lundi 24 mars 2014

SFR Numericable vs Bouygues Telecom : une équation à une seule inconnue, la position d'Arnaud Montebourg

par Didier Testot.
SFR racheté par Bouygues Telecom ou Numericable, et si la seule inconnue de ce dossier n'était pas finalement la position du Ministre Arnaud Montebourg ?
C'est même un humoriste à qui l'on doit cette question, alors même que la presse économique n'y a vu que du feu !


C'est aujourd'hui la seule question qui mérite d'être posée, puisque non seulement le Ministre a pris position en faveur de Bouygues, et à cet instant précis, je ne peux m'empêcher d'imaginer avec vous la même scène en 2010 :

"Christine Lagarde Ministre de l'Economie en faveur du rachat de SFR par Martin Bouygues"  ou "Le parrain du fils du Président rachète un fleuron de l'économie française"

Imaginez la réaction de l'opposition, "Encore un scandale l'ami de Nicolas Sarkozy achète un fleuron des Telecoms Français".

Une déferlante de cris, sans aucun doute sur ce nouveau scandale d'Etat.

Nous sommes en 2014, nouvelle majorité, un Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, fait tout ce qu'il peut pour que Martin Bouygues puisse reprendre SFR.
Au point même de faire rentrer dans le jeu la Caisse des Dépôts (actionnaire des sociétés du CAC40 comme tout le monde le sait) pour aider un groupe familial privé.
La Caisse des Dépôts bras armé de l'Etat, mais qui dispose d'abord de nos économies. Et les dénégations de Jean-Pierre Jouyet Président de l'AMF inexistant et désormais Président de la CDC, sur son action, ne font rire personne sur la place de Paris, car personne n'y croit un seul instant.

Avant d'en arriver là, il y a eu des questions de personne, pour un fin connaisseur du dossier de l'ordre de l'affectif : Jean-René Fourtou, "vieux Lion des affaires", comme le surnomme un professionnel, qui remarque perfidement qu'il a fait plus d'argent en étant aux commandes de Vivendi que durant toute sa carrière précédente, pourtant déjà longue.
Encore là pour quelques mois, il voulait "marquer son territoire". Il a toujours du mal à envisager de céder la présidence à Vincent Bolloré, désormais seul à pouvoir prétendre à ce titre.

Ces rivalités de personne ont complètement chamboulé l'ordre de choses et le dossier SFR, un observateur averti notant que "Bouygues avait un temps de retard, ils travaillaient pourtant ensemble", et la solution "Bouygues" était la solution Bolloré.

Pour Bolloré, l'introduction en Bourse de SFR aurait rapporté du cash, pour une belle participation.
Avec l'arrivée de Numéricable en "discussions exclusives", même si l'on sait qu'il y a toujours des aménagements, la donne a changé.

Autant Vincent Bolloré voyait dans l'offre de Bouygues l'aspect purement financier c'est à dire le plus d'argent possible mis sur la table, autant il est clair que l'offre de Numéricable amène plus de synergies.

Arrêtons-nous un instant sur ce dossier SFR et "sur le qui veut manger qui" comme ce dessin du Parisien le mentionnait mais avec quelques convictions.
(Dessin paru dans le journal Le Parisien)
Et si l'on met de côté la "baleine" Orange, ce qui saute aux yeux est pourtant simple : Nombre d'abonnés mobile pour Numericable = 0, pour Bouygues Telecom 11,2 millions.

Pas besoin d'avoir fait l'ENA ou Polytechnique pour écrire que la complémentarité est totale entre Numericable et SFR, mais que SFR + Bouygues Telecom aura des conséquences pour l'emploi, car il n'est pas besoin de doubler le nombre de personnes qui s'occupe de clients mobiles.
Ce sont donc deux offres très différentes avec une activité qu'il n'a pas dans le mobile, Numericable complète son offre pour un service "quadrupleplay", alors que le duo SFR + Bouygues lui va dépasser la "baleine" Orange, mais avec une question emploi essentielle.

Alors revenons à notre Ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, il a mis l'emploi en avant, c'est son droit,  mais un spécialiste du secteur vous démontre facilement que la "casse sociale" s'il y en a, viendrait davantage d'un deal SFR - Bouygues,  qui n'aura pas besoin de tout le personnel. A l'inverse Numericable + SFR est une addition sans contraction de personnel.

Côté emploi, il n'y a donc pas photo comme on dit, pourtant Arnaud Montebourg pousse Martin Bouygues comme on l'a vu lui donnant même l'appui de la CDC et en face le "tricheur", le mauvais français de Patrick Drahi, à la tête d'Alice qui contrôle Numericable serait le mouton noir qu'il faut abattre. Le capitalisme Français d'un autre âge se dévoile au Monde entier, il se concentrerait sur quelques mains, avec l'aide d'un Ministre d'Etat.

Pourtant les professionnels du secteur le disent : le réseau téléphone (cuivre) est construit, le mobile, tout y est. 100 ou 1.000 lignes de téléphone ne demandent pas un homme de plus !

On peut comprendre l'intérêt de Martin Bouygues qui me disait lors d'une discussion en juillet 2012 sur les PME françaises "Vous savez Bouygues aussi est une PME", ce qui est exact et encore plus vrai aujourd'hui pour Bouygues Telecom qui n'a pas d'autre choix que d'être offensif ( en amenant aussi dans cette opération François Pinault et la famille Decaux) au risque sinon de se retrouver marginalisé dans ce secteur en recomposition et n'ayant ensuite plus qu'une solution :
se vendre !
Le moindre des paradoxes de la situation est que si Numericable l'emporte, Free de Xavier Niel profiterait de la situation.

La vraie et seule question de ce dossier est bien pourquoi Arnaud Montebourg Ministre du Redressement productif est en faveur du dossier Bouygues.
Comme désormais il suit la Web Tv 


qu'il n'hésite pas à nous dire comment il se retrouve à soutenir Martin Bouygues (BTP, TF1, Bouygues Telecom...) mais qu'il ne parle pas d'emploi, car tous ceux qui ont réfléchi au dossier le savent, ce n'est pas la raison principale.

Le Monde a changé,  je le sais grâce aux entrepreneurs que j'interroge chaque semaine, l'Etat peut-il lui aussi avec son représentant en faire de même ?

Arnaud Montebourg, les investisseurs du Monde entier savent ce que vous faites, ils attendent désormais une vraie explication.


NEWS : Depuis cette semaine, Arnaud Montebourg est devenu Ministre de l'Economie dans le Gouvernement de Manuel Valls.



ALERTE VIVENDI a confirmé ce week-end avoir choisi Altice/Numericable pour le rachat de SFR, laissant Bouygues Telecom seul et Arnaud Montebourg, devenu Ministre de l'économie, avec ses contradictions. Ce dernier n'a pas manqué de réagir, cf son communiqué



dimanche 2 mars 2014

Serge Grzybowski Pdg Icade : "2014 sera l'année de retournement positif pour la Défense" Podcast





Gilles Bogaert Directeur Financier Pernod Ricard "Les marchés matures sont en croissance, on a une belle croissance aux États-Unis"





La crise dans les marchés émergents, le regard des entreprises

par Didier Testot
En ce début d'année,  la crise dans les pays émergents (devises, taux, banques centrales....) a été un nouveau choc qui est venu s'ajouter à celui de l'année 2013, et des variations de devises aussi rapides, sont une contrainte que les entreprises multinationales doivent prendre en compte, sans toujours pouvoir agir sur le moment, mais plus en se développant sur les territoires émergents porteurs dans leurs activités respectives.


Marc Henry Directeur Financier Michelin (www.labourseetlavie.com)
Michelin n'a pu dans son domaine automobile ignorer le boom de la Chine, Pernod Ricard a pu lui être surpris par l'impact plus important que prévu de la réaction des autorités chinoises pour lutter contre la corruption, qui a entrainé par ricochet moins de ventes de spiritueux (notamment le Cognac) dans ce pays.



Bruno Lafont Pdg Lafarge (www.labourseetlavie.com)
Lafarge (spécialiste des matériaux de construction), a vu dans certains pays de vrais bouleversements, même si la demande reste dans ces pays importante, car "vitale".











Et puis c'est désormais une certitude, parler "des pays émergents"  comme un tout est aussi ridicule que de parler des "pays développés" qui sont loin d'avoir le même style de croissance et/ou de politique économique, lors des crises économiques notamment.
Gilles Bogaert Directeur Financier Pernod Ricard (www.labourseetlavie.com)
Il faut donc être plus précis et voir pays par pays ce qui se passe pour l'entreprise concernée, au delà du chiffre global, voir si sa part de marchés reste confortable et/ou si elle peut maintenir ses marges, gage d'investissements futurs.
Au cours des derniers semaines, j'ai pu mesurer l'impact de cette crise dans certains pays émergents sur les comptes des entreprises, mais aussi la réaction de celles-ci sur les différents marchés.

Côté investisseurs, la visibilité, les perspectives ont été aussi importantes voire plus, que ces "yoyos"
de devises et l'impact sur le compte des entreprises.
Ce sera sans doute un point important des prochains mois d'autant que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait dans les prochains mois confirmer sa stratégie, et les flux financiers mondiaux en seront affectés.

Retrouvez de nombreuses vidéos sur ces sujets "pays émergents" : http://www.labourseetlavie.com/recherche.html?q=pays+émergents