mardi 24 mars 2009

Des stocks au parachute doré

par Didier Testot
Tout va bien, je vais bien ; "je vais bien", c'est Valeo en latin.
A peine avais-je le dos tourné qu'un parachute doré venait de tomber, celui de l'ex-Pdg de Valeo, Thierry Morin, qui pour cette année 2008 nous avait annoncé deux nouvelles particulièrement "réjouissantes" : des pertes pour l'année 2008 de 207 millions d'euros, avec également "la mise en œuvre du plan de réduction des effectifs permanents de 5 000 personnes dans le monde".
Bref que des éléments montrant la capacité du Pdg à anticiper les crises. Il nous dirait que cette crise est exceptionnelle, certes, mais justement les capitaines d'industries doivent être à même de faire les bons choix stratégiques en période "calme" afin de ne pas se retrouver dans une telle situation, dès que la tempête arrive. Ne pas subir, c'est la clé du management.
Dans un secteur, l'équipement automobile, qui n'a cessé depuis 20 ans de restructurer pour faire face à la pression des constructeurs automobiles.
Bref pour sa stratégie qui vient d'être remise en cause par son conseil d'administration et grâce à un contrat en or, il devrait toucher 3,2 millions d'euros. Thierry Morin était l'un des pdgs les mieux payés du CAC40. Et quelques semaines seulement après que le Fonds stratégique d’investissement (FSI) de l’État, ait pris 2,3 % du capital de Valeo. Le FSI, qui a demandé officiellement à entrer au conseil d’administration de Valeo et s’est dit « satisfait de la clarification » que représente l’arrivée d’un nouveau management.
Ce mardi, l'Etat vient d'annoncer par la voix de son porte-parole, Luc Chatel, qu'il votera contre le versement de l'indemnité de départ du Pdg de l'équipementier automobile, au cours de l'assemblée générale du groupe.
Reste que le Pdg de Valeo risque de rejoindre le Club qui semble s'agrandir de ceux qui devront tenir compte de la situation politico-médiatique du moment. Après la Société Générale, laissez partir le Pdg de Valeo avec un parachute doré, contractuel certes, paraît difficile.
Le Pdg réputé pour son fort caractère va sans doute tenter l'impossible. Il est bien loin le temps où il était un simple contrôleur financier chez Valeo (en 1991).
Il n'aurait pas eu autant égard à tout point de vue. Affaire à suivre bien entendu.
Who's next ?

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