe de vendre sa participation dans NBC Universal. EADS lui reste englué avec ses retards sur l'avion militaire A400M, comme avec ses retards pour l'A380, tout en battant en 2009 ses records de livraison d'avions.
Deux piliers du CAC 40 qui voudraient sans doute pouvoir parler d'autres choses que du passé.
Solder le passé est une chose, éviter qu'on vous le rappelle à chaque fois en est une autre et demande surtout de réussir à réconcilier les actionnaires et les managers, en faisant les choix stratégiques pertinents, ni trop tôt, ni trop tard.

mardi 17 novembre 2009

Call me Miss Lagarde

par Didier Testot

Call me Miss Lagarde.
Ce n'est pas courant, c'est même exceptionnel, et surtout inédit, Christine Lagarde a été désigné "star" de l'année 2009 par un jury de notre confrère respecté de la City, le Financial Times, qui en a fait le Ministre des Finances de l'année 2009.
Les journalistes politiques sont dans leur rôle quand ils glosent sur son avenir politique désormais possible compte tenu de sa nouvelle aura internationale, les mêmes qui ne s'étaient pas privés depuis le début de sa prise de fonction de mettre en avant ses gaffes, elle en a fait quelques unes quand même, sous-estimant l'ampleur de la crise économique ou nous conseillant le vélo lorsque le pétrole flambait. Mais finalement son manque d'expérience politique venait cacher ce qu'elle était en train de réaliser sur le plan international et notamment au G20.
Christine Lagarde a donné au Financial Times une interview après ce prix que les hommes politiques Français, ceux qui prétendent aux plus hautes fonctions ou qui exercent déjà sans avoir les bases en anglais devraient prendre comme exemple.

J'ajouterais que certains Pdgs du CAC 40 feraient bien aussi d'écouter la leçon d'anglais de Miss Lagarde. Pas la peine de citer les noms de ceux qui ont besoin de rattrapage, ils se reconnaitront.
Cette victoire de Christine Lagarde doit être célébrée à Bercy rapidement car le lien donné par le Financial Times pour voir la vidéo ne fonctionne plus.
"The page you have requested is unfortunately not available.
Visit our site map for more information on FT.com Go to homepage."
Célébrer une française pour des Anglais reste une gageure, saluons l'exploit, en espérant pour elle qu'il ne lui arrivera pas ce qui arrivait aux Pdgs célébrés par un hebdomadaire il y a quelques années de cela et qui voyait les vainqueurs passer l'année suivante dans le camp des loosers. Good Luck Miss Lagarde.
Pour les fans, le lien pour la vidéo en espérant qu'il reste en l'état : Christine Lagarde
J'ai bien aimé son "Thank you very much, Monsieur le journaliste".

lundi 16 novembre 2009

Le Lion Peugeot lorgne vers le Tigre asiatique

par Didier Testot.

Jeudi dernier, le titre du groupe Peugeot (PSA Peugeot Citroën pour être précis) n'a pas fait d'étincelles en Bourse malgré le relèvement de ses prévisions.
Une révision à la hausse des résultats, c'est suffisamment rare pour être souligné en cette période. Explication dans le communiqué du groupe : "La récente amélioration des marchés automobiles ainsi que le succès confirmé des lancements des nouveaux modèles Peugeot et Citroën se traduisent par un niveau de production et de ventes du Groupe nettement mieux orienté que prévu. Ainsi, la production du quatrième trimestre 2009 sera supérieure de 30% par rapport à celle du quatrième trimestre 2008 et de 17% par rapport à la production du troisième trimestre 2009. Ces évolutions amènent PSA Peugeot Citroën à réviser en nette hausse ses prévisions de résultats pour 2009 : - le résultat opérationnel courant pour le second semestre 2009 devrait être à l'équilibre ; - le cash-flow libre pour l'ensemble de l'année 2009 devrait être positif."
Derrière cette meilleure forme, la récente amélioration des marchés automobile, autrement dit l'effet "prime à la casse".
Au delà c'est donc le nouveau plan pour le Président du Directoire, Philippe Varin, six mois après son arrivée. Un "Plan de performance" de 3,3 milliards d'euros pour 2010 à 2012.
Pour permettre selon PSA de "rattraper son retard par rapport aux meilleurs concurrents en termes de rentabilité". L'amélioration de la performance viendra pour 55% des réductions de coûts, dixit PSA Peugeot Citroën.
Les investisseurs ont presque laissé de côté cette information, Peugeot trouvant dans la hausse des immatriculations une occasion finalement de rebondir en Bourse.
Un petit retour en arrière montre combien le groupe automobile français comme les aautres cteurs du secteur d'ailleurs sont en perpétuelles actions de réductions des coûts.
Le 4 septembre 2007, c'est Christian Streiff, le prédécesseur de Philippe Varin, qui décrivait le plan "Stratégie et Ambition pour 2010-2015" qu'il n'a jamais pu dérouler lors de son court mandat à la tête de PSA. Pour lui "2010 devait être une année avec 4 millions de véhicules, une marge opérationnelle entre 5,5 et 6%, et au delà PSA Peugeot Citroën devait être le constructeur automobile le plus compétitif en Europe avec une marge opérationnelle entre 6 et 7%".
La crise est passée par là, mais pas seulement, la Chine aussi à l'image de cette présentation du groupe lors de sa journée investisseurs du 12 novembre dernier.

Finalement, quand on regarde de près ce graphique, tout est dit. La croissance du secteur automobile viendra de la Chine et plus modestement de l'Inde, mais pas de l'Europe, là ou le Français est encore le plus présent.
Au delà des ambitions affichées, d'un dirigeant à l'autre, c'est une véritable Révolution que doit accomplir PSA Peugeot Citroën l'européen. Il faudra les équipes, les moyens et la réussite produits pour que le groupe puisse tirer les fruits d'un déplacement de son centre de gravité vers l'Asie.
Rien ne dit qu'il puisse y arriver, c'est pourtant une question vitale, même si les conséquences industrielles peuvent être importantes. Les Cassandre disent qu'après l'industrie textile et sidérurgique, l'automobile sera le troisième secteur européen qui ne pourra tenir en Europe de l'Ouest dans la mondialisation en cours.

samedi 7 novembre 2009

Le Saut du Mur de Berlin pour un double anniversaire

par Didier Testot.

Il y a des anniversaires qui peuvent avoir un sens à double titre. Celui de la chute du Mur de Berlin en fait partie. C'est d'abord le symbole d'une nouvelle ère géopolitique mondiale qui s'est ouverte le 9 novembre 1989, dont bien longtemps après on comprendra qu'elle ne concernait pas seulement l'Europe, mais le Monde et en particulièrement la Chine qui basculait dans le capitalisme, dans un mouvement essentiel pour l'économie mondiale et dont nous vivons tous les jours les conséquences : demande de matières premières, production de biens de consommation à bas coûts...
Et cet anniversaire, c'est aussi bien plus modestement, le sujet de l'un de mes premiers articles publiés dans le Figaro "saumon" au début du mois de janvier 1990, avec ce titre "Le Saut du Mur". Une découverte pour moi de la Bourse, après des études de Droit et de Science Politique.

"Le Saut du Mur", je reste fier de ce titre pour un article commentant un an de Bourse de Francfort.
Vingt ans c'est un age clé de la vie, comme disait un vieil ami de la famille : "profite quand tu as 20 ans, ensuite le temps passe très vite".

Et c'est vrai depuis 1989, que de personnes rencontrées dans tous les secteurs : entrepreneurs, avocats, conseils, gérants, analystes, économistes, attachés de presse, des milliers, c'est l'une des caractéristiques de ce métier de journaliste. Rencontrer des gens dont parfois la veille, vous ignoriez jusqu'à l'existence.
Ce qui est sans doute le plus frappant pour le journaliste que je suis c'est sans doute la révolution technologique qui a amené le câble, la TV par satellite, le téléphone mobile, Internet, la TNT, les SMS..., dans le désordre, mais avec la même conséquence : la multiplication des canaux de diffusion. Certains n'ont pas vu cette révolution, n'y ont pas cru, comme pour le Mur de Berlin. Ce n'était pas possible.

L'instantanéité, la rapidité de l'information prenant le dessus face au vieux Journal de 20 heures toujours vivant, mais comme une vitrine du passé, d'un autre Monde. Déjà 19 millions de Français avec le Haut-Débit, pourquoi attendre 20 heures pour avoir une information triée et peu variée avec toujours les faits divers en Une, encore plus en cette période de crise.
En 1989, j'avais l'information, les scoops en avant-première, dans une rédaction nationale, mes amis non. En 2009, j'ai l'information mais d'autres aussi, je suis un "informé", parmi d'autres. Reste mon regard de journaliste sur l'actu, toujours critique, toujours avec du recul.

Mon métier de journaliste n'est plus le même c'est évident, mais il garde sa noblesse qui est d'essayer de comprendre le Monde. Ce Nouveau Monde. Et depuis 20 ans, la Bourse et les Entreprises, c'est avec ceux qui font l'économie que j'ai passé ces années. Vingt ans plus tard, j'ai créé une Web TV 100% actualités sur l'économie et les entreprises www.labourseetlavie.com, la vidéo comme nouvel outil de culture économique. Pour faire comprendre l'économie à travers ceux qui l'a font, sans caricatures, avec la volonté de partager ma connaissance de l'histoire des entreprises avec ceux qui les découvrent comme avec ceux qui ont aussi partagé sur les marchés ces histoires. Je réalisais avec un dirigeant d'entreprise récemment que je connaissais son histoire depuis 20 ans.

1989-2009 comme un joyeux anniversaire, la technologie est partout, le journaliste doit être technophile, cela ne l'empêche pas de garder sa curiosité intacte. Tout change, rien ne change, la démocratie a toujours besoin des journalistes.

Presse écrite (Le Figaro, La Tribune), Radio (flash Bourse sur Europe1), Tv (Bloomberg), Internet (www.labourseetlavie.com), j'ai travaillé dans tous ces supports, je n'ai que des bons souvenirs pour mieux avancer. Vingt ans après, Michel Drucker, est toujours là, c'est Dimanche.

lundi 26 octobre 2009

Le cadeau d'Angela à Nicolas

par Didier Testot.

Les économistes lorsqu'ils commentent la situation de l'économie allemande avaient jusqu'à présent l'habitude de dire : l'Allemagne est (en comparaison de la France) particulièrement attentive à ses finances publiques.
La sortie de crise s'annonçait donc pour l'Allemagne comme rigoureuse et efficace et pour la France comme à son habitude dépensière et peu orthodoxe du côté des dépenses publiques qu'elle n'arrive toujours pas à diminuer, laissant le soin à la Cour des Comptes de nous raconter là où va notre argent sans jamais revenir.
Angela Merkel a donc décidé avec sa nouvelle coalition de baisser les impôts de 24 milliards d’euros par an à partir de 2011 (en comparaison, la pression fiscale est inférieure de 4 points à celle de la France, à 39,5 % du PIB), sans réduire les dépenses publiques. Pas de retour à l'équilibre avant 2014 selon les spécialistes, la France n'en espérait pas temps.
Et le Président Français, Nicolas Sarkozy, l'a salué ainsi : "Je me réjouis que notre grand partenaire et grand ami allemand fasse le même choix que le nôtre, celui de la baisse des impôts".
Faut-il sabrer le champagne ? L'euro fort, les déficits qui vont continuer à se creuser, une dette encore plus importante...
Reste que le modèle allemand a montré ses faiblesses dans la crise actuelle, trop dépendant du commerce mondial et pas assez de son marché intérieur.
C'est donc un pari que les Allemands vont consommer ce surplus et non épargner.
Cette crise économique est de ce point de vue extraordinaire, car les solutions retenues n'ont pas été classiques, et voir l'Allemagne s'engouffrer dans la baisse d'impôts et reporter à plus tard, le contrôle de sa dette, est de ce point de vue inédit.
Un pari comme ceux que font les investisseurs sur les marchés, que la crise soit moins forte qu'attendue, oui cela reste un pari.

jeudi 15 octobre 2009

Jean Sarkozy inspire plus que le FMI

par Didier Testot

Si la politique m'a passionné jusqu'à la fin de mes études universitaires, depuis que je suis journaliste, à part une ou deux interviews TV de futurs ministres, j'ai eu la chance de ne pas avoir à en faire plus.
Pour avoir été témoin en coulisses du peu de cas d'un futur ministre sur l'un des ses futurs collègues du Gouvernement, et de l'affichage qu'il pouvait faire ensuite alors qu'il le détestait profondément, cette attitude m'avait rassasié sur l'envie d'en faire plus. Finalement, c'est un patron qui m'a parlé de politique avec cette "affaire" Jean Sarkozy à la fin d'une interview TV.
Ce pdg a des filiales à l'international et c'est d'un allemand qu'est venue la moquerie sur le fils du Président, histoire qui nous le savons tous a désormais largement franchi nos frontières.
Cet homme d'affaires allemand "alpague" donc le pdg Français pour lui dire tout le "bien" qu'il pense de Jean Sarkozy, fils du Président, candidat à la tête de l'Epad.
Et de plaisanter avec le pdg Français.
J'ai un scoop dit-il : "le chien de la femme du Président sera bientôt à la tête de la SPA".
Cette anecdote en dit long sur l'image de la France à l'étranger, je n'aimerai pas faire partie de ceux qui auront le droit de suivre le Président dans son prochain voyage à vocation économique à l'étranger. Sauf à s'attendre à se faire chambrer par ses hôtes sans pouvoir y répondre car on y sera pour affaires.
Reste que la place accordée à cette "affaire" en face de l'exhortation du FMI aux pays développés pour réduire leur dette publique (Le Monde du 14 octobre 2009) montre que la classe politique française s'égare à nouveau comme elle en a la triste habitude au lieu de trouver des solutions à cette montagne de dette, telle une montagne de déchets qu'elle sait créer et développer, mais rarement traiter comme il se doit.
Les entrepreneurs qui feraient cela comme les particuliers d'ailleurs seraient morts et enterrés depuis bien longtemps.

mardi 13 octobre 2009

Un Nobel d'économie marquant

par Didier Testot

Un clin d'oeil au prix Nobel d'économie décerné cette semaine à une Américaine, Elinor Ostrom, première femme récompensée et à un Américain Olivier Williamson, pour leurs travaux montrant que l'entreprise et les associations d'usagers sont parfois plus efficaces que le marché.
Dans la sortie de crise que tout le monde souhaite sans avoir aucune idée du moment de sa matérialisation, le débat sur l'efficacité de l'Etat et l'efficacité des acteurs privés, les banques dans cette crise financière, restent d'actualité, si l'on veut en tirer des leçons efficaces.
Selon le comité Nobel, lors de la remise du prix devant la presse : «Ils veulent comprendre des organisations qui ne sont pas des marchés (...) et ils montrent comment ces institutions résolvent les conflits».
Elinor Ostrom, de l'Université d'Indiana, est récompensée par le comité «pour avoir démontré comment les biens communs peuvent être efficacement gérés par des associations d'usagers». Selon le comité toujours,
elle a «remis en cause l'idée classique selon laquelle la propriété commune est mal gérée et doit être prise en main par les autorités publiques ou le marché».

En se fondant sur de nombreuses études sur la gestion par des groupes d'usagers des ressources en poissons, en élevage, les forêts ou les lacs, la lauréate Elinor Ostroma a démontré que leur organisation était souvent meilleure que ne le croit la théorie économique.



Source : photo AFP

Du côté d'Oliver Williamson, enseignant à l'université de Californie de Berkeley,, le Nobel a récompensé son "analyse de la gouvernance économique, notamment les frontières de l'entreprise». Olivier Williamson expose dans sa théorie que l'entreprise s'est imposée comme modèle économique dominant parce qu'elle facilite la gestion des conflits et réduit les coûts grâce à la hiérarchie, mieux que les marchés où dominent souvent les négociations et les désaccords. Selon le Comité Nobel, L'inconvénient, souligné par la théorie de l'organisation de Williamson, est que "l'autorité peut être abusée".

Faut-il voir dans ce prix Nobel d'économie un effet d'annonce alors que la croyance "en ce que les marchés financiers ont toujours raison" reste d'actualité, malgré l'ampleur de la crise, et alors que certains acteurs ont déjà la tentation de replonger dans les erreurs du passé ?

C'est toute l'originalité de ce prix d'économie, qui à l'origine ne faisait pas partie du Nobel, et cette distinction apporte en tout cas au débat économique.

samedi 3 octobre 2009

La leçon de BNP Paribas à l'Etat

par Didier Testot

L'acteur de la semaine économique et financière qui vient de s'écouler est sans conteste la banque BNP Paribas.
Avec le G20 qui s'annonçait à grand fracas de mesures de régulation financière, les lendemains auraient pu être plus délicats à gérer, "l'affaire" du bonus des traders de BNP Paribas restant dans les esprits.
Dans cette semaine post G20, BNP Paribas a pu au contraire montrer toute sa détermination pour continuer sa route seule en renvoyant l'Etat Français dans ses buts.
Après un été ou Baudoin Prot son Directeur général avait du s'incliner convoqué à l'Elysée devant les caméras, il était temps de reprendre la main.
BNP Paribas l'a fait en deux temps :
D'abord, une interview sur Europe 1 avec un intervieweur spécialiste des marchés financiers, tout le monde le sait, j'ai nommé Jean-Pierre Elkabbach, histoire de débroussailler ou de déminer le terrain.
Des questions Elkabbach en a toujours en poche comme celle sur Angela Merkel,pour une petite phrase qu'il a d'ailleurs récolté : "C’est très important qu’Angela Meckel soit reconduite. Pour nous, le moteur économique allemand reste essentiel", dixit Baudoin Prot. C'est de l'info ! Baudoin Prot certes peut avoir un avis sur Angela Merkel, mais est-ce vraiment un avis déterminant ? Pourquoi l'interroger sur l'Allemagne ? Ou encore Elkabbach toujours en verve :"C'est donc bien la peur du gendarme...(sic)", Baudoin Prot reste contris sur un fauteuil Europe 1 du meilleur goût, dépassant derrière les épaules de Prot, pourtant assez carré.




En conclusion de cette interview matinale, le sujet essentiel est enfin traité : L'Etat quand allez-vous rembourser, interroge Elkabbach. Avant le 30 juin répond Baudoin Prot.
Conclusion de Jean-Pierre Elkabbach : Il faudra du temps pour améliorer l'image des banquiers"... et l'allégeance arrive à la vitesse du TGV "mais vous y contribuez... vous êtes là".
Fin du premier acte.

Le second tombe dès le lendemain matin à 7h01 avec un communiqué au titre édifiant :

Communiqué de presse : "BNP Paribas va réaliser une augmentation de capital de 4,3 milliards d’euros et rembourser les 5,1 milliards d’euros d’actions de préférence de l’Etat français".

"Le Conseil d’Administration de BNP Paribas s’est réuni le 25 septembre 2009 sous la présidence de Michel Pébereau. BNP Paribas va rembourser dès octobre les 5,1 milliards d’euros d’actions de préférence souscrites le 31 mars par l’Etat français, et lui verser une rémunération de 226 millions d’euros calculée sur 7 mois. Il était convenu dès l’origine avec les pouvoirs publics et l’Union Européenne que cette participation serait remboursée dès que possible. Son coût était d’ailleurs progressif de manière à inciter à un remboursement rapide. Les 5,1 milliards d’euros seront remboursés grâce à une augmentation de capital de 4,3 milliards d’euros, combinée à la création de fonds propres résultant notamment du paiement du dividende en actions (0,75 milliard d’euros) et de l’augmentation de capital réservée aux salariés (0,26 milliard d’euros).".

Le titre BNP-Paribas bondit en Bourse lors de cette annonce. Voilà donc comment en une semaine, BNP Paribas a pu rebondir en termes d'image avec succès, et donner une leçon d'efficacité à l'Etat qui lui n'a pas cru bon faire une plus-value boursière (Libération du 1er octobre).
C'est vrai que l'Etat n'a pas besoin d'argent, quelques milliards d'euros pour un déficit de 140 milliards d'euros.

dimanche 27 septembre 2009

Le G 20 fait le fier à Pittsburgh

par Didier Testot

A l'image de cette initiative d'une banque canadienne RBC

qui a annoncé changer le mode de rémunération de ses traders, le G20 réunit à Pittsburgh a bien évoqué ce sujet comme un sujet emblématique de la crise. Mais l'irruption du dossier nucléaire iranien est toutefois venu brouiller les pistes, avec des menaces de part et d'autres, sans que l'on sache pourquoi ce dossier est venu s'immiscer dans le règlement de la crise économique et financière.
Sur cette question des bonus, je vous invite également à écouter un professionnel interrogé récemment sur le sujet ; Dominique Ceolin est le pdg de ABC Arbitrage, son avis est celui d'un homme de terrain :



Au delà de ces questions de bonus, le G20 n'a pas surpris lorsqu'il a indiqué recommander des règles concrètes et renvoyé à un rapport du Conseil de stabilité financière (CSF) pour coordonner l'action des régulateurs financiers et des banques centrales.
Un an après la faillite de Lehman Brothers le G20 s'est mis d'accord sur les règles de fonds propres à imposer aux banques pour qu'elles disposent des réserves suffisantes pour faire face à leurs prêts.
Reste l'économie, quid de la sortie de crise ? Les plans de relance vont commencer à perdre de leur efficacité, et le chômage dans les économies développées n'a pas encore atteint son pic.
Entre politique et économie, il faudra bien prendre des mesures efficaces pour retrouver une croissance "non dopée". Rien ne dit que la sortie de crise sera "tranquille".
Pour finir ce week-end en beauté, François Fillon toujours dans le JDD indique que le croissance pour 2010, tout en étant "prudent" devrait être à +0,75%, grâce à son "budget de reprise".
Faire le fier à Paris avec 0,75% de croissance ou faire le fier à Pittsburgh en croyant que les leçons de la crise un an après la faillite de Lehman Brothers ont été tirées, parait bien présomptueux à ce stade.


samedi 5 septembre 2009

Spécial Résultats semestriels sur la Web Tv de l'éco

Retrouvez des dizaines de vidéos de dirigeants d'entreprises sur la Web TV www.labourseetlavie.com , au programme cette semaine, Steria, Sopra Group, Vivendi, Haulotte, Guerbet, Touax ..., parmi des dizaines d'autres interviews ; également des commentaires sur les marchés financiers avec Patrick de Fraguier Directeur de la stratégie chez CAAM et Dominique Sabassier Directeur des gestion de Natixis AM.

samedi 29 août 2009

Rentrée 2009 sur la Web TV de l'économie

Sur la Web TV www.labourseetlavie.com, une occasion unique pour la rentrée 2009 de mieux comprendre l'actualité économique et financière grâce à des dizaines de vidéos déjà réalisées avec des dirigeants d'entreprises :


SEB

Stallergènes

PSB Industries

Bourbon

Ausy

HighCo,


pour commencer cette rentrée en douceur.


L'occasion aussi de vérifier avec ces dirigeants comment peut-on appréhender la fin de l'année 2009 ?


Egalement au programme de la Web TV des économistes et gérants qui nous dressent un bilan de l'été et décryptent l'évolution de l'économie et des marchés pour les prochains mois.


vendredi 7 août 2009

Un été plus calme que prévu

par Didier Testot
L'été se termine dans deux semaines et l'on doit reconnaître qu'il a été, au moment ou j'écris ces quelques lignes, plutôt calme.
Si quelques banquiers se sont fait remarquer au cours de cet été boursier plutôt calme, Goldman Sachs après avoir été aidé par l'Etat américain qui retrouvait le sourire grâce à ces activités de "trading" et puis en France, BNP Paribas et ses traders et la Société Générale se séparant de Jean-Pierre Mustier, l'ancien patron de la banque de financement et d'investissement de la Société Générale (SG CIB), sous le coup d'une procédure de l'AMF, les investisseurs ont apparemment renoué avec l'optimisme, grâce à des données statistiques et à des résultats d'entreprises plutôt au dessus des attentes.
La question de la rentrée est pourtant simple, malgré l'embellie des statistiques, faut-il considérer que la crise se termine à la rentrée 2009 pour les Etats-Unis ? Et pour l'Europe ?
Nous verrons déjà dans quelques semaines si le discours évolue du côté des entreprises, et si pour le secteur bancaire toujours sous perfusion aux Etats-Unis, aucune mauvaise surprise ne vient troubler la sérénité des investisseurs.
Des investisseurs qui à propos de sentiment ont fait brusquement remonter le fameux Vix (Cet indice indique la volatilité implicite sur le S&P 500, il est une mesure des craintes des investisseurs), signe peut-être que la rentrée 2009 ne s'annonce pas aussi tranquille que cet été.
Rendez-vous fin août pour en parler sur www.labourseetlavie.com

mardi 7 juillet 2009

Programme de la Web TV Spécial Paris Europlace

Programme de la Web TV
Vidéo envoyée par labourseetlavietv

Chaque année, Paris EUROPLACE organise ses «Rencontres Financières Internationales» qui permettent à ses membres - entreprises, banques, institutions financières, sociétés de gestion, cabinets juridiques et comptables de confronter leur point de vue sur l'actualité économique et financière.
Retrouvez les vidéos réalisées par la WebTV www.labourseetlavie.com qui a rencontré à cette occasion des acteurs de la gestion d'actifs, de la microfinance, etc ...

dimanche 5 juillet 2009

Quand Fillon prive Lagarde de Paris Europlace

par Didier Testot.
Paris Europlace et ses "Rencontres financières internationales" qui ont eu lieu le 2 juillet dernier, c'est un peu le Festival de Cannes de la Finance, sans les paillettes mais avec le gratin.
Cela se passe tous les ans au Pavillon d'Ermenonville et cela permet aux responsables de la place de Paris, banquiers, gestionnaires d'actifs, mais aussi acteurs étrangers de venir échanger sur une thématique d'actualité.
Cette année, le thème choisi fut : "The aftermath of The Crisis. Time for Dialog and Opportunities".
Dialogue et opportunités en ces temps de crise, il était intéressant d'écouter lors des tables-rondes organisées à cette occasion ce qu'avaient à dire les principaux financiers du pays.
Mais avec cette année un mauvais coup fait par François Fillon le Premier Ministre qui a empêché Christine Lagarde, la Ministre de l'Economie, de briller devant ce parterre qui n'attendait qu'elle pour le déjeuner : Michel Pébereau, Président du Conseil d'administration de BNP Paribas, Georges Pauget Directeur général de Crédut Agricole S.A., Augustin de Romanet Directeur général de la Caisse des Dépots, Jean-Pierre Jouyet Président de l'AMF entre autres....
François Fillon avait décidé que le 2 juillet il fallait aller à Bagdad pour parler business, un communiqué étant diffusé pour des questions de sécurité, seulement le matin de ce voyage. Christine Lagarde était donc de ce voyage et pas à Paris Europlace, c'est un peu comme si l'on privait le Ministre de l'Agriculture de son salon.
A la place, c'est une vidéo de près de 40 minutes qui nous a été servi, le temps du déjeuner. Christine Lagarde a dû avoir une nuit courte vu les images du tournage derrière elle, à part quelques oiseaux, un pigeon semble-t-il, il n'y avait pas grand monde.
Ces conseillers qui ont l'habitude de pondre 40 minutes de discours n'ont pas osé lui dire que 40 minutes en vidéo c'est un tunnel, surtout quand une seule personne parle.
Certes il était difficile de ne faire que 2mn30 ou 3 minutes, temps moyen de consommation des internautes souvent mis en avant, mais là 40 minutes, c'était trop.
Sans donner les noms, c'est pas mon genre, un certain brouhaha s'est emparé peu à peu de la salle, la Ministre continuant son discours dans sa fenêtre vidéo, avec Notre-Dame derrière elle, autre symbole, et elle a eu droit tout de même à quelques applaudissements.
Source : Paris Europlace

Mais surtout, c'est le métier de journaliste qui veut ça, on observe toujours ce qui se passe, et là avant même la fin du discours, des tables de déjeuner s'étaient brusquement clairsemées.
Quelque chose d'impensable en la présence de la Ministre, car à la fin du déjeuner en général, la Ministre salue telle ou telle personnalité de la place et serre de nombreuses mains, certains faisant en sorte d'ailleurs de se trouver devant elle au bon moment.
Las, François Fillon a troublé ce jeu du début de l'été, en oubliant que la Ministre de l'Economie traditionnellement reçue avec attention dans cet environnement, avait en vidéo, perdu une partie de son pouvoir d'attraction.
Elle n'aura aucun mal si François Fillon ne lui fait pas le coup l'année prochaine pour réparer son absence, car elle le sait de part son ancien métier, une plaidoirie en vidéo ne vaut pas la présence physique d'un avocat de la place.

La Web TV de l'économie www.labourseetlavie.com a recueilli ce 2 juillet des commentaires des acteurs de la gestion d'actifs, de la microfinance, etc...Egalement au programme l'interview du Dr Zeti Governor Bank Negara Malaysia, interview en anglais à voir sur Youtube
Elle donne à cette occasion son point de vue sur la crise financière et nous ramène à nos propres contradictions.
Nous donnons souvent des leçons aux pays émergents, sur leur gouvernance, celle qui parle est une femme, elle est le Gouverneur de la Banque centrale de Malaisie.
A méditer.




Retrouvez toutes les vidéos sur cette manifestation sur la Web TV de l'économie www.labourseetlavie.com

vendredi 26 juin 2009

Quand le Gaulois mange le Coq et lorgne sur Marie

par Didier Testot.

Avec la crise financière et économique que nous vivons, et l'impact médiatique de la mort de Mickael Jackson qui éclipse en un tour de mains l'actualité précédente sur la crise iranienne, on en oublierait presque que la vie des entreprises continue. Malgré la crise, ou à cause de la crise, des entreprises investissent et saisissent des opportunités d'acquisition, alors même que tout pousserait à ne rien faire sauf à réduire la voilure en attendant la sortie de crise.

Clairement depuis plusieurs mois, l'investissement et les opportunités de croissance, ont été des paris du leader de la volaille en France, le groupe LDC (comme Lambert, Dodard, Chancereul), qui se cache derrière notamment les marques Le Gaulois et Loué . Avec près de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour le dernier exercice 2008/2009, le groupe LDC qui est également implanté en Pologne et en Espagne est présent sur deux métiers : l'élaboration de produits à base de volailles et les produits traiteurs (Traditions d'Asie, c'est lui par exemple).

Après l'acquisition du Groupe Arrivé, annoncée lors de la publication de ses résultats annuels il y a quelques semaines, avec la marque Maître Coq, et un chiffre d'affaires de plus de 500 millions d'euros, LDC s'intéresse de près, "en négociation exclusive" nous dit le communiqué de presse, à la marque Marie qui appartient au groupe coté anglais Uniq. Derrière Marie se trouvent les marques outre Marie, Weight Watchers et Luang. La société a réalisé un chiffre d'affaires de 265 millions d'euros en 2008.

Voilà donc en quelques mois, Le Gaulois qui sort son chéquier pour ajouter près de 700 millions d'euros de chiffre d'affaires (quelques actifs cédés d'ici là). En bref, deux acquisitions qui font changer le groupe LDC de dimension dans ces deux activités.
Il faudra compter avec LDC en France, son dirigeant Denis Lambert avait eu l'occasion de l'expliquer sur la Web TV www.labourseetlavie.com à l'occasion de la publication des résultats.
Après ces deux acquisitions, la prochaine étape sera le renforcement à l'international, LDC prendra son temps, le temps, n'est-ce-pas à côté de la stratégie, l'atout essentiel pour naviguer en temps de crise.


mercredi 24 juin 2009

Le brouillard s'épaissit sur l'état de l'économie

par Didier Testot.
Cela révèle sans doute, malgré toutes les déclarations des uns et des autres nous expliquant que la situation économique s'améliore, un degré d'incertitude maximum quant aux modalités de la sortie de la crise financière et économique que nous vivons.
Dans la même semaine, la Banque Mondiale et l'OCDE viennent de nous délivrer deux messages contradictoires et les marchés financiers d'ailleurs ont joué du yoyo confirmant qu'ils cherchent la bonne boussole pour avancer mais qu'ils ne l'ont toujours pas.
La Banque Mondiale d'abord a révisé en baisse lundi ses prévisions de croissance tablant notamment sur une contraction de l'activité de 3% aux Etats-Unis cette année et de 4,5% pour la zone euro, et même -6,8% pour le Japon. Voilà pour les pays développés, et pour le club des "BRIC" (Brésil, Russie, Inde, Chine), seules l'Inde et la Chine voient une croissance révisée en hausse avec respectivement +7,2% et +5,1%
Le décor est donc planté, la Banque Mondiale a "douché" les espoirs d'une sortie de crise rapide, avec selon Justin Lin, économiste en chef et vice-président chargé du développement économique de la Banque Mondiale, « La nécessité de restructurer le système bancaire, combinée aux limites émergeantes des politiques expansionnistes des pays à revenu élevé, empêchera un rebond mondial de grande ampleur ».
Le lendemain, l'OCDE redonne de l'espoir aux investisseurs les plus nerveux, avec un relèvement de prévisions qui suffit à rendre la journée plus agréable. L’organisation précise que le ralentissement observé dans les trente pays de la zone OCDE était proche de son point bas et table sur une croissance de 0,7% en 2010, après une contraction de 4,1% cette année. Auparavant, l’OCDE tablait sur un repli de 0,1% en 2010 après une baisse de 4,3% en 2009.
Dans le détail, l’OCDE table sur une contraction de 2,8% du PIB des Etats-Unis cette année et sur une croissance nulle en 2010 et pour la zone euro, elle vise une baisse d’activité de 4,8% en 2009 et une croissance également nulle l’an prochain.
Certes la perspective d'une croissance nulle en 2010 n'est pas franchement réjouissante, mais le fait de relever ses prévisions a plu.
Alors qui de la Banque Mondiale ou de l'OCDE sera le plus fiable sur les prévisions à venir ? Faut-il tout miser sur le FMI ?
A ce stade, ils n'aident pas vraiment à éclairer nos lanternes ni celles des investisseurs.

vendredi 19 juin 2009

EDF Final Terms

par Didier Testot
Lorsqu'on souhaite souscrire à l'emprunt EDF dont vous avez entendu parler, voici ce qui est appelé une information importante, en gras les éléments qui m'ont apparu en décalage avec les recommandations les plus élémentaires de la transparence financière pour un investissement officiellement destiné à des investisseurs particuliers français :
"Les conditions et modalités de l’émission sont définies dans le Prospectus composé du Prospectus de Base en langue anglaise (intégrant un résumé en langue française) daté du 18 mai 2009 et visé par l’Autorité des marchés financiers sous le n° 09-151 en date du 18 mai 2009 et des conditions définitives de l’opération en langue anglaise (Final Terms) en date du 27 mai 2009. Le Prospectus de Base et les conditions définitives de l’opération sont disponibles sur le site internet de l’Autorité des marchés financiers (www.amf-france.org) et sur le site internet de l’Emetteur (www.edf.com). Ils peuvent également être obtenus gratuitement auprès d’EDF, 22-30, avenue de Wagram, 75008 Paris. L’attention du public est attirée sur les facteurs de risque mentionnés dans le Prospectus de Base et le résumé en langue française.
Les investisseurs sont invités à obtenir des informations auprès de leurs intermédiaires au sujet des droits de garde et frais de négociation qui pourront leur être éventuellement appliqués dans le cadre de la souscription des Obligations visées dans ce document. Le prix de revente est
principalement fonction de l’évolution des marchés de taux, du risque de signature de l’Emetteur et de l’existence d’un marché secondaire tels que décrits dans les facteurs de risque mentionnés dans le Prospectus de Base."
Tout est dit sur le peu de cas que l'on fait des particuliers qui doivent donc se "taper" le Prospectus de Base en anglais.
Sachant que d'après un gérant bien informé, les investisseurs institutionnels, alias les "zinzins", et qui parlent couramment l'anglais eux, sont "très" intéressés par cet emprunt, fallait-il vraiment insister lourdement sur le fait qu'il s'adressait aux particuliers. A méditer.
Bon week-end.

mercredi 17 juin 2009

EDF et les "Risk factors" où sont les leçons de la crise ?

par Didier Testot

L'emprunt EDF c'est un peu comme la finale de la Coupe du Monde de foot avec la France, même ceux qui s'intéressaient pas au football en ont entendu parler. Pour EDF , la publicité radio, télé, presse, internet...viendra vous convaincre que c'est l'événement en Bourse du moment. Et certains confrères qui présentent les "news" toutes les 15 minutes y vont de leur lancement vendeur : "de l'argent bloqué mais sûr".

Qu'en savent-ils ? Un rédacteur en chef compétent c'est-à-dire ayant un minimum de notions sur le fonctionnement de la Bourse et/ou des marchés a-t-il relu ce lancement ? On en doute, par contre le présentateur suivant aura à coeur de reprendre "de l'argent bloqué mais sûr". En boucle, toute la journée, voire toute la nuit pour les insomniaques.

Je croyais que la crise était passé par là, placement boursier, EDF ou pas, doit signifier prudence et explications.

C'est logique qu'EDF y consacre beaucoup d'énergie, avec un site dédié à cet emprunt obligataire ; dans une période où les entreprises cherchent des capitaux. Il est vrai que le succès de l'opération est aussi crucial pour les marchés financiers car il pourrait donner des idées à d'autres entreprises.

EDF a un avantage que les autres n'ont pas, elle fait encore partie du patrimoine national et ce genre d'annonce reste donc symbolique.

Pourtant le premier réflexe des investisseurs et des commentateurs devrait être un rappel des règles d'investissement. Crise financière et économique oblige, signer les yeux fermés chez son intermédiaire financier serait répéter les erreurs de ceux qui ont cru que le rendement n'avait pas son corollaire le risque.

Les articles de presse déjà publiés dont la tonalité est plutôt positive insistent sur la rémunération de 4,5% pendant 5 ans sur des obligations d'un prix de 1.000 euros. Le premier réflexe de l'investisseur à qui EDF demande de l'argent devrait être évident :

Ais-je besoin d'épargner sur une période de 5 ans ? Si j'achète, est-ce que je vais garder les obligations 5 ans, pourrais-je les garder 5 ans ? Aurais-je besoin de cet argent plus tôt ? Quelles sont les conséquences de cet achat sur mon patrimoine financier ? Sera-t-il assez diversifié après cette opération ? Questions essentielles et non exhaustives. Rappeler à l'investisseur qui envisage de constituer un patrimoine financier qu'il ne peut pas être constitué uniquement d'obligations EDF devrait aussi aller de soi.

C'est en toute connaissance de cause que l'on doit investir en tenant compte de sa situation patrimoine personnelle et pas de ce que dit tel ou tel journaliste, spécialiste... Investir c'est un acte individuel et qui a des conséquences. En matière d'obligations, les spécialistes que je connais m'indiquent aussi qu'ils ont trouvé chez d'autres sociétés des rendements supérieurs sur la même période. C'est donc tout cela qu'il faut prendre en compte.

Au-delà de ces réflexions, à la fin des publicités audio et TV on ne peut le manquer même si souvent la voix s'accélère nous sommes invités à lire "les facteurs de risques...disponibles dans le prospectus AMF"...

Et là surprise, l'un des documents disponibles en dehors des éléments fournis par EDF commence par cette phrase : "Under the Euro Medium Term Note Programme described in this Base Prospectus (the "Programme"), Electricité de France (the "Issuer" or "EDF" or "Electricité de France"), subject to compliance with all relevant laws, regulations and directives, may from time to time issue Euro Medium Term Notes (the "Notes") to qualified investors and the public in France or in any other Member State of the European Economic Area ("EEA") where this Base Prospectus has been notified to the competent authority in that Member State in accordance with the Directive 2003/71/EC of 4 November 2003 on the prospectus to be published when securities are offered to the public or admitted to trading (the "Prospectus Directive"). The aggregate nominal amount of Notes outstanding will not at any time exceed Euro 16,000,000,000 (or the equivalent in other currencies at the date of issue of any Notes)..." Du jargon administratif pas vraiment informatif.

Faut-il aller jusqu'à lire les fameux facteurs de risques entendus à la radio ?

L'AMF, le gendarme de la Bourse français nous propose un résumé en français du prospectus rédigé en anglais et du coup, de la page 33 à la page 65 tous les facteurs de risques sont devenus des "risks factors", les investisseurs sont invités à les lire en anglais, pour un produit qui s'adresse au public français ? Cherchez l'erreur !

En anglais, l'investisseur averti lira parmi les principaux risques liés aux futures provisions pour le démantèlement des centrales, cela donne "The EDF Group cannot guarantee that the provisions made will be sufficient. Their insufficiency would have a negative impact on the EDF Group’s financial results and financial situation" (page 55, faut avoir du temps et l'envie d'aller jusque-là).

La logique voudrait pourtant que l'on lise d'abord les facteurs de risques, qu'on en pèse le pour et le contre, ensuite on voit si l'on comprend ces produits, une obligation n'est pas une action. EDF d'ailleurs donne sur son site les grandes lignes de ce que représente une obligation.

Finalement peut-on dire que la crise a changé quelque chose à l'offre de produits financiers, cette fois-ci une obligation EDF estampillée 4,5% ?

A ce stade, je ne vois pas de différence pour l'investisseur particulier. Ceux qui pensent que la crise ne changera rien au mode de commercialisation des produits financiers viennent de marquer "one point" comme on dit en anglais à l'Eurovision.

samedi 13 juin 2009

Les économistes US voient rose

par Didier Testot.

C'est vraiment le débat de la semaine pour les économistes, la sortie de crise américaine qui se précise. Et c'est notre confrère, le Wall Street Journal qui s'y colle avec son étude auprès des économistes américains, une étude forcément suivie de près dans cette période cahotique.



D'après cette enquête du Wall Street Journal, la récession se terminera en août et le retour à la croissance devrait s'effectuer au troisième trimestre 2009. C'est le scénario le plus entendu sur les marchés, même si sortie de crise aux Etats-Unis, ne veut pas dire fin de la crise, paradoxe apparent seulement.
Car malgré cette bonne nouvelle, le niveau du chômage devrait toujours être élevé puisqu'il est prévu à 9,9% à la fin 2009 avec un retour à 9,4% vers décembre 2010.
Dans ce contexte, la majorité des personnes interrogées estime que la Réserve Fédarale américaine (Fed) ne relèvera pas ses taux cette année. Pour les prix, inflation ou déflation, autre débat d'économistes, en moyenne, les économistes n'attendent pas un indice des prix à la consommation à 2% avant 2010.
Et concernant le pétrole qui a connu une petite flambée depuis le début de l'année, les prix du baril de brut devraient se situer à environ 72 dollars en décembre 2010, soit leur niveau actuel. Et pour le coeur de la crise, l'immobilier, les économistes prévoient que le marché restera sous pression. Les prix continueront de baisser jusqu'au premier semestre 2010, puis devraient se stabiliser, et 92% d'entre eux disent que la fin de la chute des prix ne préfigure en rien d'un rétablissement du secteur.
Cette donnée est intéressante car parmi les investisseurs, dans leur approche des marchés financiers et de la gestion de leurs investissements, certains restent persuadés que seul un réel rétablissement de l'immobilier permettra la sortie de crise et un retour à la normale sur les marchés (crédit, actions, ...).
L'été sera chaud pas seulement sous les tee-shirts et les maillots.


mardi 9 juin 2009

Obama, les marchés, et la "récession profonde"

par Didier Testot.
La crise financière et économique que nous vivons, même si certains économistes disent déjà que la crise financière est terminée notamment parmi ceux qui n'avaient pas vu la crise venir, n'est pas, on le sait une crise comme les autres.
Venue de la sphère immobilière et financière, elle a contaminé l'ensemble des acteurs économiques. Tous les jours des entreprises sont touchées par la crise et déposent le bilan.
Les statistiques économiques, les marchés financiers depuis le début de l'année semblent indiquer que le plus dur de la crise est passé.
C'est aussi le sentiment avec des nuances de grands gestionnaires d'actifs comme AXA IM ou Crédit Agricole AM (CAAM) qui viennent de donner leurs indications de gestion pour les mois à venir. AXA IM continue d'anticiper un retour de la croissance aux Etats-Unis au troisième trimestre mais "conserve un scénario de croissance molle qui ne se renforcera que vers la fin 2010", l'économie reste "en phase de convalescence", pour la filiale de gestion d'actifs de l'assureur AXA.
Pour CAAM, le scénario central est similaire : "une reprise molle" avec un taux de croissance inférieur au potentiel comme disent les économistes, car il faut purger les déséquilibres liés à l'endettement des ménages notamment. Un environnement qui restera "volatile pour les données macro-économiques" mais qui laisse des opportunités pour les investisseurs, toujours selon CAAM.
Si l'on admet que le plus dur de la crise est passé, cela ne veut pas dire pour autant que la crise se termine dès 2009. Même aux Etats-Unis qui ont été les premiers à entrer dans la crise. La hausse du chômage se poursuit ainsi que les faillites d'entreprises.
Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le Président Barack Obama n'a de cesse d'ailleurs, à intervalles réguliers, de rappeler que la crise sera longue. Ce lundi, il a récidivé alors qu'un sondage de Gallup montrait que pour la première fois, une majorité d'Américains (51%) désapprouve l'efficacité de son plan de relance.
"We're still in the middle of a very deep recession that was years in the making, and it's going to take a considerable amount of time for us to pull out of", a déclaré le président américain.
En résumé : "Il faudra un temps considérable" pour sortir de la crise et les Etats-Unis sont en proie à une "récession profonde", ce qui est apparemment en décalage avec les récentes déclarations de Paul Krugman, le prix Nobel d'économie, qui estimait que la fin de la récession américaine surviendrait en septembre. Méthode Coué ou analyse réaliste de la situation ?
L'image du séisme suivi de ses ondes de choc de moindre ampleur est une bonne image.
Des secousses (entreprises en faillite, défaillances..) viennent rappeler que la crise est toujours là et qu'il faudra du temps avant qu'elle soit effacée (Obama version).
Comme la mesure du temps détermine l'investissement, certains investisseurs commencent à reprendre du risque (Investors version), dans le cadre d'un investissement moyen/long terme. Rien ne dit qu'ils n'auront pas d'autres raisons d'investir dans les prochains mois avec de la flexibilité ou de la réactivité face à une crise sans précédent, il faut le rappeler et il faut le répéter.
Qui dit sans précédent dit avec des surprises possibles : bonnes comme mauvaises.

lundi 1 juin 2009

Des interviews sur la Bourse et les marchés

Des interviews sur la Bourse et les marchés
Vidéo envoyée par labourseetlavietv

Parmi les invités de la Web TV qui commentent l'actualité des marchés financiers, la stratégie et les perspectives d'investissements, retrouvez les vidéos de Philippe Forni Directeur général de CamGestion, Franck Dixmier Allianz Global Investors France, Véronique Rosier de La Banque Postale AM, de François Chevallier de la Banque Leonardo, de Christophe Couturier d'Ecofi Investissements, de Jean-Pierre Petit Stratégiste de Marchés, de Patricia Kaveh de Henderson Global Investors France, de Philippe Lecomte de Schroders ou de Jean-Bernard Guyon de Global Gestion et de Vincent Strauss de Comgest.

General Motors en panne sèche

par Didier Testot

Même s'il ne s'agit pas d'une surprise car depuis plusieurs semaines la faillite rodait, le dépôt de bilan du numéro un américain de l'automobile General Motors, entreprise centenaire, restera comme la disparition de Lehman Brothers, parmi les symboles d'une crise financière et économique sans précédent.

Pour les chiffres sur la base des 82 milliards de dollars d'actifs pour 172.8 milliards de dettes déclarées par le groupe pour la fin du mois de mars, la faillite du constructeur automobile se classe en troisième place derrière Lehman Brothers en 2008 et WorldCom en 2002. C'est surtout la plus grosse faillite de l'histoire industrielle des Etats-Unis.

GM a donc demandé la protection de la loi sur les faillites dans le cadre d'un plan de restructuration drastique. GM recevra 30 milliards de dollars d'aide supplémentaire de l'Etat et le Trésor américain prévoit d'accorder au total 50 milliards d'aides au constructeur pour une participation qui sera de 60% dans GM une fois sa restructuration achevée.

La cure d'amaigrissement va donc commencer : fermeture d'une douzaine de sites, suppression d'un tiers des effectifs et réduction du nombre des concessionnaires. Le choc de la faillite de GM est immense car il met à mal une croyance ancienne de l'économie américaine, le fameux "Too Big to fail". Nous le savons désormais, même les géants peuvent disparaître dans une telle crise.

On pourra toujours mettre en avant les erreurs commises par les dirigeants de cette entreprise qui ont conduit GM à aller dans le mur, en s'obstinant dans le Big, et les véhicules gloutons en essence pas chère, et en n'anticipant pas sur ce marché, mais d'autres ont fait aussi des erreurs.

Comme beaucoup d'investisseurs pensaient que jamais un Lehman Brothers ne pouvait être abandonné par le Trésor américain, beaucoup d'américains et même d'européens n'auraient pu imaginer que General Motors, le numéro un mondial de l'automobile pendant des décennies, serait balayé de la sorte.

Le géant est mort, et aux termes de la procédure, soit le "New GM" pourra repartir sur des bases assainies, soit il ira vers la liquidation, finissant d'assombrir une ville de Détroit, déjà sinistrée, avec son centre-ville fantôme, que j'avais eu l'occasion de voir en 1993, impressionné par cette ville comme par le siège de GM, aussi impressionnant par son ampleur que laid par son architecture.

L'histoire économique s'écrit en ce moment au jour le jour, ce lundi, soit un mois après le début de la procédure devant un tribunal de commerce, un juge fédéral a donné son feu vert à un plan de redressement qui prévoit la vente de la plupart des avoirs de Chrysler à Fiat et la prise de contrôle majoritaire du capital (55%) par un fonds de pension d'ancien salariés, tandis que le constructeur italien détiendra 20% du capital et pourra monter à terme à 35%. De la sorte, Chrysler pourrait sortir de la procédure de faillite dans le délai accordé par le gouvernement : 30 à 60 jours.

Pour GM, le challenge est donc aussi là ! Le gros 4X4 que l'on voit occasionnellement en une du site de GM ressort aujourd'hui comme le symbole de la gabegie des années de facilité, l'évolution de l'économie mondiale est désormais beaucoup rapide et il devient aujourd'hui beaucoup plus complexe pour des entreprises lourdes et inadaptées au changement de s'adapter.

Leçon de crise, leçon d'humilité, devoir d'analyse et de prospective pour le secteur automobile, car la crise est loin d'être terminée.

Comme le dit Fritz Henderson le Chief executive de GM dans sa lettre aux investisseurs, il faut réinventer GM et l'automobile.

Si le New GM réussit, le secteur automobile montrera encore une fois que parfois à l'image de Fiat en Europe, il peut renaître de ses cendres.


samedi 30 mai 2009

Au programme sur la Web TV www.labourseetlavie.com

Au programme sur la Web TV www.labourseetlavie.com
Vidéo envoyée par labourseetlavietv

Cette semaine, parmi les invités de la Web TV www.labourseetlavie.com, le Pdg de LDC, Denis Lambert, qui revient sur l'exercice 2008/2009 du spécialiste de la volaille. LDC vient également d'annoncer l'acquisition du Groupe Arrivé, ce qui va lui faire changer de dimension.

Le Président du Directoire de SII, Eric Matteucci, commente les résultats annuels. Le groupe SII est spécialisé dans la R&D externalisée, il a développé son activité à l'international via deux acquisitions.

Autre secteur, les domaines skiables et les parcs de loisirs avec Franck Silvent Directeur Finance Stratégie Développement de la Compagnie des Alpes, qui lui évoque le premier semestre de son 2008/2009, principalement liéà l'activité skis.

dimanche 24 mai 2009

Les investisseurs en plein brouillard

par Didier Testot
Si l'on s'en tient uniquement aux performances boursières depuis le mois de mars, avec près de 30% de remontée des indices, le rebond est conséquent, avec les commentaires qui vont avec : le plus dur de la crise est passé.
Pourtant c'est du côté de la Réserve Fédérale américaine que la douche froide est tombée la semaine dernière. Mercredi soir, elle a publiée les "minutes" de sa réunion de politique monétaire des 28 et 29 avril. Et le couperet est tombé : la banque centrale table désormais sur une contraction comprise entre 2,0% et 1,3% alors qu'en janvier dernier, elle était sur un scénario d'une baisse du PIB comprise entre 1,3% et 0,5%. En 2010, la Fed voit le PIB croître de 2,0% à 3,0% alors qu'il y a quatre mois, elle avait dit tabler sur une progression comprise entre 2,5% et 3,3%. Et pour être complet, le taux de chômage 2009 devrait selon la Fed s'établir entre 9,2% et 9,6% contre une fourchette de 8,5%-8,8% anticipée en janvier.
Si l'on en croit la Fed, cela veut dire que la sortie de crise sera plus longue que prévu. C'est ce qu'à admis Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor, qui indique que l'accès au crédit tarde à se desserrer.
Retour à la case départ pour les économistes, qui hésitent toujours entre une courbe de reprise en "V" ou en "U", selon leur pronostic.
Quant aux boursiers ils préfèrent encore saisir ce qu'ils estiment être des opportunités avant que la reprise soit effective et que le brouillard se lève enfin.
par Didier Testot

vendredi 15 mai 2009

R comme Rallye et Récession

par Didier Testot.

Il n'est pas facile en temps de crise d'y voir clair, tant les mouvements boursiers comme les publications économiques peuvent être contradictoires en apparence. Depuis le rebond du mois de mars, les grandes places financières internationales montraient unanimement qu'elles voulaient croire à une sortie de crise dès 2009, après avoir vu tout en noir.
Même si certains investisseurs pensent encore que cette crise financière et économique est historique et qu'elle conduit compte tenu de son ampleur, à réagir d'abord au quotidien, sans anticiper, les performances boursières elles semblent marquer un retour à la tradition, celle de l'anticipation de la Bourse sur l'économie réelle.
La réalité économique reste abrupte à l'image de la France qui est entrée officiellement aujourd'hui 15 mai 2009 en récession (avec deux trimestres consécutifs de baisse du produit intérieur brut (PIB). Précisément : une chute de 1,2% au premier trimestre 2009 après -1,5% au dernier trimestre 2008, selon les chiffres publiés par l'Insee. Le ministère de l'Economie envisage désormais une année 2009 avec une baisse du PIB de 3%, contre -1,5% précédemment, le grand écart. Et en Allemagne notre principal partenaire économique on fait pire, cela ne doit pas nous réjouir comme on l'entend parfois abusivement avec -3.8%.
Aux Etats-Unis, selon les économistes interrogés par le Wall Street Journal, la clé reste toujours le consommateur américain et selon eux même s'ils voient la fin de la récession américaine en août, le chômage devrait continuer à progresser pour atteindre 9,7% à la fin de l'année, avec pas moins de 2 millions de chômeurs de plus dans les prochains 12 mois, malgré la reprise de l'économie.Sources : WSJ survey (forecasts) ; Labor Departement (actual unemployment rate)

Avec pour la moitié des économistes interrogés, la prévision que le redressement de l'économie américaine prendra du temps, entre 3 ou 4 ans, et 15% d'entre-eux tablent même sur 5 ou 6 ans.
C'est l'équation du début de la crise qui revient sur la table.
Faut-il anticiper une crise économique plus longue en raison de la dégradation de la situation pour les consommateurs, avec le chômage qui va continuer d'augmenter ? ou se dire que le plus dur de la crise financière étant passé (stress test des banques notamment qui a convaincu une partie des investisseurs), l'économie peut repartir ?
Personne a vrai dire n'a la réponse, les fanfaronnades n'y feront rien et il suffirait que l'économie réelle montre des signes de faiblesse du côté des entreprises pour que les investisseurs retrouvent leur aversion au risque action. Un rendez-vous crucial semble pris avec les publications trimestrielles des entreprises américaines cet été.