lundi 8 février 2010

Temps de cochon sur les marchés financiers

par Didier Testot.
La défiance sur les marchés financiers qui a conduit les indices boursiers aux Etats-Unis comme en Europe et sur les grandes places financières à perdre confiance sur plusieurs séances, peut paraître étonnante.
Si l'on se réfère à la grande majorité des présentations sur les perspectives 2010 des gestionnaires d'actifs, très peu d'entre-eux avaient osé mettre la question de la dette des Etats comme la question centrale pour les marchés financiers en 2010. L'histoire que l'on nous racontait était plutôt de l'ordre de la reprise économique qui allait continuer avec un second semestre tout de même plus difficile car les Etats devraient alors commencer à gérer cette question de la dette.
Certains acteurs des marchés (ou l'on reparle des Hedge funds mais sont-ils tous seuls dans cette aventure, alors que tout le monde devrait savoir aujourd'hui qu'un hedge fund ne vit que si une banque lui prête de l'argent, revoir la crise des subprimes) auraient donc décider de changer le cours de l'histoire de la Bourse en 2010. Le scénario facile mais plausible, premier semestre bon, second plus difficile, scénario majoritaire, commence à sombrer. Evolution des CDS des Etats :
Ce sont les PIGS, Portugal, Irland, Greece, Spain, qui ont refait parler d'eux.

Au point que Claire Chazal reprenant les propos de Christine Lagarde au G7 se mélangeait les pinceaux dans son JT ce Dimanche sur l'interprétation des propos de Mme Lagarde. Voilà en anglais ce qu'elle a dit, citée dans le Wall Street Journal : French Finance Minister Christine Lagarde said the strengthening U.S. dollar against the euro could be a positive development for the European economy. "We always complained about the dollar not being strong enough," Lagarde said. "That is clearly an improvement." Elle ne parlait pas d'un euro fort comme Claire semblait nous le raconter.

Reste que l'attaque est sévère comme souvent sur les marchés, rien n'est écrit d'avance, cela montre seulement que les investisseurs ne sont pas forcément convaincus de leur propre discours sur l'année 2010.

Oui la dette est un problème, les ménages en savent quelque chose, une nouvelle fois c'est donc l'Europe qui doit montrer si elle est capable de faire face,  pour trouver des solutions communes, c'est un test de solidité, mais personne ne sait jusqu'où la solidarité peut jouer. Lorsque des Hedge funds il y a quelques mois pariaient sur la sortie de plusieurs pays de la zone euro, cela faisait sourire les économistes et les stratèges, un peu moins aujourd'hui.


L'Europe a souvent avancé dans des périodes difficiles, elle devra montrer une fois de plus qu'elle existe, avec comme vigie, Jean-Claude Trichet (Photo BCE), le Gouverneur de la Banque Centrale Européenne, l'un des rares que peuvent craindre les "pures spéculateurs", et qui à propos de la Grèce, "continue to monitor closely the implementation of these stability measures." (Wall Street Journal).

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