lundi 30 mars 2009

Tout ça pour ça n'oubliez pas le crédit M. Fillon

par Didier Testot.
Pas facile de rester zen, voire de comprendre comment en une semaine, Société Générale, Valeo, Cheuvreux, filiale du Crédit Agricole, GDF Suez, ou Natixis ont pu faire le devant de l'actualité économique pour des questions liées aux rémunérations, bonus et autres stock-options de ces dirigeants ou traders. La crise économique exacerbe les passions et met le doigt sur un système qui a connu ses heures de gloires mais qui connaît aujourd'hui un pic de contestation.
Pour y répondre, le Premier ministre François Fillon vient donc de présenter son décret en matière de rémunération des dirigeants d'entreprises : "Le Gouvernement souhaite favoriser la libre entreprise et permettre à chacun de bénéficier d’une rémunération à la mesure de sa contribution au développement économique et social. Pour cela, la rémunération des dirigeants d’entreprise doit être encadrée pour garantir qu’aucun abus ne sera plus commis. En période de crise, ces règles doivent être encore renforcées, surtout pour les entreprises qui bénéficient de financements de la part de l’Etat.
La France est la première place financière importante en Europe à se doter d’un texte règlementaire qui s’applique de manière stricte à l’ensemble des entreprises qui bénéficient d’un soutien public exceptionnel dans le cadre de la crise financière, couvrant l’ensemble des éléments de rémunération.
Le décret définit ainsi des obligations nouvelles s’imposant aux rémunérations des dirigeants des entreprises qui, face à la crise, sont aidées par l’Etat, ou qui bénéficient de fonds publics. Il s’agit des grandes banques recapitalisées par la Société de Prise de Participations de l’Etat (SPPE) et des constructeurs automobiles. Pour ces entreprises, des restrictions supplémentaires par rapport aux règles de droit commun sont nécessaires. Leurs dirigeants devront donc renoncer aux stock-options et actions gratuites et également accepter que les parts variables et exceptionnelles de leur rémunération soient strictement encadrées de même que les éventuelles indemnités de départ. Elles ne pourront, en particulier, être fixées pour plus d’un an. Leurs critères d’attribution devront être rendus publics. Enfin, il ne pourra pas y avoir d’attribution et encore moins de versement si l’entreprise en cause est amenée à procéder à des licenciements de grande ampleur.
Ces règles sont des règles de temps de crise. Le décret prévoit qu’elles s’appliqueront au moins jusqu’à fin 2010. Un rapport sera préparé avant cette date par le ministre de l’Economie. Il fera le bilan de la mise en œuvre de ces mesures. Le cas échéant, le dispositif pourra donc être adapté ou prolongé si cela est nécessaire.
Ces nouvelles règles doivent être mises en œuvre sans délai. Ainsi, le décret permet conformément aux attentes de nos concitoyens d’agir tout de suite. Il sera publié au journal officiel dès demain et applicable tout de suite".
Voilà donc pour le projet, et ce même jour quasiment à la même heure, Couach fabricant de yachts de luxe, demande la protection du Tribunal de Commerce.
"Malgré tous les efforts entrepris par le management du Groupe COUACH pendant plus de deux mois afin de trouver des solutions sur la restructuration de sa dette, les négociations avec les partenaires financiers n’ont pu aboutir. De nombreux contacts avaient été engagés dans ce but, la crise financière et bancaire actuelle est venue annihiler les travaux
menés en ce sens. Ne disposant plus, de ce fait, des ressources de trésorerie, lui permettant d’honorer son carnet de commandes, le groupe s’est
placé sous la protection du Tribunal de Commerce de Bordeaux et a été contraint de procéder au dépôt d’une déclaration de cessation de paiement ce jour. Par ailleurs, la société annonce le départ de Monsieur André-Jean Goimard". Le cours reste suspendu jusqu’à nouvel ordre.
Deux infos le même jour, le choc de l'économie réelle alors qu'on encadre les bonus des dirigeants des entreprises publiques, le secteur privé continu lui de subir le choc de l'absence de crédit.
J'avais eu l'occasion de rencontrer Didier Cazeaux, le Pdg de Couach à Lyon pour Oddo Midcap, le 9 janvier dernier sur la Web TV de l'économie www.laboursetlavie.com.
Il répondait sur la question de la situation financière de Couach lors de cet entretien à 7 mn 16 précisément. Il ne semblait pas encore inquiet. Les prochaines semaines donneront sans doute plus de précisions sur sa gestion des derniers mois. Croyait-il que ses clients forcément très riches passeraient la crise sans problèmes ? Moins de 3 mois après Couach a besoin d'une protection du tribunal de commerce.
A lire sur ce sujet cet article de Bernard Broustet du journal Sud-Ouest "Couach : pas sauvé, pas coulé".

mercredi 25 mars 2009

Il est Bo, il est Beau le Bonus

par Didier Testot.

Bonus, bonus, c'est le nouveau mot à la mode. Et ceux qui sont concernés sont désormais obligé de se justifier.
Ce matin c'est Cheuvreux, filiale du Crédit Agricole qui a dû réagir à un article paru dans Libération :
"A la suite de la parution d’un article dans la presse ce jour, Cheuvreux tient à apporter les précisions suivantes :
- les rémunérations variables dont il est question concernent l’année 2008, exercice au cours duquel Cheuvreux a enregistré des résultats satisfaisants malgré une fin d’année plus difficile.
- Les rémunérations variables concernent l’ensemble des 800 collaborateurs de Cheuvreux dans le monde. Selon une pratique de marché commune aux métiers de courtage, elles sont déterminées en fonction des revenus commerciaux de l’entreprise et constituent une part substantielle de la rémunération globale des collaborateurs de Cheuvreux.
- La détérioration de l’activité dans les premières semaines de 2009 a conduit Cheuvreux à mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi en mars 2009. Il est rappelé que celui-ci concerne 31 personnes en France. Par ailleurs le dispositif principal du PSE est basé sur un plan de départs volontaires.
- Pour 2009, le recul de l'activité se traduira par une très forte baisse des rémunérations variables. "
Et voilà circulez y a rien à voir. Pas sûr. Cheuvreux fait désormais partie de la liste de ceux qui auront été montré du doigt durant cette crise financière et économique.
Rémunération des dirigeants, bonus, stock-options, retraite chapeau, part du variable dans les salaires des dirigeants, moralisation du capitalisme..., répartition des bénéfices, tiens si on faisait un Grenelle du Capitalisme en mettant sur la table les sujets qui fâchent en temps de crise, pour faire avancer notre pays.
On peut rêver, pour l'instant çà ressemble plutôt à une partie de ping-pong sans fin.

mardi 24 mars 2009

Des stocks au parachute doré

par Didier Testot
Tout va bien, je vais bien ; "je vais bien", c'est Valeo en latin.
A peine avais-je le dos tourné qu'un parachute doré venait de tomber, celui de l'ex-Pdg de Valeo, Thierry Morin, qui pour cette année 2008 nous avait annoncé deux nouvelles particulièrement "réjouissantes" : des pertes pour l'année 2008 de 207 millions d'euros, avec également "la mise en œuvre du plan de réduction des effectifs permanents de 5 000 personnes dans le monde".
Bref que des éléments montrant la capacité du Pdg à anticiper les crises. Il nous dirait que cette crise est exceptionnelle, certes, mais justement les capitaines d'industries doivent être à même de faire les bons choix stratégiques en période "calme" afin de ne pas se retrouver dans une telle situation, dès que la tempête arrive. Ne pas subir, c'est la clé du management.
Dans un secteur, l'équipement automobile, qui n'a cessé depuis 20 ans de restructurer pour faire face à la pression des constructeurs automobiles.
Bref pour sa stratégie qui vient d'être remise en cause par son conseil d'administration et grâce à un contrat en or, il devrait toucher 3,2 millions d'euros. Thierry Morin était l'un des pdgs les mieux payés du CAC40. Et quelques semaines seulement après que le Fonds stratégique d’investissement (FSI) de l’État, ait pris 2,3 % du capital de Valeo. Le FSI, qui a demandé officiellement à entrer au conseil d’administration de Valeo et s’est dit « satisfait de la clarification » que représente l’arrivée d’un nouveau management.
Ce mardi, l'Etat vient d'annoncer par la voix de son porte-parole, Luc Chatel, qu'il votera contre le versement de l'indemnité de départ du Pdg de l'équipementier automobile, au cours de l'assemblée générale du groupe.
Reste que le Pdg de Valeo risque de rejoindre le Club qui semble s'agrandir de ceux qui devront tenir compte de la situation politico-médiatique du moment. Après la Société Générale, laissez partir le Pdg de Valeo avec un parachute doré, contractuel certes, paraît difficile.
Le Pdg réputé pour son fort caractère va sans doute tenter l'impossible. Il est bien loin le temps où il était un simple contrôleur financier chez Valeo (en 1991).
Il n'aurait pas eu autant égard à tout point de vue. Affaire à suivre bien entendu.
Who's next ?

dimanche 22 mars 2009

La Société Générale rend ses stock-options

par Didier Testot
A peine avais-je terminé d'écrire le précédent billet que cette information est venue conclure provisoirement ce dossier.
C'est l'Agence France Presse qui a transmis cette information via une dépêche reprise sur le net dont voici le principal extrait :

PARIS (AFP) — Les dirigeants de la Société générale ont renoncé complètement à recevoir leurs stock-options, face à la polémique qui fait rage et aux demandes pressantes du gouvernement, a annoncé la banque dimanche, dans un courrier aux salariés transmis à l'AFP.

"Pour couper court aux polémiques actuelles, nous avons décidé de renoncer au bénéfice de l'attribution de ces stock-options et en avons informé le conseil d'administration", ont écrit les quatre principaux cadres dirigeants de la banque.

Le courrier doit être adressé aux salariés lundi matin, a-t-on précisé au sein de la Société générale.

Voilà donc pour l'essentiel. Je voulais renvoyer sur le site de l'AFP, mais en ce dimanche il affichait un étonnant " Service inaccessible! Notre site web est en Maintenance.Nous vous prions de nous en excuser.Vous pourrez rapidement vous connecter sur le site web de l'AFP."

A la Société Générale on se souviendra sans doute de ce dimanche pas comme les autres.



Société Générale et AIG / stock-options et bonus

par Didier Testot.
Pendant les dernières années de folie boursière et financière, il était rare de s'intéresser de près aux attributions de stock-options ou au bonus des banquiers. Les avis AMF sur le sujet passaient quasiment aux oubliettes. Malgré les montants que pouvaient représenter ces attributions, il était de bon ton de considérer que puisque les entreprises faisaient des résultats records, les salaires + stock-options des dirigeants devaient être importants. La crise des années 2000 et ses excès avaient été effacés par des années de croissance des résultats financiers.
Faut-il rappeler aux dirigeants des grandes entreprises et aux banques, en particulier celles qui ont reçu de l'argent de l'Etat, que le Monde a changé depuis quelques mois ?
Visiblement oui car la publication de l'attribution de stock-options aux dirigeants de la Société Générale a fait des vagues. Christine Lagarde ministre de l'économie est même montée d'un cran ce week-end avec son intervention sur Europe 1.
Au-delà de la petite phrase, un bon mot pour amuser la galerie "Il serait grand temps que Société générale rime un peu plus avec intérêt général", ce qui est nouveau c'est cette réflexion : "J'avais demandé aux dirigeants de la Société générale de prendre des décisions c'est-à-dire de renoncer à l'exercice (...). Ce que je demande, c'est la renonciation à l'attribution. Dans l'état actuel des choses, je pense que ce serait un geste responsable". Comment pourrait-il en être autrement ? Un geste responsable ou socialement responsable ?
Comme nous l'expliquent les spécialistes des stock-options sur le site de "référence" dixit sa publicité sur Google, http://www.stockoptions.fr, la période d'indisponibilité est de 4 ans.
Donc ce que s'attribuent aujourd'hui les dirigeants de la Société Générale, ils pourront tranquillement en récolter les fruits dans 4 ans. Sans grand risque donc. Ce site de référence sur les stocks-options c'est celui de la Société Générale, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Sur la chronologie notamment ils ont la solution pour maximiser vos gains c'est ici http://www.stockoptions.fr/une-strategie-appropriee/maximisez-vos-gains/maximisez-vos-gains.html . C'est très simple.
Le communiqué du 20 mars 2009 de la Société Générale sur le sujet indique que "Les plans 2009 ont bénéficié à 4 800 collaborateurs du groupe, cadres et non cadres, tant en France qu’à l’étranger. Près de 50% des attributaires en 2009 sont bénéficiaires pour la première fois d’options ou d’actions. Ces plans 2009 représentent 0.75% du capital de Société Générale et s’inscrivent dans les autorisations votées par l’Assemblée Générale le 27 mai 2008".
N'est-ce pas là le hic tout simplement ? 27 mai 2008 - mars 2009. Il s'est passé quelques petits évènements depuis ou j'ai pas tout compris ? Certes on est dans la légalité mais comme pour AIG, ce n'est pas la légalité qui est en cause, c'est tout simplement une question de moralité.
C'est bien la morale qui revient au devant de la scène en France comme pour AIG aux Etats-Unis tancée par le président Barack Obama, car renfloué par l'Etat américain, Le scandale avait éclaté lorsqu'il que l'information du versement de 165 millions de dollars de primes à certains de ses cadres était devenue publique, alors même que l'Etat avait sorti plus de 170 milliards de dollars pour sauver le groupe de la faillite.
Alors une attribution de stock-options au moment où la plupart des Français se serrent la ceinture, on mesure grâce à cette crise médiatisée le décalage entre les entrepreneurs et certains managers. Les entrepreneurs que j'ai rencontré depuis le début de l'année sur la Web TV www.labourseetlavie.com, ont en priorité un objectif : faire les bons choix pour leur entreprise dans les moments délicats que nous vivons.
Leurs réponses à la crise sont diverses : innovations, opportunités d'acquisition, choix dans leurs investissements pour l'avenir...L'attribution de stock-options n'est pas leur premier soucis. Tant que ces deux mondes auront des préoccupations aussi éloignées, il sera sans doute difficile de résoudre la crise.
A lire en ces temps perturbés ces commentaires du patron de Swatch : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03/20/le-patron-de-swatch-donne-des-lecons-de-capitalisme-responsable_1170560_1101386.html

vendredi 20 mars 2009

En ce moment sur la Web TV www.labourseetlavie.com

En ce moment sur la Web TV www.labourseetlavie.com
Vidéo envoyée par labourseetlavietv

Cette semaine, retrouvez parmi les invités de la Web TV www.labourseetlavie.com, Didier Truchot Co-Pdt Ipsos, Yves Bouget Pdg HF Company, Eric Marée, Pdt Directoire Virbac, Philippe Audureau, Pdt Directoire VM Matériaux et des dizaines d'autres vidéos d'actualité.

dimanche 15 mars 2009

Cette semaine sur www.labourseetlavie.com

Cette semaine sur www.labourseetlavie.com
Vidéo envoyée par labourseetlavietv

Parmi les vidéos cette semaine retrouvez celles de Gl events, d'Alten et de Rubis, avec les dirigeants de ces sociétés pour commenter leurs résultats 2008 et leur stratégie pour 2009

Madoff et les hedge funds coupables désignés

par Didier Testot
Dans toute crise ou évènement majeur, chercher le coupable est un réflexe naturel et humain. Dans la crise financière actuelle, compte tenu de son importance, trouver un ou deux coupables emblématiques de la folie financière est nécessaire aux médias pour symboliser la crise. Et l'aller direct vers la case prison de Bernard Madoff a été une occasion unique. En plus il y a des images de son appartement. Il ne s'appelle plus Madoff en France, mais "Maidoff" pour faire plus américain. Les commentateurs radios ou TV s'en sont donnés à coeur joie, "M. Maidoff" par ci M. "Maidoff" par là, en essayant de nous expliquer de manière compliquée des choses simples : l'arnaque Madoff. Une pyramide, l'argent des premiers investisseurs soit disant rémunéré par celui des suivants....etc..Et il faut plus de régulation. Certes, la SEC, le gendarme de la Bourse de New York n'a pas trouvé la faille, on verra un jour peut-être pourquoi ? Mais toute arnaque suppose des arnaqués volontaires, à l'image du fameux film avec Paul Newman. Et on ajoute la liste des célébrités ("peopolisation" tu nous tiens) qui ont perdu de l'argent. Voilà le tableau, tout est en place pour le scénario.
Moi j'aurai plusieurs questions pour ces célébrités : Qu'est ce qui les a conduit à donner leur argent à Madoff ou à ses intermédiaires ? la régularité de la performance affichée ? pas de risque affiché ? Un conseil d'un ami, une meilleure performance que tous les autres placements du moment ? Bref Madoff n'aurait pas eu ce succès si au moment où son affaire a pris de l'ampleur, les investisseurs, désormais classés dans la catégorie des "pigeons", n'avaient pas trouvé ce qu'il proposait, séduisant.
C'est d'abord la bulle financière qui s'est constituée grâce à la Réserve fédérale américaine principalement, qui a amené des investisseurs à chercher des rémunérations toujours plus attractives. L'immobilier, la Bourse, les matières premières et agricoles... Toujours plus de rémunération, on le répétera jamais assez, c'est toujours plus de risque.
Les autres coupables désignés : les hedge funds. Pas ou peu de définition car leur sens littéral "fonds de couverture" ne dit pas grand chose. A lire sur le site pédagogique http://www.lafinancepourtous.com, quelques explications.
Grâce au G20 qui va prendre "toutes les mesures nécessaires" comme le rapporte le journal Le Monde sur son site internet (Le Monde.fr), la crise va s'arranger. A ce stade, si la France et l'Allemagne sont à la pointe de ce combat "anti-hedge fund" alors que la majorité d'entre-eux viennent des Etats-Unis, il faut rappeler que les hedge funds n'ont d'argent, que si des banquiers ayant pignon sur rue leur prêtent.
Le hedge fund par construction est sous perfusion d'une banque. Il ne vit pas seul mais en couple en quelque sorte. La police va-t-elle aussi interroger le conjoint pour savoir ce qui s'est réellement passé ? On en est loin.

dimanche 8 mars 2009

Un week-end bancaire en ordre dispersé

par Didier Testot
La finance n'en a pas fini de nous étonner même si c'est sans doute d'abord la crise financière qui exige ce type de réponse.
Après RBS Royal Bank of Scotland déjà nationalisée, le gouvernement britannique a pris le contrôle ce week-end de Lloyds Banking Group (LBG), groupe né de la fusion des banques HBOS et Lloyds TSB.
L'Etat britannique a accepté de garantir quelque 260 milliards de livres (290,5 milliards d'euros) d'actifs toxiques en échange d'une prise de participation majoritaire dans le capital de l'institution. La part de l'Etat dans le capital de la Lloyds passe ainsi de 43,5% à 65%, ou 77% en incluant des actions spéciales.
L'autre nouvelle du week-end concerne une grande banque française BNP Paribas, qui après plusieurs mois de patience et de tenacité vient de finaliser avec l'Etat belge un nouvel accord pour le rachat de Fortis.
BNP Paribas rachète 75 % des activités bancaires de Fortis et 25 % de ses activités d’assurance pour devenir l'un des leaders du secteur bancaire dans la zone euro par les dépôts.
Dans un entretien au Parisien, le directeur général de BNP Paribas, Baudoin Prot précise : "Ce rachat d’un montant de 10,3 milliards d’euros, nous l’effectuons presque totalement en titres BNP Paribas et non en cash. De surcroît, nos actions sont valorisées sur leur cours moyen d’octobre, soit 68 € contre 21,70 € vendredi dernier".
Cela permet d'entrevoir le choc sur le secteur bancaire violemment secoué en Bourse, mais aussi qu'en Europe, toutes les banques ne sont pas dans la même situation.
Ce que fait BNP Paribas, d'autres acteurs européens ne pourraient pas le faire aujourd'hui. Ce mouvement de BNP Paribas est en soi rassurant, car c'est bien ce secteur bancaire qui doit retrouver sa flexibilité pour contribuer ensuite à la relance de l'économie.
Marc Renaud gérant chez Mandarine Gestion ne dit pas autre chose dans un entretien vidéo visible sur www.labourseetlavie.com (sur le secteur bancaire à 4'22"), il faut d'abord sauver les banques.
Au Royaume-Uni, vu leur état, cela passe souvent par des nationalisations, quelque 30 ans après ce que les économistes ont appelé la "révolution conservatrice", sous la période de Margaret Thatcher et les privatisations qui s'en sont suivies. En 30 ans, une génération aura tout vu.
En France, il ne faut pas rêver non plus, l'année 2009 s'annonce difficile. Selon Baudoin Prot toujours dans Le Parisien, pour BNP Paribas : "Elle sera difficile. Mais nous continuerons à être profitables avec, je l’espère, des résultats au moins équivalents à ceux de 2008". C'est déjà pas si mal.

mardi 3 mars 2009

Les PIGS après les BRICs

par Didier Testot.
Pendant des années lors des entretiens avec des économistes, nous avons parlé de l'acronyme BRIC pour désigner les pays suivants : Brésil, Russie, Inde, Chine. Ces pays étaient les symboles de la nouvelle croissance économique mondiale. Avec des croissances détonnantes en comparaison de nos pays dits développés. Ces pays émergents nous épataient par leur dynamisme.
Depuis la crise est passée par là et si tout n'est pas remis en cause pour l'instant, la croissance de ces pays a tout de même ralenti, suivant la crise financière et économique mondiale.
En parlant ce matin avec un intervenant sur les marchés financiers, je découvre un nouvel acronyme PIGS (Portugal, Irland, Greece and Spain).
Cet investisseur pronostique même une sortie de ces pays de la zone euro.
BRICs, PIGS, les investisseurs ont toujours aimé les symboles, l'histoire enfantine raconte que des PIGS ont eu besoin de BRICs pour tenir le coup et se protéger face au danger. Nous aurons nous aussi besoin des BRICs pour atténuer le choc de la crise économique mondiale.
D'autant que lorque le premier assureur mondial AIG est capable de perdre 61,7 milliards de dollars (48,17 milliards d'euros) sur le dernier trimestre, les investisseurs ont de quoi être inquiet.

dimanche 1 mars 2009

En ce moment sur www.labourseetlavie.com

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Vidéo envoyée par labourseetlavietv

Les marchés financiers restent fébriles à l'écoute des plans de relance et des déclarations des entreprises sur les perspectives 2009. Regards croisés de spécialistes des marchés financiers. Entretiens réalisés par le journaliste Didier Testot sur www.labourseetlavie.com.

Au delà de la semaine

par Didier Testot.
Le commentaire au jour le jour de l'actualité, j'ai eu l'occasion de le pratiquer il y a 18 ans dans le quotidien la Tribune. Commentaires sur les marchés financiers, coup de fil aux gérants et autres spécialistes des marchés pour faire une synthèse de l'actualité financière.
Internet nous a donné aussi cette possibilité à travers les blogs. Si cet exercice est intéressant, il est souvent répétitif pour la Bourse.
Si l'on s'arrête un instant (pour des vacances, pas le temps d'écrire, etc..), on voit que rien n'a changé, au contraire.
Les plans américains ou européens de relance de l'économie se succèdent, les entreprises de leur côté continuent à serrer les boulons, et au final les Etats prennent le contrôle de fait ou de droit des banques. En France, c'est l'un des conseillers du Président Nicolas Sarkozy, François Pérol, énarque, qui va diriger la deuxième banque du pays issue de la fusion des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires. Cela crée forcément des remous en France, mais est-ce vraiment original ? François Pérol rejoint d'autres patrons de banque passés par des cabinets ministériels comme Michel Pébereau (BNP Paribas), Daniel Bouton (Société générale)...Certes ceux qui attendaient une rupture en France vont à nouveau manger leur chapeau, mais comme ce mot a vocation à rester dans les placards de l'Histoire française, oublions-le comme une mauvaise pub qui a vieilli rapidement.
Reste donc la situation économique qui s'aggrave, Citigroup qui va sans doute être partiellement nationalisée (The Wall Street Journal), un euphémisme pour dire simplement que la première banque américaine est à bout de souffle et que seule l'intervention de l'Etat américain peut y changer quelque chose. L'indigestion d'actifs toxiques aura eu raison des "meilleurs" banquiers.
Pas la peine d'évoquer la descente aux enfers de quelques poids-lourds du CAC40 sur des rumeurs d'augmentation de capital, même si certains dirigeants d'entreprises doivent se poser la question de l'efficacité de leur communication financière : quand les investisseurs n'écoutent plus, il faut chercher où est la faille.
Une semaine, c'est pas grand chose, mais c'est suffisant pour souffler avant à nouveau de replonger dans un quotidien dont on cherche à ce jour une lueur d'espoir.
Depuis de nombreuses années, je la trouve pour ma part dans les entrepreneurs qui tout en étant conscient que la période est particulièrement difficile, voire inédite, trouvent matière à développer leurs entreprises, loin des polémiques, avec le soucis de la pérennité de leurs investissements.
Bref au delà de la semaine et du court terme, il faut voir plus loin pour avancer.