lundi 5 avril 2010

Quand la Fed dévoile ses actifs

par Didier Testot

On l'a souvent dit cette crise économique et financière est hors norme par son ampleur mais aussi par sa forme, au point qu'il a fallu plusieurs mois, sous la demande d'avocats, de membres du Congrès et de l'agence Bloomberg notamment, pour que la Réserve Fédérale américaine (celle de New York) dévoile enfin ses actifs.
Des actifs issus du sauvetage de Bear Stearns et de AIG. De la transparence au plus haut niveau des autorités monétaires, est-ce trop demander ? Cette transparence intervient de nombreux mois après la catastrophe, on comprend mieux pourquoi.

"As part of extending support to specific institutions, under section 13 (3) of the Federal Reserve Act, the Board of Governors of the Federal Reserve System in 2008 authorized the New York Fed to facilitate lending to three limited liability companies—ML, ML II and ML III. ML was formed to facilitate the merger of The Bear Stearns Companies, Inc. and JPMorgan Chase. The New York Fed extended credit to ML to acquire certain assets of Bear Stearns", peut-on lire sur le site de la Fed de New York.


La Fed a donc acheté des actifs "toxiques" pour faciliter la fusion des deux banques d'affaires. C'est le contribuable américain qui a bien sauvé Wall Street, pour ceux qui auraient encore des doutes, et ce dans le plus grand secret jusqu'à aujourd'hui sur la nature des actifs.

Un coup d'oeil aux fichiers mériterait davantage de commentaires de professionnels pour les identifier (extraits des Maiden Lane LLC Holdings) :






Voilà donc "quelques" lignes d'actifs qu'on trouve aujourd'hui dans le bilan de la Fed de New York. 


Instructif, à mettre dans les manuels d'histoires économiques ! En espérant qu'elle (la Fed) saura trouver l'occasion de revendre ces actifs "toxiques" au cours des prochains mois. A défaut cela voudrait dire qu'elle aussi a pris des risques inconsidérés comme les banques qu'elle a voulu sauver. Inimaginable, impensable à ce stade ! La crise financière nous conduit à nous méfier des certitudes. A suivre.





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