dimanche 22 mars 2009

Société Générale et AIG / stock-options et bonus

par Didier Testot.
Pendant les dernières années de folie boursière et financière, il était rare de s'intéresser de près aux attributions de stock-options ou au bonus des banquiers. Les avis AMF sur le sujet passaient quasiment aux oubliettes. Malgré les montants que pouvaient représenter ces attributions, il était de bon ton de considérer que puisque les entreprises faisaient des résultats records, les salaires + stock-options des dirigeants devaient être importants. La crise des années 2000 et ses excès avaient été effacés par des années de croissance des résultats financiers.
Faut-il rappeler aux dirigeants des grandes entreprises et aux banques, en particulier celles qui ont reçu de l'argent de l'Etat, que le Monde a changé depuis quelques mois ?
Visiblement oui car la publication de l'attribution de stock-options aux dirigeants de la Société Générale a fait des vagues. Christine Lagarde ministre de l'économie est même montée d'un cran ce week-end avec son intervention sur Europe 1.
Au-delà de la petite phrase, un bon mot pour amuser la galerie "Il serait grand temps que Société générale rime un peu plus avec intérêt général", ce qui est nouveau c'est cette réflexion : "J'avais demandé aux dirigeants de la Société générale de prendre des décisions c'est-à-dire de renoncer à l'exercice (...). Ce que je demande, c'est la renonciation à l'attribution. Dans l'état actuel des choses, je pense que ce serait un geste responsable". Comment pourrait-il en être autrement ? Un geste responsable ou socialement responsable ?
Comme nous l'expliquent les spécialistes des stock-options sur le site de "référence" dixit sa publicité sur Google, http://www.stockoptions.fr, la période d'indisponibilité est de 4 ans.
Donc ce que s'attribuent aujourd'hui les dirigeants de la Société Générale, ils pourront tranquillement en récolter les fruits dans 4 ans. Sans grand risque donc. Ce site de référence sur les stocks-options c'est celui de la Société Générale, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Sur la chronologie notamment ils ont la solution pour maximiser vos gains c'est ici http://www.stockoptions.fr/une-strategie-appropriee/maximisez-vos-gains/maximisez-vos-gains.html . C'est très simple.
Le communiqué du 20 mars 2009 de la Société Générale sur le sujet indique que "Les plans 2009 ont bénéficié à 4 800 collaborateurs du groupe, cadres et non cadres, tant en France qu’à l’étranger. Près de 50% des attributaires en 2009 sont bénéficiaires pour la première fois d’options ou d’actions. Ces plans 2009 représentent 0.75% du capital de Société Générale et s’inscrivent dans les autorisations votées par l’Assemblée Générale le 27 mai 2008".
N'est-ce pas là le hic tout simplement ? 27 mai 2008 - mars 2009. Il s'est passé quelques petits évènements depuis ou j'ai pas tout compris ? Certes on est dans la légalité mais comme pour AIG, ce n'est pas la légalité qui est en cause, c'est tout simplement une question de moralité.
C'est bien la morale qui revient au devant de la scène en France comme pour AIG aux Etats-Unis tancée par le président Barack Obama, car renfloué par l'Etat américain, Le scandale avait éclaté lorsqu'il que l'information du versement de 165 millions de dollars de primes à certains de ses cadres était devenue publique, alors même que l'Etat avait sorti plus de 170 milliards de dollars pour sauver le groupe de la faillite.
Alors une attribution de stock-options au moment où la plupart des Français se serrent la ceinture, on mesure grâce à cette crise médiatisée le décalage entre les entrepreneurs et certains managers. Les entrepreneurs que j'ai rencontré depuis le début de l'année sur la Web TV www.labourseetlavie.com, ont en priorité un objectif : faire les bons choix pour leur entreprise dans les moments délicats que nous vivons.
Leurs réponses à la crise sont diverses : innovations, opportunités d'acquisition, choix dans leurs investissements pour l'avenir...L'attribution de stock-options n'est pas leur premier soucis. Tant que ces deux mondes auront des préoccupations aussi éloignées, il sera sans doute difficile de résoudre la crise.
A lire en ces temps perturbés ces commentaires du patron de Swatch : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03/20/le-patron-de-swatch-donne-des-lecons-de-capitalisme-responsable_1170560_1101386.html

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