jeudi 27 décembre 2012

Patriot Act en France : Les lunettes d'Alain Afflelou, le talent de Gérard Depardieu, le luxe de Bernard Arnault

par Didier Testot
Sortie de crise, fuite des cerveaux, en période de crise économique sévère, on entend tout et son contraire. Beaucoup d'acteurs du jeu politique et économique naviguent à vue, alors il est beaucoup plus facile de trouver des boucs émissaires. La crise financière, économique et sociale, avait déjà mis au banc des accusés lors de la campagne présidentielle, les immigrés, et voilà donc que la fuite de personnalités intrigue et permet de flatter les bas instincts.
Le "riche" Depardieu ose quitter le pays alors que la France lui aurait tout donné, comme si nous étions dans un pays totalitaire qui fait le "bien" de ses sujets.
L'immigré, le riche, ou celui qui a réussi, le vilain investisseur qui met de l'argent dans une entreprise, pour en gagner encore plus, alors même que personne d'autre n'irait risquer ce même argent.
La société française cherche des coupables à son pessimisme destructeur, à son habitude de tout demander des solutions à l'Etat dont les politiques ont pour maladie congénitale de lui confirmer que sans l'Etat, le citoyen n'est rien.
La France a le pire des deux systèmes, ni totalement capitaliste (à l'origine le libéralisme est une invention française du 18ème Siècle, bien vite oubliée), ni totalement soviétique, mais avec des "Mammouths" qui en ont les mêmes tares.
En 2012, la grande réforme fiscale fait "pschit", et au lieu de rassurer les agents économiques privés, elles les figent, car le pire n'est peut-être pas passé. Les derniers chiffres de l'INSEE avec les commentaires du FMI sur le déficit public de 3% ne font que renforcer l'idée que malgré le "choc" de compétitivité, rien n'est réglé.

Nous en avions parlé bien avant que cela commence à entrer dans le débat avec Véronique Riches-Flores, économiste indépendante (http://www.labourseetlavie.com/videos//analystes-et-economistes//interview-de-veronique-riches-flores-economiste-et-fondatrice-de-richesfloresresearch,1109.html)

L'aventure de Gérard Depardieu me fait penser à cet entrepreneur rencontré il y a dix ans. Il était spécialiste de la propulsion dans le domaine du spatial. Autant dire un sujet patriotique, bien Français, avec un enjeu de sécurité nationale, et toutes les chances pour lui de trouver de l'argent pour le développer en France. Il m'avait raconté son aventure, et nous l'avions même interviewé chez Bloomberg Télévision. Il était allé voir les investisseurs, sans succès, les pouvoirs publics (y compris les services liés à l'intelligence économique à Matignon), sans succès également.
Personne ne voulait l'accompagner dans son entreprise. Faute de pouvoir avancer en France, il trouva finalement aux Etats-Unis des investisseurs qui l'accueillaient et lui permettaient de continuer son projet. Mais dès la confirmation de son installation aux Etats-Unis, les hauts fonctionnaires de Matignon lui reprochaient de jouer contre la France ! Faire de l'anti-France alors que la France et ses élites avait été incapables de lui permettre de grandir. C'est le même schéma utilisé aujourd'hui.

(Néchin : première photo demeure de G. Depardieu jamais confirmée depuis)
Gérard Depardieu a travaillé toute sa vie, s'il a bénéficié d'aides du cinéma, elles sont légales, il n'a pas volé son argent et il est évident qu'il aurait préféré vivre à Paris qu'à Néchin, malgré tout le respect que nous devons à nos amis belges. Gérard Depardieu a payé ses impôts, il a contribué largement au fonctionnement de l'Etat et de ses services. Nous sommes bien en 2012, la fin du Monde n'a pas eu lieu, mais au fait, avez-vous déjà oublié Serge Gainsbourg, c'était en 1984, oui en mars 1984 déjà !


"Je suis taxé à 74%", dit Serge Gainsbourg, et il brûle son billet de 500 francs.

28 ans, mais 28 ans de quoi au fait ?

28 ans de dépenses publiques, de déficits chroniques, de fiscalité adaptée pour ceux qui en ont déjà assez, de richesse immobilière non productive, et un écrasement des classes moyennes qui n'ont qu'un seul objectif, ne pas sombrer et rejoindre la cohorte des nouveaux pauvres. 28 ans de décentralisation, de régions, de départements, un million de fonctionnaires en plus pour ce fonctionnement.
Sans aucun changement de méthode, nous sommes dans le fameux "Toujours Plus" de François de Closets.
Un système qui a tenu permettant même de 2007 à 2012 de ne pas faire de réformes (cf le soit-disant règlement des retraites avec une loi déjà obsolète en 2012) alors que la crise était là, suivant 10 années d'immobilisme convenant à l'ensemble des intervenants politiques, vivants dans le déni de réalité.

La crise économique rebat les cartes, elle met à mal le système qui s'effondre, la maîtrise de notre destin, nous l'avons donné à des investisseurs internationaux qui comparent désormais notre modèle à celui de nos voisins. Des comités "Theodule", des gabegies connues de tous, mais non il ne faut pas changer, la dernière fois, c'était "Ensemble tout est possible", oui pour quelques-uns, celui de 2012, "le changement c'est maintenant", devenu le changement, on fera le bilan dans 5 ans. Pendant que la France se regarde le nombril et ne change pas de modèle, le Monde tourne.

Alain Afflelou, le dernier à se faire remarquer en allant à Londres et criant que ce n'est pas pour des raisons fiscales, tout en matraquant les ondes de sa publicité pour ses lunettes et ses prothèses auditives, en est presque risible. Il suffit de se renseigner sur la fiscalité d'un entrepreneur, à Londres ou Paris, et la solution est trouvée. Mais c'est son choix, pourquoi devrait-il se justifier ?
Pour Bernard Arnault, nous en avions parlé ici même pour prendre un peu de recul : http://labourseetlavietv.blogspot.fr/2012/09/bernard-arnault-pdg-de-lvmh-soffre-le.html

Ces trois Français dans leur domaine n'ont pas démérité, ils ont leurs qualités et leurs défauts.

Mais pourquoi être patriote en 2012 serait uniquement de faire le sacrifice du travail de toute une vie, alors que les politiques qui se succèdent depuis 1973 ont eux fait du clientélisme, leur seule ligne de conduite, pire que sous la IVème République honnie, en considérant que faire des cadeaux était électoralement bon, sans en mesurer les conséquences. Comme la crise est un révélateur pour les entreprises qui ne sont pas préparées à l'affronter, elle l'est aussi désormais pour les Etats et leurs représentants.

Depuis 2007, la dépense publique improductive a-t-elle considérablement diminuée permettant de redonner de l'air aux entrepreneurs et aux PME par exemple ? Non, le noeud reste là quoi qu'on en dise, aucun politique n'a osé s'attaquer aux "Mammouths" pour libérer les énergies, des énergies qui existent, mais qui peuvent légitimement se demander si cela en vaut la peine ?
Tout le monde sait où l'on pourrait faire des économies, il suffit de lire tous les ans le Rapport de la Cour des Comptes, mais aucun homme politique depuis 30 ans n'a eu le courage de changer de modèle.

Alors pourquoi se crever toute sa vie dans ce pays qui n'aime pas ses enfants, et qui en guise de cadeau de Noël les endette jusqu'au cou, allant même en créant cette bulle immobilière improductive les handicaper au début de leur vie ? 

Ce sont les politiques de droite et de gauche qui ont laissé prospérer un Bernard Tapie qui se permet donc en toute franchise de leur faire un bras d'honneur en 2012, en rachetant des journaux régionaux.

Chacun est libre de ces choix, car à force de parler d'égalité, les inégalités se creusent, mais la liberté, l'envie d'entreprendre est aussi importante. Car c'est elle qui permet à un individu de trouver une idée, de la développer, de s'entourer, de créer des emplois et des richesses. Les énergies existent en France, et ceux qui réussissent sans aides, sans passe-droits, ont du mérite. Ils devraient même recevoir la Légion d'Honneur.

Notre système est à l'image du porte-avions Charles de Gaulle, un beau porte-avions, majestueux, que nous avons payé avec nos impôts mais qui est en cale sèche quand on a besoin de lui. A quand un Etat exemplaire ? Et qui donnerait envie à nos concitoyens d'avancer, d'innover, de réfléchir ensemble à nos forces, dans un monde complexe.
L'Etat c'est comme une entreprise cotée, si le "marketing du titre" est mauvais, l'action est délaissée. Les Français ne croient plus aux solutions proposées par les politiques qui ne changent rien sur le fond, mais diffèrent simplement le calendrier, et sans confiance, pas de croissance, pas d'emplois ... Pas besoin de sortir de l'ENA pour le comprendre, au contraire !

















jeudi 20 décembre 2012

130 ans de cotation : Recylex (Ex Metaleurop) se construit un avenir

par Didier Testot

Recylex vient de fêter ses 130 ans de cotation en Bourse chez NYSE Euronext à Paris.

Un évènement rare, pour une société qui a défrayé la chronique mais que peu de personnes connaissent aujourd'hui.
Si l'on parle de Metaleurop, oui sans doute, certains tendront l'oreille en confirmant qu'ils se souviennent de Metaleurop.
Devenu Recylex le groupe avec plus de 650 collaborateurs est présent en Allemagne, en France (dans le Nord, en Rhône-Alpes et en région parisienne soit 100 emplois au total en France), ainsi qu’en Belgique.
Pas de changement de métier : Recylex est un acteur européen spécialiste du recyclage des batteries automobiles et industrielles au plomb, un déchet dangereux pour l’environnement.
Au total, Recylex recycle et valorise plus de 10 millions de batteries en fin de vie chaque année.
On trouve parmi les autres activités du Groupe le recyclage du polypropylène (5% du chiffre 
d’affaires) et du zinc (20% du chiffre d’affaires) ainsi que la production de métaux spéciaux à 
très haute pureté (5% du chiffre d’affaires).
La société indique dans sa présentation "qu'en novembre 2012, Recylex a réglé la 7ème annuité de son plan de continuation (5,4 millions d’euros) sans un seul défaut de paiement depuis 2005. Le passif de ce plan (d’un montant total d’environ 20,2 millions d’euros au 30 novembre 2012) s’est toutefois considérablement alourdi en 2010 et 2011 suite aux procédures judiciaires à l’encontre de Recylex".
Il reste donc encore des incertitudes, lourdes, ce qui n'empêche pas l'entreprise d'avancer.
C'est une histoire peu banale et aussi la volonté d'un dirigeant Yves Roche ancien de Metaleurop, à qui d'ailleurs j'ai demandé s'il n'était pas un peu "maso" d'avoir accepté ces responsabilités.
Yves Roche Pdg Recylex ©www.labourseetlavie.com

Il faut souhaiter que Recylex puisse sortir de son histoire judiciaire pour se concentrer à 100% sur son activité et exploiter au mieux son savoir-faire pour un métier le recyclage essentiel, pas seulement en France ou en Europe, mais bien aussi dans les pays émergents pour éviter de réitérer les mêmes erreurs.

Comprendre cette histoire, ce passé qui pèse, cet avenir qui s'écrit au jour le jour, ce fût l'objet de mon interview TV avec Recylex et son pdg Yves Roche.

http://www.labourseetlavie.com/videos/l-interview/130-ans-de-cotation-en-bourse-l-interview-d-yves-roche-pdg-de-recylex,1175.html

mercredi 12 décembre 2012

Entreprises : Transformation, Investissement dans des PME, Fiscalité, Financement

par Didier Testot
Quand on parle contenu, économie et entreprises, les dernières vidéos réalisées sur la Web Tv www.labourseetlavie.com illustrent ce qu'un media peut faire, lorsqu'il choisit de traiter certaines sujets d'actualités. Avec une diversité d'interviews, et des sujets qui amènent à réfléchir.

Nicolas Kourim, Fondateur du cabinet de conseil Big Fish est venu débattre et apporter son éclairage sur les entreprises et la crise, et entendre ce qu'il dit sur le manque de différenciation lorsqu'une entreprise ne fait que "réduire les coûts en supprimant des emplois", pas efficace.




Car si tous les concurrents le font, pas d'avantage compétitif.













Nous avons pu aussi parler de l'investissement dans des PME de banlieue. Oui, c'est possible, mais qui s'en soucie ? C'est Mathieu Cornieti, Président de Bac Partenaires qui nous en parle. Là aussi, nous apprenons des choses intéressantes sur des possibilités d'entreprises, et donc d'emplois.





Autre sujet qui a fait l'actualité, la fiscalité des entreprises. Les multinationales utilisent les ficelles de la fiscalité pour "optimiser" leurs charges d'impôts, mais il existe une différence entre cette stratégie et l'évasion fiscale, ce qui n'est pas toujours entendu. Frédéric Donnedieu de Vabres est le Président de Taxand, cabinet spécialisé sur la fiscalité, et il nous répond sur ce sujet qui est devenu Mondial avec la crise, car aux Etats-Unis, en Angleterre où en Europe, les Etats cherchent de nouvelles ressources.



Le financement des entreprises est aussi un sujet majeur, et la crise l'a montré, deux systèmes très différents aux Etats-Unis et en Europe, les solutions ne peuvent pas être identiques, ni la règlementation. Richard Weiss Président du Groupe GTI.





J'avais eu l'occasion il ya 5 ans, avant la grande crise du crédit, d'évoquer ce sujet, titrisation, "shadow banking" et financement des entreprises. Où en sommes-nous aujourd'hui, quels financements ?
Transformation des entreprises, Investissement dans des PME de banlieues, Fiscalité internationale, financement des entreprises, un panel à découvrir sur le nouveau site de la Web Tv www.labourseetlavie.com.