mardi 28 avril 2009

Banques : Bouton s'en va, Mignon débarque chez Natixis, BNP Paribas se Fortisse

par Didier Testot
Il faut le reconnaitre, le rebond des marchés financiers en ce début d'année a pu en surprendre plus d'un. Les plus prudents des investisseurs ont résisté à la tentation de ce rallye se concentrant sur la suite des évènements. L'économie mondiale va-t-elle mieux ? Les dégats industriels et humains de la crise financière sont-ils terminés ? Bien sûr que non et la situation du secteur automobile américain en est un exemple parmi d'autres, des dégâts collatéraux très importants qui sont en train de se produire.
Pour les banques américaines la situation se décrit de cette façon par Aurel BGC : "Les grandes banques américaines ont publié d’importants bénéfices sur le premier trimestre 2009. Une partie de ces derniers proviennent d’éléments exceptionnels ou d’astuces comptables. De fait, les CDS des grandes banques n’ont pas reculé suite à ces publications et les analystes financiers anticipent une nouvelle dégradation de leurs résultats au Q2 2009. Un véritable retour de la confiance sur les valeurs bancaires dépendra de plusieurs éléments : réussite des stress tests, rebond du marché immobilier et retour durable des profits. La situation des banques restera difficile à court terme". Bref pas de quoi sabrer le champagne.
Et en France, là c'est autre chose, on apprend en quelques heures que Daniel Bouton, le président du conseil d'administration de la Société Générale décide finalement de partir plus d'un an après l'affaire Kerviel, au lendemain de la réussite par la BNP Paribas de son rachat de Fortis, après une assemblée générale "agitée" selon les observateurs, et faisant au passage de BNP Paribas, le premier réseau de banque de détail en Europe, pour terminer par l'arrivée de Laurent Mignon ex Oddo et Cie à la tête de Natixis, appelé à ces fonctions par François Pérol, le nouveau patron de la CNCE et de la BFBP. Bref ça bouge dans les banques.
Revenons à nos moutons, à M. Bouton, qui nous décrit dans un communiqué daté du 29 avril sa démission : "J’ai décidé de mettre fin à mes fonctions de Président du Conseil d’administration de la Société Générale à compter du 6 mai. Le Conseil d’administration élira à cette date un nouveau Président. La Société Générale a connu sous ma direction dix années de croissance forte et harmonieuse pour les clients, les salariés et les actionnaires au 1er rang desquels les salariés, avec un bon équilibre entre les activités de banque de détail en France et à l’étranger et une banque de financement et d’investissement de grande qualité. L’entreprise a montré une formidable unité après la fraude Kerviel ; dès sa découverte, j’ai présenté ma démission. Le Conseil d’administration l’a refusée. L’augmentation de capital, garantie en 48 heures, puis réussie a sauvé l’entreprise et montré la confiance des actionnaires. Aujourd’hui, la transition amorcée il y a un an par la nomination de Frédéric Oudéa au poste de Directeur général exécutif peut s’achever. Les attaques répétées qui me visent personnellement, en France, depuis 15 mois m’affectent mais surtout elles risquent de nuire à une banque de 163 000 personnes. C’est depuis un moment ma conviction. Elle est partagée par les administrateurs. Dans la tempête financière et économique actuelle, il faut privilégier l’unité. Il vaut mieux que je me retire fier d’avoir dirigé une entreprise magnifique. Comme tout dirigeant j’ai certainement fait des erreurs mais la stratégie adoptée permet à la Société Générale de compter parmi les banques les plus belles de la zone euro. J’ai confiance en l’avenir de la Société Générale."
J'ai préféré mettre son communiqué en entier, afin d'éviter les mauvaises interprétations. Derrière cette communication se cache sûrement une blessure de ne pas avoir su ou pu faire face, malgré son expérience et ses réseaux, à la campagne contre sa personne.
Plus jeune banquier de la place lorsqu'il pris la tête de la Générale, pour la transformer radicalement, le départ de Daniel Bouton me ramène à celui de son prédécesseur Marc Viénot, dans un tout autre contexte.
Je n'oublierai pas comment alors qu'il avait laissé la place à Daniel Bouton, Marc Viénot au lendemain de sa passation de pouvoir, restait un grand homme par la taille, mais soudainement totalement ignoré par ses pairs, il errait donc dans cet endroit, cela se passait à l'Automobile Club, lieu de rendez-vous à l'époque de la finance parisienne, comme abandonné par les siens. Il n'avait plus le pouvoir ! Cela m'avait marqué, le pouvoir de ces grands patrons attirait de nombreux "amis", mais dès que vous l'aviez quitté, votre valeur était proche de zéro.
C'est sans doute ce que va vivre Daniel Bouton, ses amis d'hier qui se bousculaient pour lui serrer la main et d'un "Monsieur le Président" en baissant la tête, feront semblant de ne plus le reconnaître.
Reste qu'avec sa retraite chapeau il pourra peut-être compter sur de nouveaux amis.

vendredi 24 avril 2009

Le charme connait aussi la crise

par Didier Testot.
C'est une valeur que l'on aborde toujours avec doigté, son nom : Dreamnex. Sans doute ne vous dit-elle rien, seuls les gérants de portefeuilles "midcaps" connaissent cette valeur car elle a (avait) réalisé jusqu'ici de la croissance d'activité avec de la rentabilité. Dreamnex est en Bourse depuis le 27 Mars 2007, sur Eurolist Paris.
Dreamnex se définit lui-même comme un "Spécialiste du charme sur Internet (...), le leader européen de la vente de produits et de services pour adultes". Il propose "des services et des produits sexy, branchés et ludiques, pour permettre à chacun de s'épanouir pleinement dans sa sexualité. Le tout sur un site soft, agréable et fun : SexyAvenue.com.". Voilà pour le panorama. Et jusqu'ici le charme nous disait-on résistait à la crise. Même s'il doit lui aussi tenir compte des tendances, et les soldes en font partie naturellement. En ce moment le site propose des soldes sur plusieurs produits : -30% sur le double-anal dildo, et jusqu'à -70% sur "1 night in Paris" avec Paris Hilton, ou encore -30% pour l'huile "Penix Male". Avis aux amateurs.
Voilà donc Dreamnex qui présente son premier trimestre 2009 après un exercice 2008 de bonne facture comme disent les professionnels. Et la société de commenter la baisse de son activité globale, elle est de -7,5% : "La baisse de la consommation générale a pesé sur la partie achats de minutes du service de webcams, sans toucher l’activité générée sous forme d’abonnements webcams et VOD" et l’activité vente de Produits recule de 10.4%. Malgré ce ralentissement le groupe se veut confiant avec ce commentaire du Pdg Patrice Macar: "Nous finalisons actuellement le développement de nouvelles versions des services de divertissements, qui permettront d’offrir à nos clients un design et des fonctionnalités améliorées".
Le titre perd plus de 6% après la publication des chiffres trimestriels et ceux qui avaient acheté le titre sur la foi d'une meilleure ambiance sur les marchés financiers et d'une baissse de ce titre en dessous des 30 euros après avoir dépassé les 45 euros en mai 2008, viennent de constater que la crise touche aussi le charme.
Pourtant parmi les investisseurs se trouvent des commentateurs de forums boursiers avec leur lot de certitudes plus ou moins éclairées. On appréciera.
Ainsi celui-ci (pseudo 1580046) qui y va de son commentaire (le modérateur du site devait dormir ou être en vacances même si sa maison-mère fait partie du CAC40, mais c'est vrai qu'en ce moment les entreprises du CAC40 ont autre chose à faire que regarder ce qui se passe dans un forum d'une de ses nombreuses filiales), donc cet internaute nous explique : "Problème, en cas de crise, il y a des substituts moins chers que les sexes toys. J'ai vu des promo de cocombres chez Carrefour et en plus, on peut l'utiliser pour des soins du visage et pour sa ligne en le mangeant".
Cela me confirme dans l'idée que l'on est pas obligé d'héberger ce genre de commentaires. Et que le métier de modérateur sur Internet est un vrai métier et qu'il devrait se professionnaliser.
Il y a quelques mois les jeux vidéos montraient aussi quelques faiblesses, le charme à présent, reste une valeur sûre à ce jour : les maisons de retraite. Même s'il ne faut pas exclure le fait que la crise pèse aussi sur les moyens financiers des pensionnaires et qu'ils restent finalement plus longtemps (s'ils le peuvent), chez eux.
A suivre.



jeudi 9 avril 2009

Cette semaine sur la Web TV de l'économie

Cette semaine sur la Web TV de l'économie
Vidéo envoyée par labourseetlavietv

Cette semaine sur la Web TV de l'économie www.labourseetlavie.com, retrouvez des dizaines de nouveaux interviews réalisés avec des dirigeants d'entreprises cotées qui parlent de leur activité et des perspectives pour l'année 2009.

A travers les témoignages de dirigeants dans des secteurs aussi divers que les ustensiles de cuisine, les jeux vidéos, les fours pour le raffinage, la promotion immobilière, ou les guides d'achats sur Internet, l'économie avec ceux qui l'a font, une manière de mieux comprendre son évolution.


jeudi 2 avril 2009

Chapeau la retraite de M. Théodore Dga Nyse Euronext ?

par Didier Testot.

Tout dirigeant d'une grande entreprise cotée qui part à la retraite ou est remercié doit désormais fournir des explications sur les conditions financières de son départ, crise économique et financière oblige. Est-ce une règle ? Non simplement une habitude qui a été prise depuis plusieurs mois, et de manière systématique depuis plusieurs semaines par la presse.
Jean-François Théodore n'est pas connu du grand public, mais plutôt des journalistes financiers qui l'appellent familièrement depuis de nombreuses années "Théo".
On a tous une histoire à raconter sur Jean-François Théodore, ex-patron de la Bourse de Paris, à travers la SBF Société des Bourses Françaises. Car du temps de la SBF, il pilotait la Bourse de Paris, et tous les évènements pour l'animer. Et c'est donc une figure de la place de Paris qui la quitte.
Devenu numéro 2 du plus gros ensemble de marchés financiers - Nyse Euronext - qui gère désormais la Bourse de Paris, le rève américain de "Théo" s'était réalisé en 2007 avec la fusion du New York Stock. Exchange et d'Euronext pour créer la plus grande bourse mondiale américano-européenne. "Théo" vient donc d'annoncer qu'il partait à la retraite cette année.
"Paris, New York, le 2 avril 2009.
Jean-François Théodore, Directeur Général Adjoint de NYSE Euronext, a fait part au Conseil d’Administration de son intention de partir à la retraite fin 2009 lorsqu’il atteindra l’âge de 63 ans. D’ici là M. Théodore continuera d’exercer pleinement ses fonctions opérationnelles actuelles.
Il restera ensuite administrateur de l’entreprise, sous réserve des autorisations réglementaires requises. Président du Directoire d’Euronext depuis sa création en septembre 2000, M. Théodore est membre du Comité de Direction de NYSE Euronext depuis la fusion en avril 2007 des groupes boursiers leaders aux Etats-Unis et en Europe.
M. Théodore sera étroitement associé à la recherche de son successeur, futur Directeur Général Adjoint pour l’Europe."
Pour JFT comme pour les prochains qui décident de partir de leur plein gré ou pas et qui sont managers de sociétés cotées en Bourse, la Bible s'appelle le document de référence, là où l'on trouve tous les éléments sur la rémunération de JFT à partir des pages 90 pour ceux qui s'adonnent à ce genre de lecture.
De mon côté je n'ai pas le temps de faire les additions pour "Théo" : Attributions d'actions non acquises 2.635.206, avantages en nature, prestations et autres éléments de rémunération 814.346 dollars (parité 1,37 dollar pour un euro) dont utilisation personnelle de service de voiture, location de véhicule 281.313 dollars, et la rémunération 2007 : 3.434.213 euros (page 94) ...En vrac comme ça ça peut donner le tournis en ces temps de crise économique financière,
pourtant il faut bien l'avouer, aucun journaliste, financier ou pas, ne s'était intéressé à ce type de sujet avant la crise.

Seuls quelques-uns fins observateurs des marchés financiers et de JFT diront : Mais comment avec tous ces chiffres et ces zéros n'avait-il pas les moyens de s'acheter un costume sur mesure ?

C'est une question qu'on a jamais osé lui poser !

Comme quoi on est peut-être passé à côté de quelque chose.

Le départ de "Théo" c'est une page de ma vie personnelle de journaliste financier qui se tourne.

Bye "Théo" et pour les costumes, à la retraite on n'est plus obligé d'en mettre un, même le dimanche.