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mercredi 13 novembre 2013

La Bourse aime François Hollande

par Didier Testot.
Si le Président de la République François Hollande n'arrive pas à remonter dans les sondages d'opinion, confronté à une crise de défiance sans précédent dans la Vème République, un an et demi après son élection, retrouver la confiance est donc son challenge, rien ne dit qu'il n'y arrivera pas, mais en attendant la situation est bloquée et la France ne peut avancer dans ce contexte.

En France, pourtant, comme en 1981, certains sont très discrets, on ne le voit pas avec des bonnets rouges, ni des écharpes roses, encore moins avec des drapeaux de syndicats, ils ont décidé de rester chez eux, discrets jusqu'à la fin de ce quinquennat. En 1981 déjà , cela leur avait pas mal réussi cf l'article consacré dans ce blog à ce sujet en 2012 (http://labourseetlavietv.blogspot.fr/2012/06/la-bourse-et-les-valeurs-hollandaises.html), avec "Miterrand's Millions, et la tenue des marchés financiers de 1981 à 1995, l'âge d'or pour les boursiers.

Oui ce sont eux les discrets, la France silencieuse, elle regarde son patrimoine progresser et depuis mai 2012, le CAC40 est donc passé tranquillement de 3.000 points environ à plus de 4.000 points, alors même que la France n'a cessé de connaître des conflits sociaux plus durs les uns que les autres, et que la hausse des impôts, la pression fiscale, est devenue le sujet de préoccupations numéro un !

Les valeurs hollandaises dont on parlait en 2012 se portent bien, et il est fort possible que la Bourse connaisse dans les prochains mois encore une "bonne" performance, pour les marchés actions.
Alors même que la situation sociale, politique, se tend, les détenteurs de patrimoine financier et notamment en actions françaises ne se plaignent pas, on les comprend !

"Bérégovoy : 5 ans on a gagné bcp d'argent
Jospin, le CAC a triplé !
Sarkozy, le CAC divisé par deux !
Avec Hollande on va gagner de l'argent parce qu'ils (les socialistes) ont besoin des marchés financiers", nous disait Christian Cambier (Gérant Prigest), à 4mn dans cette vidéo

(http://www.labourseetlavie.com/videos/bourse-et-marches-avis-d-experts/christian-cambier-gerant-prigest,942.html)

lundi 25 janvier 2010

Henri Proglio : Cacophonie dans le CAC40

par Didier Testot.

Plus les jours passent et plus Henri Proglio Pdg d'EDF et encore Président du Conseil d'administration de Veolia au moment ou j'écris ces lignes, devient un homme sympathique. Le déchainement médiatique alimenté par les déclarations multiples des Ministres, de l'Opposition et de tous ceux qui ont soit disant un avis sur la question, est surréaliste. Ce matin Henri Proglio semble lâché par tous : la presse nationale vue par Arrêts sur Images

Tout avait commencé dans le calme pourtant le 25 novembre 2009 si l'on s'en tient seulement à la chronologie et pas aux rumeurs puis confirmation qu'Henri Proglio ne pouvait pas refuser le poste de Pdg d'EDF, Pierre Gadonneix s'étant "cramé" en juillet en annonçant qu'il fallait "augmenter de 20% les prix de l'électricité en trois ans" (La Tribune du 9 juillet 2009), et ce en pleine crise économique et financière. A la question de La Tribune : Quelle hausse des tarifs jugez-vous nécessaire ?, la réponse de Pierre Gadonneix paraissait limpide, mais politiquement inadmissible "Un rattrapage est nécessaire. Depuis 25 ans, si nous avions ne serait-ce que répercuté l'inflation, les prix seraient 40 % supérieurs. Or, aujourd'hui, nous avons relancé l'investissement en France pour pérenniser notre patrimoine industriel. Pour poursuivre cet effort sans accroître la dette, l'écart à combler est de 20 %. Il pourrait être étalé par exemple sur trois ans". Le Gouvernement ayant refusé cette stratégie choisit donc de changer le capitaine d'EDF plus rapidement que prévu et fit appel à Henri Proglio, Pdg inconnu du grand public jusqu'alors, mais l'une des figures du CAC40, patron de Veolia Environnement. Un homme au caractère bien trempé et qui lorsqu'il rencontre des journalistes n'hésite pas à dire "tout le bien" qu'il pense de ses concurrents dont certains également Pdgs du CAC40. Quand il n'aime pas, il le dit !

(Photo Le Figaro)

Le Gouvernement trancha donc pour Henri Proglio mais ce communiqué du 25 novembre semble aujourd'hui improbable : "Paris, le 25 novembre 2009. M. Henri Proglio a été nommé Président-Directeur Général d’EDF par décret en conseil des ministres. L’évolution annoncée de la gouvernance de Veolia Environnement est confirmée et les nominations suivantes, décidées par le conseil d’administration de Veolia Environnement du 2 novembre 2009 prennent effet à la date de publication de ce décret : - M. Henri Proglio exerce les fonctions de Président du conseil d’administration, - M. Louis Schweitzer est désigné Vice-président du conseil d’administration, - M. Antoine Frérot est nommé Directeur Général."
A l'époque, tout le monde, le Gouvernement en tête, trouva tout à fait normal que le Pdg de Veolia garde la main ou du moins un oeil averti sur "sa maison" ex-Générale des Eaux depuis 38 ans. En a-t-il fait trop dans ses premières déclarations sur la stratégie d' EDF, voulant incarner la nouvelle stratégie nationale notamment dans le nucléaire au détriment d'Areva ?

Son principal soutien initial, le Président de la République Nicolas Sarkozy, n'a pas vu venir la "Bronca" nationale, doit-on ajouter, pré-électorale, qui a valu une avalanche d'articles de presse dont Henri Proglio se serait bien passé.

Soutenu par les Ministres, puis "descendu" rapidement par ces mêmes Ministres quand l'heure de la fin de la récréation fut sonnée, Henri Proglio fin stratège a dû se rendre à l'évidence, il ne pouvait plus justifier sa rémunération de 450.000 euros chez Veolia, ridiculisant par la même ceux qui lui avaient accordé (Daniel Bouton ex Pdg de la Générale, Louis Schweitzer ex Pdg de Renault notamment...)
Le soutien gouvernemental à un Pdg "cumulard", bien payé, bénéficiant d'une confortable retraite chapeau, n'a pas tenu la distance. Mais ce n'est pas Henri Proglio qui doit être surpris de ce lâchage en rase campagne, il connaît trop bien les politiques à la tête d'un groupe dont les relations avec les politiques sont constantes depuis sa création.

Mais à force de s'acharner sur l'homme qui a accepté d'être Pdg d'EDF, avec sans aucun doute une vision stratégique pour l'un des plus grands groupes mondiaux du secteur, Henri Proglio redevient presque sympathique, car l'excès d'un côté comme de l'autre ne favorise aucunement le vrai débat.

S'il restait chez Veolia, les actionnaires doivent savoir pourquoi ? S'il envisage des synergies ou des opérations de rapprochement, comment l'intérêt des actionnaires sera-t-il préservé ? S'il devient seulement Pdg d'EDF, les actionnaires pourraient alors penser à juste titre qu'il les défendra mieux pour faire grandir et réussir les futurs développements du groupe. Oui les actionnaires ont droit au respect. Ils ont investi dans un groupe ou l'Etat reste fortement présent, et toute nomination et évolution stratégique les concerne. L'Etat n'est pas le seul actionnaire, peut-il l'admettre ?

Ces questions de rémunérations et de gouvernance, semblaient avec la crise économique et financière constituer un axe clé de la nouvelle régulation économique, il n'en est rien.

Le CAC 40 et ses entreprises publiques ou privés proches d'une manière ou d'une autre de l'Etat resteront la cible d'une gestion cahoteuse, car politique des dossiers. Pendant que l'on se perd dans les "petites" stratégies, les groupes français échouent à l'international, car incapables de s'entendre et de s'unir face à des Coréens.
Un comble, mais qui n'est pas neutre en termes d'image. Si l'on veut incarner une politique industrielle à la Japonaise ou à l'Américaine, voire Chinoise désormais, il faut faire preuve d'intelligence et y mettre tous les moyens pour un même objectif, prendre une place plus large dans la bataille économique qui est en cours. On peut l'espérer à défaut d'y croire vu l'étalage fait avec Henri Proglio.

A qui le tour ?

Pour finir, j'aurais dû commencer par là : Quand on cherche Henri Proglio sur le moteur Google, voici ce qu'on y trouve : Pdg du CAC40, un dur métier !

vendredi 19 juin 2009

EDF Final Terms

par Didier Testot
Lorsqu'on souhaite souscrire à l'emprunt EDF dont vous avez entendu parler, voici ce qui est appelé une information importante, en gras les éléments qui m'ont apparu en décalage avec les recommandations les plus élémentaires de la transparence financière pour un investissement officiellement destiné à des investisseurs particuliers français :
"Les conditions et modalités de l’émission sont définies dans le Prospectus composé du Prospectus de Base en langue anglaise (intégrant un résumé en langue française) daté du 18 mai 2009 et visé par l’Autorité des marchés financiers sous le n° 09-151 en date du 18 mai 2009 et des conditions définitives de l’opération en langue anglaise (Final Terms) en date du 27 mai 2009. Le Prospectus de Base et les conditions définitives de l’opération sont disponibles sur le site internet de l’Autorité des marchés financiers (www.amf-france.org) et sur le site internet de l’Emetteur (www.edf.com). Ils peuvent également être obtenus gratuitement auprès d’EDF, 22-30, avenue de Wagram, 75008 Paris. L’attention du public est attirée sur les facteurs de risque mentionnés dans le Prospectus de Base et le résumé en langue française.
Les investisseurs sont invités à obtenir des informations auprès de leurs intermédiaires au sujet des droits de garde et frais de négociation qui pourront leur être éventuellement appliqués dans le cadre de la souscription des Obligations visées dans ce document. Le prix de revente est
principalement fonction de l’évolution des marchés de taux, du risque de signature de l’Emetteur et de l’existence d’un marché secondaire tels que décrits dans les facteurs de risque mentionnés dans le Prospectus de Base."
Tout est dit sur le peu de cas que l'on fait des particuliers qui doivent donc se "taper" le Prospectus de Base en anglais.
Sachant que d'après un gérant bien informé, les investisseurs institutionnels, alias les "zinzins", et qui parlent couramment l'anglais eux, sont "très" intéressés par cet emprunt, fallait-il vraiment insister lourdement sur le fait qu'il s'adressait aux particuliers. A méditer.
Bon week-end.

mercredi 17 juin 2009

EDF et les "Risk factors" où sont les leçons de la crise ?

par Didier Testot

L'emprunt EDF c'est un peu comme la finale de la Coupe du Monde de foot avec la France, même ceux qui s'intéressaient pas au football en ont entendu parler. Pour EDF , la publicité radio, télé, presse, internet...viendra vous convaincre que c'est l'événement en Bourse du moment. Et certains confrères qui présentent les "news" toutes les 15 minutes y vont de leur lancement vendeur : "de l'argent bloqué mais sûr".

Qu'en savent-ils ? Un rédacteur en chef compétent c'est-à-dire ayant un minimum de notions sur le fonctionnement de la Bourse et/ou des marchés a-t-il relu ce lancement ? On en doute, par contre le présentateur suivant aura à coeur de reprendre "de l'argent bloqué mais sûr". En boucle, toute la journée, voire toute la nuit pour les insomniaques.

Je croyais que la crise était passé par là, placement boursier, EDF ou pas, doit signifier prudence et explications.

C'est logique qu'EDF y consacre beaucoup d'énergie, avec un site dédié à cet emprunt obligataire ; dans une période où les entreprises cherchent des capitaux. Il est vrai que le succès de l'opération est aussi crucial pour les marchés financiers car il pourrait donner des idées à d'autres entreprises.

EDF a un avantage que les autres n'ont pas, elle fait encore partie du patrimoine national et ce genre d'annonce reste donc symbolique.

Pourtant le premier réflexe des investisseurs et des commentateurs devrait être un rappel des règles d'investissement. Crise financière et économique oblige, signer les yeux fermés chez son intermédiaire financier serait répéter les erreurs de ceux qui ont cru que le rendement n'avait pas son corollaire le risque.

Les articles de presse déjà publiés dont la tonalité est plutôt positive insistent sur la rémunération de 4,5% pendant 5 ans sur des obligations d'un prix de 1.000 euros. Le premier réflexe de l'investisseur à qui EDF demande de l'argent devrait être évident :

Ais-je besoin d'épargner sur une période de 5 ans ? Si j'achète, est-ce que je vais garder les obligations 5 ans, pourrais-je les garder 5 ans ? Aurais-je besoin de cet argent plus tôt ? Quelles sont les conséquences de cet achat sur mon patrimoine financier ? Sera-t-il assez diversifié après cette opération ? Questions essentielles et non exhaustives. Rappeler à l'investisseur qui envisage de constituer un patrimoine financier qu'il ne peut pas être constitué uniquement d'obligations EDF devrait aussi aller de soi.

C'est en toute connaissance de cause que l'on doit investir en tenant compte de sa situation patrimoine personnelle et pas de ce que dit tel ou tel journaliste, spécialiste... Investir c'est un acte individuel et qui a des conséquences. En matière d'obligations, les spécialistes que je connais m'indiquent aussi qu'ils ont trouvé chez d'autres sociétés des rendements supérieurs sur la même période. C'est donc tout cela qu'il faut prendre en compte.

Au-delà de ces réflexions, à la fin des publicités audio et TV on ne peut le manquer même si souvent la voix s'accélère nous sommes invités à lire "les facteurs de risques...disponibles dans le prospectus AMF"...

Et là surprise, l'un des documents disponibles en dehors des éléments fournis par EDF commence par cette phrase : "Under the Euro Medium Term Note Programme described in this Base Prospectus (the "Programme"), Electricité de France (the "Issuer" or "EDF" or "Electricité de France"), subject to compliance with all relevant laws, regulations and directives, may from time to time issue Euro Medium Term Notes (the "Notes") to qualified investors and the public in France or in any other Member State of the European Economic Area ("EEA") where this Base Prospectus has been notified to the competent authority in that Member State in accordance with the Directive 2003/71/EC of 4 November 2003 on the prospectus to be published when securities are offered to the public or admitted to trading (the "Prospectus Directive"). The aggregate nominal amount of Notes outstanding will not at any time exceed Euro 16,000,000,000 (or the equivalent in other currencies at the date of issue of any Notes)..." Du jargon administratif pas vraiment informatif.

Faut-il aller jusqu'à lire les fameux facteurs de risques entendus à la radio ?

L'AMF, le gendarme de la Bourse français nous propose un résumé en français du prospectus rédigé en anglais et du coup, de la page 33 à la page 65 tous les facteurs de risques sont devenus des "risks factors", les investisseurs sont invités à les lire en anglais, pour un produit qui s'adresse au public français ? Cherchez l'erreur !

En anglais, l'investisseur averti lira parmi les principaux risques liés aux futures provisions pour le démantèlement des centrales, cela donne "The EDF Group cannot guarantee that the provisions made will be sufficient. Their insufficiency would have a negative impact on the EDF Group’s financial results and financial situation" (page 55, faut avoir du temps et l'envie d'aller jusque-là).

La logique voudrait pourtant que l'on lise d'abord les facteurs de risques, qu'on en pèse le pour et le contre, ensuite on voit si l'on comprend ces produits, une obligation n'est pas une action. EDF d'ailleurs donne sur son site les grandes lignes de ce que représente une obligation.

Finalement peut-on dire que la crise a changé quelque chose à l'offre de produits financiers, cette fois-ci une obligation EDF estampillée 4,5% ?

A ce stade, je ne vois pas de différence pour l'investisseur particulier. Ceux qui pensent que la crise ne changera rien au mode de commercialisation des produits financiers viennent de marquer "one point" comme on dit en anglais à l'Eurovision.

La Bourse de Paris sous le coup des fonds vautours

par Didier Testot La Bourse de Paris sous le coup des fonds vautours, plus de 60 sociétés concernées, des financements qui n'ont jamais...