samedi 30 mai 2009

Au programme sur la Web TV www.labourseetlavie.com

Au programme sur la Web TV www.labourseetlavie.com
Vidéo envoyée par labourseetlavietv

Cette semaine, parmi les invités de la Web TV www.labourseetlavie.com, le Pdg de LDC, Denis Lambert, qui revient sur l'exercice 2008/2009 du spécialiste de la volaille. LDC vient également d'annoncer l'acquisition du Groupe Arrivé, ce qui va lui faire changer de dimension.

Le Président du Directoire de SII, Eric Matteucci, commente les résultats annuels. Le groupe SII est spécialisé dans la R&D externalisée, il a développé son activité à l'international via deux acquisitions.

Autre secteur, les domaines skiables et les parcs de loisirs avec Franck Silvent Directeur Finance Stratégie Développement de la Compagnie des Alpes, qui lui évoque le premier semestre de son 2008/2009, principalement liéà l'activité skis.

dimanche 24 mai 2009

Les investisseurs en plein brouillard

par Didier Testot
Si l'on s'en tient uniquement aux performances boursières depuis le mois de mars, avec près de 30% de remontée des indices, le rebond est conséquent, avec les commentaires qui vont avec : le plus dur de la crise est passé.
Pourtant c'est du côté de la Réserve Fédérale américaine que la douche froide est tombée la semaine dernière. Mercredi soir, elle a publiée les "minutes" de sa réunion de politique monétaire des 28 et 29 avril. Et le couperet est tombé : la banque centrale table désormais sur une contraction comprise entre 2,0% et 1,3% alors qu'en janvier dernier, elle était sur un scénario d'une baisse du PIB comprise entre 1,3% et 0,5%. En 2010, la Fed voit le PIB croître de 2,0% à 3,0% alors qu'il y a quatre mois, elle avait dit tabler sur une progression comprise entre 2,5% et 3,3%. Et pour être complet, le taux de chômage 2009 devrait selon la Fed s'établir entre 9,2% et 9,6% contre une fourchette de 8,5%-8,8% anticipée en janvier.
Si l'on en croit la Fed, cela veut dire que la sortie de crise sera plus longue que prévu. C'est ce qu'à admis Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor, qui indique que l'accès au crédit tarde à se desserrer.
Retour à la case départ pour les économistes, qui hésitent toujours entre une courbe de reprise en "V" ou en "U", selon leur pronostic.
Quant aux boursiers ils préfèrent encore saisir ce qu'ils estiment être des opportunités avant que la reprise soit effective et que le brouillard se lève enfin.
par Didier Testot

vendredi 15 mai 2009

R comme Rallye et Récession

par Didier Testot.

Il n'est pas facile en temps de crise d'y voir clair, tant les mouvements boursiers comme les publications économiques peuvent être contradictoires en apparence. Depuis le rebond du mois de mars, les grandes places financières internationales montraient unanimement qu'elles voulaient croire à une sortie de crise dès 2009, après avoir vu tout en noir.
Même si certains investisseurs pensent encore que cette crise financière et économique est historique et qu'elle conduit compte tenu de son ampleur, à réagir d'abord au quotidien, sans anticiper, les performances boursières elles semblent marquer un retour à la tradition, celle de l'anticipation de la Bourse sur l'économie réelle.
La réalité économique reste abrupte à l'image de la France qui est entrée officiellement aujourd'hui 15 mai 2009 en récession (avec deux trimestres consécutifs de baisse du produit intérieur brut (PIB). Précisément : une chute de 1,2% au premier trimestre 2009 après -1,5% au dernier trimestre 2008, selon les chiffres publiés par l'Insee. Le ministère de l'Economie envisage désormais une année 2009 avec une baisse du PIB de 3%, contre -1,5% précédemment, le grand écart. Et en Allemagne notre principal partenaire économique on fait pire, cela ne doit pas nous réjouir comme on l'entend parfois abusivement avec -3.8%.
Aux Etats-Unis, selon les économistes interrogés par le Wall Street Journal, la clé reste toujours le consommateur américain et selon eux même s'ils voient la fin de la récession américaine en août, le chômage devrait continuer à progresser pour atteindre 9,7% à la fin de l'année, avec pas moins de 2 millions de chômeurs de plus dans les prochains 12 mois, malgré la reprise de l'économie.Sources : WSJ survey (forecasts) ; Labor Departement (actual unemployment rate)

Avec pour la moitié des économistes interrogés, la prévision que le redressement de l'économie américaine prendra du temps, entre 3 ou 4 ans, et 15% d'entre-eux tablent même sur 5 ou 6 ans.
C'est l'équation du début de la crise qui revient sur la table.
Faut-il anticiper une crise économique plus longue en raison de la dégradation de la situation pour les consommateurs, avec le chômage qui va continuer d'augmenter ? ou se dire que le plus dur de la crise financière étant passé (stress test des banques notamment qui a convaincu une partie des investisseurs), l'économie peut repartir ?
Personne a vrai dire n'a la réponse, les fanfaronnades n'y feront rien et il suffirait que l'économie réelle montre des signes de faiblesse du côté des entreprises pour que les investisseurs retrouvent leur aversion au risque action. Un rendez-vous crucial semble pris avec les publications trimestrielles des entreprises américaines cet été.

dimanche 10 mai 2009

Tapie dans l'ombre du Club Med

par Didier Testot

Bernard Tapie a l'habitude des marchés financiers, il en connaît les us et coutumes.
Le Club Med en est un bon exemple. Personne apparemment ne s'intéressait à ce titre car avant même la crise du tourisme international, la stratégie du Club Med passé dans la catégorie haut de gamme pour les prix sous la présidence du toujours souriant Henri Giscard d'Estaing n'était plus vraiment partagée par les investisseurs.
C'est le JDD qui a réveillé la belle endormie, samedi 25 Avril 2009 avec cet article référencé sur le net comme un scoop. Et le JDD de titrer "Tapie veut prendre le Club Med Par O.J" .
Un scoop signé par deux initiales ? En général quand on sort un scoop, on en est fier et on met son nom en toutes lettres ! Etonnant comme dirait M. Cyclopède. Un scoop qui semblait faire pschitt avec la réaction de
Bernard Tapie sur RTL : le document RTL.
Explications de texte pour les non-initiés.
En disant "Ce n'est pas du tout un de mes projets", il se protège tout en étant dans le jeu. Il répond à une question qui lui est posée sur la prise de contrôle après l'article dans le JDD qui affirmait qu'il voulait prendre le contrôle du Club Med (le JDD journal boursier ?). Cela ne veut pas dire qu'il ne s'intéresse pas au dossier.
Le JDD a remis le couvert ce week-end avec cette citation de Bernard Tapie : "Trois ou quatre fonds amis sont prêts à me suivre dans cette opération. Et je dispose du soutien d'actionnaires du groupe qui en ont assez de voir fondre leurs investissements depuis cinq ans. Ils pensent que je peux aider car il y a beaucoup de travail à faire sur le contenu du Club Med."
25 avril - 9 mai, tout au plus quelques jours et deux visions d'un même Bernard Tapie de retour sur la place de Paris. On passe ainsi d'un "On parle pour moi, on me fait dire des choses..." à "j'ai le soutien d'actionnaires du groupe....".

Regard sur ces actionnaires au moment où l'on en parle : Des pactes d'actionnaires, un socle historique..La bataille médiatique est donc lancée.
Les actionnaires vont pouvoir se déterminer et l'augmentation de capital en est une bonne occasion. Pour le reste Bernard déclare au JDD. "Nous n'avons pas acheté un seul titre. Je ne possède pas même une action". Pour quelqu'un qui dit avoir le soutien d'actionnaires c'est embêtant, à moins que cela fasse aussi partie de la stratégie.
On imagine que l'AMF (le gendarme de la Bourse) est déjà en train de regarder si toutes ces déclarations et/ou mouvements de titres récents avant cette agitation sont bien conformes à ses règlements.
A ce jour pour les actionnaires du Club Med, les spectacles des GO sont loin de faire rire. Le pic du titre Club Med de l'été 2007 autour des 50 euros n'est plus qu'un lointain souvenir, le titre ne cessant par la suite de sombrer autour des 8 euros pour les plus bas. Selon un gérant, du côté des volumes, il y a eu une forte hausse du volume depuis le 24 avril (environ 100.000/jour ) alors qu’avant , cela tournait plus entre 20.000 et 50.000/jour à l’exception notable du 16 avril avec 104.000 échanges.
Le 20 février dernier lors de l'Assemblée générale du groupe Henri Giscard d'Estaing indiquait triomphant à ses actionnaires :
"Face à la dégradation économique mondiale, le Club Med a l'avantage d'affronter 2009 avec une stratégie claire : faire du Club Med "le spécialiste mondial des vacances tout compris haut de gamme conviviales et multiculturelles". Nous avons en effet la bonne stratégie pour le Club Med : - que nos résultats opérationnels valident année après année, notamment en 2008 mais aussi à travers notre chiffre d’affaires positif du 1er trimestre 2009 ; - qui réduit nos risques en période de crise ; - enfin, qui nous dote d’atouts uniques grâce à notre positionnement haut de gamme."
Pour un actionnaire du Club Med, l'analyse était différente: " Cette stratégie représente 400 M€ d’investissement sur 3 ans – 500 avec les partenariats, et il reste une dette nette de 295 M€. La capacité bénéficiaire du Groupe doit s’analyser au niveau du résultat net, qui traduit une perte de 33 M€, impactée surtout par le poids de la dette. Nous sommes loin du résultat opérationnel de 100 M€ annoncé il y a quelques années".
L'augmentation de capital annoncée le 6 mai pour un peu plus de 101 millions d'euros est donc venue troubler le jeu à point nommé. La Caisse des Dépôts et le Crédit Agricole non actionnaires se sont engagés pour des montants respectifs de 20 et de 10 millions d'euros. Ce que conteste Bernard Tapie. On rebat les cartes pour une nouvelle partie ? A suivre.

samedi 9 mai 2009

Buffet froid pour Warren

par Didier Testot.
Depuis plusieurs années le rendez-vous annuel avec Warren Buffet sonnait comme un plaisant rendez-vous avec la croissance des profits. Ce n'est plus le cas depuis la crise financière qui n'a pas épargné l'homme le plus riche du Monde, que l'on surnomme parfois "l'oracle d'Omaha", siège social de sa société Berkshire Hathaway Inc. Fidèle à son image, sur son site web très sobre on peut y lire ce message : "From Warren E. Buffett, CEO of Berkshire Hathaway Inc : "Dear Reader, you probably know that I don't make stock recommendations. However, I have three thoughts regarding your personal expenditures that can save you real money. I'm suggesting that you call on the services of three subsidiaries of Berkshire: GEICO, Borsheim's and Berkshire Hathaway Life Insurance Company of Nebraska (BHLN)." Il ne donne pas de conseils boursier mais en sage avisé il recommande ses propres sociétés. Un bon début pour qui veut faire fructifier son capital, le valoriser auprès d'autres investisseurs potentiels.
Cette année donc, Warren Buffet a donné deux messages principaux d'après la presse américaine : La crise se termine parce que le système financier est en train de se stabiliser, et M. Buffet applaudit au passage l'intervention musclée du gouvernement américain, avec une réserve sur les « stress tests » que passent les banques américaines, diagnostic de leur solidité financière, et qui d'après les derniers en date ont rassuré les marchés financiers, avec une évaluation au niveau de 74,6 milliards de dollars de besoins en capitaux pour dix établissements.
Morgan Stanley et Wells Fargo ont déjà réagi et pris leur disposition pour mettre en vente plus de 15,5 milliards de dollars d'actions et d'obligations à des prix "canons". Pour Bank of America , la banque a l'intention de mettre en vente 1,25 milliard d'actions à 8,79 dollars au maximum, soit un total avoisinant 11 milliards. Avec un emprunt obligataire de trois milliards de dollars à cinq ans et des cessions actifs...
Warren Buffet vient de dévoiler quelques jours après son Assemblée générale les résultats du premier trimestre. Même si les investisseurs pouvaient s'attendre à un repli, Buffet n'est pas à la tête de Martingale Inc., insensible à l'évolution de l'économie, la perte nette de 1,5 milliard de dollars au premier trimestre, sonne comme une mauvaise surprise.
Le conglomérat a enregistré un bénéfice opérationnel de 1,7 milliards, mais il a dû déprécier lourdement des investissements, à hauteur de plus de 2 milliards de dollars. Berkshire a aussi perdu 986 millions de dollars avec des produits dérivés et 241 millions de dollars en cédant à perte certains investissements. L'an dernier, à la même époque, son groupe avait dégagé un bénéfice net de 940 millions de dollars.
Pour "l'oracle d'Omaha", certes il faut s'intéresser d'abord à la valeur nette comptable par action, sa boussole, et au premier trimestre elle se replie de 6,1% après -9,6% pour l'ensemble de l'année 2008.
En février dernier lors de la présentation des comptes 2008, Warren Buffet avait regretté "quelques bêtises", en particulier son achat de 7 milliards de dollars d'actions ConocoPhillips au moment où les prix de l'énergie étaient proches de leur pic.
Pouvoir se permettre une erreur à 7 milliards de dollars, sans mettre en péril sa société, c'est quand même mieux que le désastre qui a été provoqué par certains investissements hasardeux pour certains acteurs français, et qu'on aura l'amabilité de ne pas citer ici mais qui ont fait l'actualité financière des derniers mois...
N'est pas oracle qui veut !
A ce propos d'ailleurs allez voir ce portrait inédit de Warren Buffet sur www.labourseetlavie.com par le Professeur Bamoko et Jean Salustre philosophe dans la rubrique Economie et Humour. Rafraîchissant.