jeudi 27 décembre 2012

Patriot Act en France : Les lunettes d'Alain Afflelou, le talent de Gérard Depardieu, le luxe de Bernard Arnault

par Didier Testot
Sortie de crise, fuite des cerveaux, en période de crise économique sévère, on entend tout et son contraire. Beaucoup d'acteurs du jeu politique et économique naviguent à vue, alors il est beaucoup plus facile de trouver des boucs émissaires. La crise financière, économique et sociale, avait déjà mis au banc des accusés lors de la campagne présidentielle, les immigrés, et voilà donc que la fuite de personnalités intrigue et permet de flatter les bas instincts.
Le "riche" Depardieu ose quitter le pays alors que la France lui aurait tout donné, comme si nous étions dans un pays totalitaire qui fait le "bien" de ses sujets.
L'immigré, le riche, ou celui qui a réussi, le vilain investisseur qui met de l'argent dans une entreprise, pour en gagner encore plus, alors même que personne d'autre n'irait risquer ce même argent.
La société française cherche des coupables à son pessimisme destructeur, à son habitude de tout demander des solutions à l'Etat dont les politiques ont pour maladie congénitale de lui confirmer que sans l'Etat, le citoyen n'est rien.
La France a le pire des deux systèmes, ni totalement capitaliste (à l'origine le libéralisme est une invention française du 18ème Siècle, bien vite oubliée), ni totalement soviétique, mais avec des "Mammouths" qui en ont les mêmes tares.
En 2012, la grande réforme fiscale fait "pschit", et au lieu de rassurer les agents économiques privés, elles les figent, car le pire n'est peut-être pas passé. Les derniers chiffres de l'INSEE avec les commentaires du FMI sur le déficit public de 3% ne font que renforcer l'idée que malgré le "choc" de compétitivité, rien n'est réglé.

Nous en avions parlé bien avant que cela commence à entrer dans le débat avec Véronique Riches-Flores, économiste indépendante (http://www.labourseetlavie.com/videos//analystes-et-economistes//interview-de-veronique-riches-flores-economiste-et-fondatrice-de-richesfloresresearch,1109.html)

L'aventure de Gérard Depardieu me fait penser à cet entrepreneur rencontré il y a dix ans. Il était spécialiste de la propulsion dans le domaine du spatial. Autant dire un sujet patriotique, bien Français, avec un enjeu de sécurité nationale, et toutes les chances pour lui de trouver de l'argent pour le développer en France. Il m'avait raconté son aventure, et nous l'avions même interviewé chez Bloomberg Télévision. Il était allé voir les investisseurs, sans succès, les pouvoirs publics (y compris les services liés à l'intelligence économique à Matignon), sans succès également.
Personne ne voulait l'accompagner dans son entreprise. Faute de pouvoir avancer en France, il trouva finalement aux Etats-Unis des investisseurs qui l'accueillaient et lui permettaient de continuer son projet. Mais dès la confirmation de son installation aux Etats-Unis, les hauts fonctionnaires de Matignon lui reprochaient de jouer contre la France ! Faire de l'anti-France alors que la France et ses élites avait été incapables de lui permettre de grandir. C'est le même schéma utilisé aujourd'hui.

(Néchin : première photo demeure de G. Depardieu jamais confirmée depuis)
Gérard Depardieu a travaillé toute sa vie, s'il a bénéficié d'aides du cinéma, elles sont légales, il n'a pas volé son argent et il est évident qu'il aurait préféré vivre à Paris qu'à Néchin, malgré tout le respect que nous devons à nos amis belges. Gérard Depardieu a payé ses impôts, il a contribué largement au fonctionnement de l'Etat et de ses services. Nous sommes bien en 2012, la fin du Monde n'a pas eu lieu, mais au fait, avez-vous déjà oublié Serge Gainsbourg, c'était en 1984, oui en mars 1984 déjà !


"Je suis taxé à 74%", dit Serge Gainsbourg, et il brûle son billet de 500 francs.

28 ans, mais 28 ans de quoi au fait ?

28 ans de dépenses publiques, de déficits chroniques, de fiscalité adaptée pour ceux qui en ont déjà assez, de richesse immobilière non productive, et un écrasement des classes moyennes qui n'ont qu'un seul objectif, ne pas sombrer et rejoindre la cohorte des nouveaux pauvres. 28 ans de décentralisation, de régions, de départements, un million de fonctionnaires en plus pour ce fonctionnement.
Sans aucun changement de méthode, nous sommes dans le fameux "Toujours Plus" de François de Closets.
Un système qui a tenu permettant même de 2007 à 2012 de ne pas faire de réformes (cf le soit-disant règlement des retraites avec une loi déjà obsolète en 2012) alors que la crise était là, suivant 10 années d'immobilisme convenant à l'ensemble des intervenants politiques, vivants dans le déni de réalité.

La crise économique rebat les cartes, elle met à mal le système qui s'effondre, la maîtrise de notre destin, nous l'avons donné à des investisseurs internationaux qui comparent désormais notre modèle à celui de nos voisins. Des comités "Theodule", des gabegies connues de tous, mais non il ne faut pas changer, la dernière fois, c'était "Ensemble tout est possible", oui pour quelques-uns, celui de 2012, "le changement c'est maintenant", devenu le changement, on fera le bilan dans 5 ans. Pendant que la France se regarde le nombril et ne change pas de modèle, le Monde tourne.

Alain Afflelou, le dernier à se faire remarquer en allant à Londres et criant que ce n'est pas pour des raisons fiscales, tout en matraquant les ondes de sa publicité pour ses lunettes et ses prothèses auditives, en est presque risible. Il suffit de se renseigner sur la fiscalité d'un entrepreneur, à Londres ou Paris, et la solution est trouvée. Mais c'est son choix, pourquoi devrait-il se justifier ?
Pour Bernard Arnault, nous en avions parlé ici même pour prendre un peu de recul : http://labourseetlavietv.blogspot.fr/2012/09/bernard-arnault-pdg-de-lvmh-soffre-le.html

Ces trois Français dans leur domaine n'ont pas démérité, ils ont leurs qualités et leurs défauts.

Mais pourquoi être patriote en 2012 serait uniquement de faire le sacrifice du travail de toute une vie, alors que les politiques qui se succèdent depuis 1973 ont eux fait du clientélisme, leur seule ligne de conduite, pire que sous la IVème République honnie, en considérant que faire des cadeaux était électoralement bon, sans en mesurer les conséquences. Comme la crise est un révélateur pour les entreprises qui ne sont pas préparées à l'affronter, elle l'est aussi désormais pour les Etats et leurs représentants.

Depuis 2007, la dépense publique improductive a-t-elle considérablement diminuée permettant de redonner de l'air aux entrepreneurs et aux PME par exemple ? Non, le noeud reste là quoi qu'on en dise, aucun politique n'a osé s'attaquer aux "Mammouths" pour libérer les énergies, des énergies qui existent, mais qui peuvent légitimement se demander si cela en vaut la peine ?
Tout le monde sait où l'on pourrait faire des économies, il suffit de lire tous les ans le Rapport de la Cour des Comptes, mais aucun homme politique depuis 30 ans n'a eu le courage de changer de modèle.

Alors pourquoi se crever toute sa vie dans ce pays qui n'aime pas ses enfants, et qui en guise de cadeau de Noël les endette jusqu'au cou, allant même en créant cette bulle immobilière improductive les handicaper au début de leur vie ? 

Ce sont les politiques de droite et de gauche qui ont laissé prospérer un Bernard Tapie qui se permet donc en toute franchise de leur faire un bras d'honneur en 2012, en rachetant des journaux régionaux.

Chacun est libre de ces choix, car à force de parler d'égalité, les inégalités se creusent, mais la liberté, l'envie d'entreprendre est aussi importante. Car c'est elle qui permet à un individu de trouver une idée, de la développer, de s'entourer, de créer des emplois et des richesses. Les énergies existent en France, et ceux qui réussissent sans aides, sans passe-droits, ont du mérite. Ils devraient même recevoir la Légion d'Honneur.

Notre système est à l'image du porte-avions Charles de Gaulle, un beau porte-avions, majestueux, que nous avons payé avec nos impôts mais qui est en cale sèche quand on a besoin de lui. A quand un Etat exemplaire ? Et qui donnerait envie à nos concitoyens d'avancer, d'innover, de réfléchir ensemble à nos forces, dans un monde complexe.
L'Etat c'est comme une entreprise cotée, si le "marketing du titre" est mauvais, l'action est délaissée. Les Français ne croient plus aux solutions proposées par les politiques qui ne changent rien sur le fond, mais diffèrent simplement le calendrier, et sans confiance, pas de croissance, pas d'emplois ... Pas besoin de sortir de l'ENA pour le comprendre, au contraire !

















jeudi 20 décembre 2012

130 ans de cotation : Recylex (Ex Metaleurop) se construit un avenir

par Didier Testot

Recylex vient de fêter ses 130 ans de cotation en Bourse chez NYSE Euronext à Paris.

Un évènement rare, pour une société qui a défrayé la chronique mais que peu de personnes connaissent aujourd'hui.
Si l'on parle de Metaleurop, oui sans doute, certains tendront l'oreille en confirmant qu'ils se souviennent de Metaleurop.
Devenu Recylex le groupe avec plus de 650 collaborateurs est présent en Allemagne, en France (dans le Nord, en Rhône-Alpes et en région parisienne soit 100 emplois au total en France), ainsi qu’en Belgique.
Pas de changement de métier : Recylex est un acteur européen spécialiste du recyclage des batteries automobiles et industrielles au plomb, un déchet dangereux pour l’environnement.
Au total, Recylex recycle et valorise plus de 10 millions de batteries en fin de vie chaque année.
On trouve parmi les autres activités du Groupe le recyclage du polypropylène (5% du chiffre 
d’affaires) et du zinc (20% du chiffre d’affaires) ainsi que la production de métaux spéciaux à 
très haute pureté (5% du chiffre d’affaires).
La société indique dans sa présentation "qu'en novembre 2012, Recylex a réglé la 7ème annuité de son plan de continuation (5,4 millions d’euros) sans un seul défaut de paiement depuis 2005. Le passif de ce plan (d’un montant total d’environ 20,2 millions d’euros au 30 novembre 2012) s’est toutefois considérablement alourdi en 2010 et 2011 suite aux procédures judiciaires à l’encontre de Recylex".
Il reste donc encore des incertitudes, lourdes, ce qui n'empêche pas l'entreprise d'avancer.
C'est une histoire peu banale et aussi la volonté d'un dirigeant Yves Roche ancien de Metaleurop, à qui d'ailleurs j'ai demandé s'il n'était pas un peu "maso" d'avoir accepté ces responsabilités.
Yves Roche Pdg Recylex ©www.labourseetlavie.com

Il faut souhaiter que Recylex puisse sortir de son histoire judiciaire pour se concentrer à 100% sur son activité et exploiter au mieux son savoir-faire pour un métier le recyclage essentiel, pas seulement en France ou en Europe, mais bien aussi dans les pays émergents pour éviter de réitérer les mêmes erreurs.

Comprendre cette histoire, ce passé qui pèse, cet avenir qui s'écrit au jour le jour, ce fût l'objet de mon interview TV avec Recylex et son pdg Yves Roche.

http://www.labourseetlavie.com/videos/l-interview/130-ans-de-cotation-en-bourse-l-interview-d-yves-roche-pdg-de-recylex,1175.html

mercredi 12 décembre 2012

Entreprises : Transformation, Investissement dans des PME, Fiscalité, Financement

par Didier Testot
Quand on parle contenu, économie et entreprises, les dernières vidéos réalisées sur la Web Tv www.labourseetlavie.com illustrent ce qu'un media peut faire, lorsqu'il choisit de traiter certaines sujets d'actualités. Avec une diversité d'interviews, et des sujets qui amènent à réfléchir.

Nicolas Kourim, Fondateur du cabinet de conseil Big Fish est venu débattre et apporter son éclairage sur les entreprises et la crise, et entendre ce qu'il dit sur le manque de différenciation lorsqu'une entreprise ne fait que "réduire les coûts en supprimant des emplois", pas efficace.




Car si tous les concurrents le font, pas d'avantage compétitif.













Nous avons pu aussi parler de l'investissement dans des PME de banlieue. Oui, c'est possible, mais qui s'en soucie ? C'est Mathieu Cornieti, Président de Bac Partenaires qui nous en parle. Là aussi, nous apprenons des choses intéressantes sur des possibilités d'entreprises, et donc d'emplois.





Autre sujet qui a fait l'actualité, la fiscalité des entreprises. Les multinationales utilisent les ficelles de la fiscalité pour "optimiser" leurs charges d'impôts, mais il existe une différence entre cette stratégie et l'évasion fiscale, ce qui n'est pas toujours entendu. Frédéric Donnedieu de Vabres est le Président de Taxand, cabinet spécialisé sur la fiscalité, et il nous répond sur ce sujet qui est devenu Mondial avec la crise, car aux Etats-Unis, en Angleterre où en Europe, les Etats cherchent de nouvelles ressources.



Le financement des entreprises est aussi un sujet majeur, et la crise l'a montré, deux systèmes très différents aux Etats-Unis et en Europe, les solutions ne peuvent pas être identiques, ni la règlementation. Richard Weiss Président du Groupe GTI.





J'avais eu l'occasion il ya 5 ans, avant la grande crise du crédit, d'évoquer ce sujet, titrisation, "shadow banking" et financement des entreprises. Où en sommes-nous aujourd'hui, quels financements ?
Transformation des entreprises, Investissement dans des PME de banlieues, Fiscalité internationale, financement des entreprises, un panel à découvrir sur le nouveau site de la Web Tv www.labourseetlavie.com.


vendredi 30 novembre 2012

Web Tv www.labourseetlavie.com : un nouveau site, l'économie à portée de clics

par Didier Testot.
Un nouveau site, une nouvelle Web Tv qui porte bien son nom www.labourseetlavie.com, c'est le cas depuis quelques jours, et c'est un nouveau site qui en dit long sur une volonté d'un pure player online.
Edité par LA BOURSE ET LA VIE TV, la Web Tv www.labourseetlavie.com est désormais venu s'installer dans le paysage des medias en ligne, reconnu pour sa manière particulière d'aborder l'information économique, sans préjugés, sans caricatures, avec attention, pour délivrer à tous, non pas une information commentée, voire déformée à plaisir, mais une diversité d'interviews TV, qui lui donne son caractère unique.
Dans le paysage médiatique, on le sait, le contenu, se retrouve avec un habillage différent, chez les uns et les autres, mais la source reste la même : les agences de presse, les autres medias....
Il suffit de prendre les journaux du matin et de voir ce que les radios en disent, et le journal de 13h, l'information est comme cela depuis longtemps, mais internet a changé la donne.
Le consommateur n'attend plus 13h ou 20h, toute la journée, il a de l'information, selon ses goûts, selon ses choix.
Ce fut le pari initial de la Web Tv qui a décidé de produire l'ensemble de ces contenus, de les éditer, et de proposer également des formats inédits sur le Web, des débats économiques, des émissions spéciales du la Mondialisation, à chaque fois, non seulement pour avancer, mais aussi pour montrer un savoir-faire, dans un environnement  compliqué (crise financière de 2008, crise publicitaire, crise de modèle économique...) qu'il a fallu affronter et décrypter, afin de trouver les solutions d'un business model à confirmer. Le nouveau site est une invitation à visionner les vidéos à la demande (VOD).
Souvent, j'ai pu lire des articles de spécialistes des medias, notamment américains, mettant en avant la théorie du "Content is King", car le Web et la Tv ne sont plus si éloignés. C'est évident depuis longtemps, mais cela n'est intégré que depuis peu finalement par de nombreux acteurs. Et le travail "d'évangélisation" des annonceurs, des marques, des entreprises, est encore à faire. Peu sont au fait du changement de Monde numérique.
Le journaliste que je reste n'est plus le premier informé à la maison, même si avec Twitter, je peux encore garder un petit avantage, mais globalement, la donne n'est plus la même.
Dans le domaine des informations économiques, le passage au numérique s'est fait dans la douleur, et à coups de fusion de journaux papiers, voire de disparition pure et simple.
Parier dès le départ sur la Web TV était une gageure, nous n'étions plus au début des années 2000 certes, mais ce qui n'était pas prévisible, crise financière et mondiale, est peut-être paradoxalement un atout. Car aujourd'hui les consommateurs veulent pouvoir disposer de cette information de qualité, via les supports qu'ils utilisent, smartphones, tablettes, et plus seulement sur le PC du bureau.
Et non seulement l'information est disponible, mais autre phénomène marquant, elle se partage, ce fut le cas récemment d'une vidéo dont j'ai parlé ici-même avec Françoise Gri, Présidente de ManpowerGroup France et Europe du Sud .
Le pari de ce nouveau media était de dire, que sur l'économie, les quotidiens nous donnaient peu de recul par rapport à l'actualité, et couvraient peu ou prou les mêmes sujets. Quant à la TV, elle préférait la caricature, les préjugés sur les dirigeants d'entreprises, plutôt que la compréhension de l'économie. A part le secteur de la distribution et la guerre en Leclerc et Carrefour, on restait sur sa faim.

Depuis 2009, date du 1er site, il a fallu aussi jongler dans le domaine de la vidéo, si présente aujourd'hui, mais qui a dû aussi s'adapter, et le nouveau site en donne un premier aperçu, avec de nouveaux formats de vidéos. La Web TV, se fait encore plus TV. N'est-ce pas là l'avenir, car le Web et la Tv sont liés, et on voit bien qu'il s'agit d'un bataille d'écran. Que va-t-on mettre dans ses tuyaux qui aboutissent sur des écrans : tablettes, web, tv, c'est bien de cela qu'il s'agit.
Selon que le consommateur est chez lui, dans le TGV, dans un aéroport, à son bureau, la mobilité s'est installée, et il faut y répondre.
C'est donc avec plaisir que je vous invite à découvrir ce nouveau site, des vidéos, des podcasts également, autre manière de pouvoir accéder à ce contenu, des rubriques, et du contenu différent qui permet au visiteur de s'intéresser au débat sur la fiscalité des entreprises multinationales, l'investissement dans les PME de banlieues, la gestion de taux, comme la stratégie de la société Lafuma...
Revoir les débats sur la Mondialisation, au moment ou l'on parle de l'Acier à Florange est aussi instructif.
Bref, c'est l'économie à portée de clics, pour les profanes comme pour les professionnels, mais si l'on parle aujourd'hui de Web Tv, c'est que prochainement, l'on parlera ici de TV, et une boucle sera bouclée, pour un nouveau départ. C'est la vraie révolution internet, un acteur comme LA BOURSE ET LA VIE TV  a pu créer un media de A à Z, sur le Web, avec un objectif la TV, à suivre !
Bonne visite et partager, c'est finalement dans cette période de crise, le meilleur service à rendre à ceux qui ont ou auront besoin de cette information.







mardi 20 novembre 2012

Femme et Patron : la place des femmes dans l'entreprise

par Didier Testot.
C'est en lisant le livre de Françoise Gri Présidente de Manpower Group France et Europe du Sud que j'ai réalisé une nouvelle fois l'archaïsme de la société française. Longtemps en avance au 18ème Siècle notamment, c'est en 1972 qu'elle parle d'égalité salariale, sous Georges Pompidou, ce qui en 2012, 40 ans après n'est toujours pas un sujet réglé, 40 ans c'est énorme !
Françoise Gri raconte dans "Women Power Femme et Patron" aux éditions du Rocher, son parcours de femme dirigeante, et elle donne surtout des conseils basés sur son expérience.
On s'aperçoit au fil des pages qu'au delà des questions culturelles, éducatives, sociales, les femmes n'ont plus d'autres choix que d'oser. Oser aller plus haut ! Ne pas croire qu'elles ne peuvent pas assumer leur carrière professionnelle et leur place dans leur famille.

http://www.labourseetlavie.com/videos/debat-economique/femme-et-patron-interview-de-francoise-gri-president-de-manpower-group-france-et-europe-du-sud,1146.html

Mais surtout que les entreprises devraient "profiter" de la crise pour renforcer leurs effectifs féminins dans les sphères dirigeantes, pour que cette diversité soit une force, dans un monde plus complexe, plus volatile, un monde qui ressemble de plus en plus à celui des marchés financiers, et où il faut faire preuve de réactivité, et la diversité, permet de ne pas subir les évènements.
Femme et Patron, le Women Power a encore bien du mal à se développer, ce n'est pas une raison pour ne pas en parler, au contraire, il faut l'évoquer de plus en plus pour que les mentalités changent, tout simplement. Oui notre environnement économique, social, voire environnemental est de plus en plus compliqué, ce n'est pas en gardant les schémas du passé, les schémas dépassés, qu'on pourra y faire face et les affronter dans les meilleurs conditions.
Voilà une rencontre qui fut passionnante et que j'avais envie de vous faire partager.
Oui osez les femmes, osez pour vous et pour nous.
A charge pour les responsables des ressources humaines de ne pas oublier que si l'humain est masculin, l'Humanité est féminin.

dimanche 21 octobre 2012

#Pigeons #Moineaux #Vautours #ETI #PME chacun pour soi, personne pour tous

par Didier Testot
Si l'on peut reconnaître sans parti pris que le mouvement des #pigeons investisseurs et entrepreneurs a eu son heure de gloire en quelques semaines, il n'est pas sûr que les Français se reconnaissent en eux, au delà du sobriquet choisi, #pigeon, qui lui est assez bien partagé, notamment du côté de ceux qui n'ont jamais rien demandé à l'Etat.
L'élection de François Hollande en mai 2012, devait amener pour les PME, une nouvelle ère, après un diagnostic sur les faiblesses de l'économie française, des PME souvent créatrices de nombreux emplois, mais qu'on les appelle #ETI (entreprise de taille intermédiaire) ou pas, elles ont souvent du mal à passer les étapes qui les amènerait à prendre une place incontournable à l'international.
Les #pigeons menés par le jusqu'ici très discret Jean-David Chamboredon, investisseur en capital dans différentes entreprises, ont su défendre leurs intérêts, avec la question de la taxation de leurs plus-values de cession. A aucun moment, n'a été soulevé la question de l'état de la France, simplement, un lobby a pu faire bouger les lignes qui ne lui étaient pas favorables. 
A ce jour, il reste toujours difficile de se faire une idée de qui se cache exactement derrière les #pigeons, en revanche, la tentative de récupération par le Medef et Laurence Parisot, débordée par le terrain, n'est pas passée inaperçue. 
D'où ce communiqué du 18  octobre 2012 signé par de jeunes entrepreneurs qui a retenu toute mon attention. S'ils saluent "la prise de conscience nationale de la cause des entrepreneurs qu’a notamment permis le mouvement des pigeons", ils sont "également convaincus que leurs représentants ne nous représentent pas". "Nous ne sommes ni investisseurs, ni patrons. Nous dénonçons le rapprochement des pigeons avec les associations patronales et notamment avec le MEDEF.  La perspective de la taxation des plus-values est aléatoire et  encore lointaine pour nous ! Nous sommes simplement de jeunes entrepreneurs, ayant bien souvent renoncé à un emploi stable et confortablement rémunéré, pour prendre des risques et innover. Pas des pigeons donc, de simples moineaux.
Photo via (didonity.wordpress.com/2010/01/09/le-moineau)

Pourquoi ? "Simplement parce que la question de la taxation des plus-values n’est pas représentative de nos priorités et véhicule une image qui n’est pas la notre. Notre priorité c’est de  valoriser le risque et de résoudre nos problèmes quotidiens : des parcours administratifs du combattant,  des charges et des taxes qui grèvent nos budgets, un code du travail trop rigide, des recherches de financement déjà compliquées, un déséquilibre face aux grandes entreprises qui payent peu d’impôts. En vérité, ce n’est pas tant la taxation des plus-values qui est problématique que le signal adressé à nos compatriotes : désormais en France, le rentier sera mieux loti que le créateur.  Nous appelons simplement à une juste rémunération du risque et dénonçons les privilèges des rentiers (les niches fiscales en sont de bons exemples) et des grands groupes au détriment de l'innovationNous  ne souhaitons pas entendre toujours les mêmes dans  le débat public. Il est temps de donner la parole à la société civile et en l’occurrence aux jeunes, entrepreneurs, qui pourront partager leur goût pour l’innovation, le risque et expliquer leurs galères.  (Une Tribune signé par Benjamin Suchar, Bastien Le Coz, Frédéric Pelouze)

Nous verrons après le PLF2013 si les #pigeons ont gagné, mais cette Tribune des #moineaux montre peut-être une des failles du mouvement des #pigeons.

En axant leur problématique sur une question de patrimoine et d'argent, via la cession d'entreprises et la taxation des plus-values qui en découlent, ils ont certes pu se faire entendre, mais pas forcément, en temps de crise, se faire comprendre. Car ce n'est pas en 2012 qu'il aurait fallu parler se bouger, mais bien avant.  Or avant, les #pigeons ont aussi été pour certaines d'entre-eux acteurs de la fameuse bulle internet pendant laquelle ils ont su manoeuvrer pour se faire une place au soleil, mais sans avoir jamais créé le Google français ou le Facebook français. 

Pendant des années, les pigeons étaient muets, travaillant et repérant les start-ups ans l'ombre. Un milieu discret et peu médiatique qui n'intéressait aucun media il faut bien le dire. Mais comme d'autres, ils ont su prendre leur place dans le système médiatique, à l'image d'un Marc Simoncini fondateur de Meetic, entreprise qui lui reste collée à la peau, même s'il l'a déjà vendu à un groupe étranger, sans que les actionnaires qui l'ont suivi à l'époque aient eu des raisons de l'adorer comme les journalistes des plateaux Tv. Les #pigeons n'ont pas parlé de la vente de Meetic par Marc Simoncini, ils auraient du, car les actionnaires qui l'ont suivi s'en souviennent eux "http://www.ecrans.fr/Meetic-conquis-par-Match-com,12869.html "au final, la valorisation de Meetic (345 millions d’euros) risque d’apparaître bien faible aux petits actionnaires : le prix par action proposé est inférieur de 33% au prix d’introduction en bourse, en 2005"


Pigeons n'est pas toujours celui que l'on croit


Présent sur Twitter et sur les réseaux sociaux, il a su devenir incontournable des plateaux Tv, défendant par la même occasion ses nouvelles affaires.  C'est l'un des reproches des #moineaux sur la représentation des entrepreneurs.  Car les #PME ou les #ETI elles ont une autre problématique : trouver des fonds propres pour se développer à l'international, dans une période ou le crédit est rare. Leur représentation n'est pas efficace, et au final, on les entend peu.

A ce stade, force est de constater que chacun parle pour soi, mais que la problématique ne se résume pas à une simple question de taxation des plus-values.

Tout le monde ne devient pas entrepreneur, les investisseurs ont souvent eu une mauvaise presse, et parfois pour de bonnes raisons, de #pigeons, c'est de #vautours que leur image se rapprochait à l'époque, ils en avaient conscience quand on en parlait avec eux, j'avais eu l'occasion de les rencontrer à plusieurs reprises, mais ils préféraient alors la discrétion à la lumière.
Photo (Association Vautours en Baronnie)

Ils devraient penser aux Français, qui en matière d'économie, n'ont pas la chance d'avoir toutes les clés de la compréhension. Travailler dans une start-up n'est pas la panacée, cela peut être une opportunité, mais combien de jeunes ont eu aussi des déceptions, par rapport à leur management. Que dire des futurs Google Français, des futurs... qu'on a jamais vu éclore, que dire des créateurs d'entreprises qui sautent d'une entreprise à l'autre en laissant sur le carreau leurs actionnaires, Charles ?

Comme #Vautours est une généralisation #Pigeons en est une aussi, dans une période difficile pour beaucoup de Français, défendre son pré-carré, n'est pas une grande cause, préparer les Français au changement, en est vraiment une en revanche, les aider à appréhender le nouveau Monde, avec les outils d'aujourd'hui, échanger, avancer, le Gouvernement, et certains de ses représentants, a lui aussi perdu une occasion de faire oeuvre de pédagogie.

Les entrepreneurs et les investisseurs, avec le Gouvernement, devraient rouler pour la France, qui a besoin de rétablir ses Finances publiques, nettoyer ses niches fiscales coûteuses, être plus efficace, chacun a sa place pour un objectif commun : créer des emplois durables, dans des secteurs d'avenirs, où la France et ses entreprises peuvent conquérir le Monde.

#Pigeons, #Vautours, #Moineaux, une belle volière certes, mais qui n'est pas en ordre de marche pour affronter le nouveau Monde qui se dessine tous les jours.

C'est d'une force de frappe entrepreneuriale dont nous avons besoin, mais aussi d'un Etat efficace.

Les #Pigeons ont peut-être gagné une bataille, ils ont pour l'instant perdu la guerre économique mondiale qui redistribue les cartes trop souvent au détriment de la France et de ses forces vives.

D'où viendra le sursaut, le réveil de l'intérêt général ? A suivre.









jeudi 4 octobre 2012

Des fleurs pour Jacques Dikansky fondateur de Naturex

par Didier Testot

Jacques Dikansky le Pdg et fondateur de Naturex (société spécialisée dans les ingrédients naturels) qui n'était plus aux commandes de son entreprise, déjà depuis plusieurs mois, est décédé des suites d'une longue maladie.

Il a fait partie des invités de la Web Tv www.labourseetlavie.com, comme des centaines de dirigeants. Lui comme d'autres, je l'avais rencontré chez Bloomberg Télévision, lors de son introduction en Bourse. Et il a fait partie de ces nombreux dirigeants de PME qui ont fait leur première télévision entre 2000 et 2007 dans l'émission dédiée aux "SmallCaps" que je présentais alors sur Bloomberg Télévision.

Ces dirigeants, ce dirigeant, j'avais l'impression de le connaître, suivant l'aventure de son entreprise, voyant ses développements à l'international. La PME d'Avignon voyait ses projets de croissance se réaliser, la PME devenait incontournable sur trois marchés porteurs : agroalimentaire, nutraceutique, la pharmacie-cosmétique.

La route ne fut pas facile pour Naturex, qui comme d'autres PME aura été confrontée à la crise économique et financière,  ce que l'on évoque avec Jacques Dikansky, dans cet interview réalisé en avril 2008. J'ai donc une pensée pour lui et pour sa famille.







Pour la petite histoire, en 2008, la Web Tv www.labourseetlavie.com était un projet de nouveau media, et les dirigeants que je connaissais étaient venus faire des interviews Tv tout au long de l'année 2008, alors même qu'il ne s'agissait que d'un projet, marquant ainsi leur attachement à ce type de rendez-vous que j'avais su créer avec eux. Jacques Dikansky était venu dans ce nouveau cadre, sans hésitation.

Naturex est devenu en 20 ans le leader mondial des ingrédients naturels de spécialité d’origine végétale.
Avec 1 300 collaborateurs et 15 sites industriels en Europe (France, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Suisse, Pologne), au Maroc, aux Etats-Unis, au Brésil, en Australie et en Inde. Et un réseau commercial dédié dans 21 pays (France, Italie, Espagne, Maroc, Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Pologne, Russie, E.A.U, Thaïlande, Singapour, Japon, Chine, Corée, Australie, Etats-Unis, Canada, Brésil, Mexique, Inde).

Un parcours remarquable, dans un secteur de niche, qu'il a su conquérir.

C'est Thierry Lambert le Directeur Général qui a été aux commandes de l'entreprise durant les derniers mois, que nous avons rencontré le 12 septembre dernier pour ses résultats semestriels : Vidéo Naturex

La Bourse et la Vie, nous y sommes, le media que je représente a toujours mis en avant des aventures humaines, car derrière la Bourse, il y a  la vie. Tous ces dirigeants d'entreprises que j'ai rencontré ont consacré leur vie à leur entreprise, ils ont trouvé les moyens de la développer et de la renforcer, franchissant de nombreux obstacles.

Au moment où la France "médiatique" débat  et s'enflamme sur qui sont les #pigeons ou les #geonpis, il me semble que l'entrepreneur discret est celui sur lequel, l'attention de tous devrait être portée.

Sans des "Jacques Dikansky" et d'autres dirigeants de PME, la France ne pourrait pas prétendre avec ses seuls vaisseaux du CAC40 rivaliser avec d'autres pays.

Pensons aux dirigeants de PME, pas bêtement, mais sans idéologies et avec une seule conviction :

Nous avons besoin d'hommes et de femmes qui à partir d'une base française seront capables d'aller au delà des frontières, pour conquérir le Monde. Et créer des emplois nouveaux.

Il leur faut une sacrée énergie,  une force de conviction et d'entraînement. Pour cela, ils sont simplement admirables, et je les respecte infiniment.

Je me souviens de notre premier rendez-vous pour parler de l'entreprise Naturex, spécialisée dans les extraits de romarin, ces fleurs sur la photo sont juste à côté d'un énorme romarin, dans un endroit qui m'est cher, et où je vais quand je peux, pour changer d'air.

C'est avec ce romarin que l'aventure de Jacques Dikansky a commencé.

Cher Jacques Dikansky, ces fleurs sont pour vous.





    dimanche 23 septembre 2012

    Sans la Fed, les banques françaises auraient-elles pu survivre ?

    par Didier Testot
    Faire son travail de journaliste consiste parfois après avoir reçu un courriel, d'aller chercher une information donnée comme certaine par l'auteur du message.
    Dans le cas présent, sa réthorique concernait l'échec des politiques monétaires, et notamment de celle de la Réserve Fédérale américaine. Dans le même message, il pourfendait les aides données aux banques, incluant les banques françaises. Et c'est là que je fus interpellé !
    Je n'avais jamais vraiment entendu parlé d'aides de la Réserve Fédérale américaine (Fed) aux banques françaises. Mon premier réflexe, après l'étonnement, vu les montants annoncés, fût d'aller vérifier, en me disant qu'il devait y avoir une erreur.
    Je me souvenais bien du plan de François Fillon, alors Premier Ministre, en faveur des banques françaises au pire moment, en 2008, après la faillite de Lehman Brothers, réaction logique, afin d'éviter la panique. Mais de la Fed, rien !
    Interrogeant un spécialiste du secteur bancaire, il me confirmait ces informations, mais en faisant une recherche plus profonde, pas vraiment d'articles sur le sujet et aucun souvenir de "Une" sur le sujet.
    Au contraire même, les articles de presse de cette période mentionnaient plus le redressement spectaculaire des résultats des banques françaises, et donc la vertu de leur modèle, contrairement aux "vilaines" banques anglosaxonnes !
    Pourtant le Rapport du GAO (Gouvernment Accountability Office) en juillet 2011, sorte de Cour des Comptes Américaine, donne tous les détails, et ils sont impressionnants par les montants en jeu.
    A l'échelle de Citigroup, 2.513 milliards de dollars sur les différents programmes, pour mémoire le PIB de la France est autour de 2.000 milliards d'euros.
    Et pour les banques françaises ?

    BNP Paribas est en tête et a reçu pas moins de 175 milliards de dollars oui bien 175 milliards de dollars !

    GAO (Gouvernment Accountability Office, Rapport de Juillet 2011)

    Viennent ensuite Dexia, dont on connaît le succès par la suite, avec 159 milliards de dollars, puis la Société Générale avec un "petit" 124 milliards de dollars.

    Durant la période de 2007 à 2010, le modèle de banque universelle, défendu en coeur par les responsables des grandes banques françaises, aurait-il pu tenir sans les aides de la Fed ? C'est bien là la question, alors que l'Europe ( et la France en particulier) cherche toujours une solution pour son modèle de banques.

    TAF, PDCF, TSLF, CPFF, sans ces programmes de financement de la Fed, le système bancaire mondial aurait vécu une nouvelle fois la crise de 1929, lorsque les "mauvaises" banques avaient
    disparu !

    Autre document sur le sujet, via l'agence Bloomberg qui avait été commenté, cette fois-ci, avec les montants et les moments clés : "Bloomberg : The Fed’s Secret Liquidity Lifelines"

    De 2007 à 2010, ces montants importants ont donc été essentiels, et si le trader Jérôme Kerviel a fait la Une des journaux avec une perte qui lui a été imputée, de 5 milliards d'euros, (pour les Traders Perdus, une association a été créée via la Web Tv www.labourseetlavie.com  : Humour), on voit bien que l'enjeu était ailleurs et que la Fed a bien été au centre du sauvetage mondial des banques. Les banques françaises n'ont pas échappé à la règle.

    La question est donc posée, le modèle de banque universelle, défendu bec et ongles par les banques françaises aurait-il tenu sans l'aide de la Fed ? 

    Je n'ai pas à ce jour la réponse, certains analystes le pensent et préconisent une séparation claire des activités via un retour au Glass Steagall Act, c'est le cas de Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue : Vidéo .

    Le pdg de la Société Générale, Frédéric Oudéa,  que j'avais eu l'occasion de rencontrer à Paris Europlace, en juillet dernier, n'est pas de cet avis : Vidéo Société Générale.

    A Bercy, chez Pierre Moscovici, le Ministre de l'Economie, tous ces éléments sont censés être connus. Nous verrons dans les prochains mois, ce qui finalement est retenu par le Gouvernement, l'enjeu est pourtant clair, en France, sans les banques, il n'y a pas de financement de l'économie, mais sans quel type de banques exactement ?



    Derrière ces noms inconnus du grand public :

    TAF : Term Auction Facility : La Réserve Fédérale vend aux enchères des fonds aux institutions. En vertu de la Term Auction Facility (TAF), la Réserve fédérale va vendre aux enchères des fonds aux institutions de dépôt à terme. Toutes les institutions de dépôt qui sont admissibles à emprunter dans le cadre du programme de crédit primaire seront admissibles à participer aux adjudications TAF. Toutes les avances doivent être entièrement garantis. Chaque enchère TAF sera pour un montant fixe, avec un taux déterminé par le processus d'enchères (sous réserve d'un taux de soumission minimal).Les offres seront soumises par téléphone par le biais des banques locales de la Réserve. La vente aux enchères terme définitif aux enchères Facilité a été réalisée le 8 Mars 2010.

    PDCF : The Primary Dealer Credit Facility (PDCF) is an overnight loan facility that will provide funding to primary dealers in exchange for any tri-party-eligible collateral and is intended to foster the functioning of financial markets more generally. (La facilité de Primary Dealer Credit (PDCF) est une facilité de prêt durant la nuit qui offrira un financement aux primary dealers en échange d'une garantie tripartite éligibles et vise à favoriser le bon fonctionnement des marchés financiers en général.)

    TSLF : The TSLF is a 28-day facility that will offer Treasury general collateral (GC) to the Federal Reserve Bank of New York’s primary dealers in exchange for other program-eligible collateral. It is intended to promote liquidity in the financing markets for Treasury and other collateral and thus to foster the functioning of financial markets more generally.(Le TSLF est une installation de 28 jours qui offrira des garanties du Trésor général (CG) de la Federal Reserve Bank de New York primary dealers en échange d'un autre programme, des garanties éligibles.Il est destiné à favoriser la liquidité dans les marchés de financement de trésorerie et d'autres garanties, et favoriser ainsi le bon fonctionnement des marchés financiers en général.)

    CPFF : The Commercial Paper Funding Facility (CPFF) was created in October 2008 to provide a liquidity backstop to U.S. issuers of commercial paper. The CPFF was designed to improve liquidity in short-term funding markets and thereby contribute to greater availability of credit for businesses and households. Under the CPFF, the Federal Reserve Bank of New York financed the purchase of highly rated unsecured and asset-backed commercial paper from eligible issuers through eligible primary dealers. The facility expired on February 1, 2010.(La Facilité de financement du papier commercial (CPFF) a été créé en Octobre 2008 afin de fournir un filet de sécurité de liquidité pour les émetteurs de papier commercial aux États-Unis. Le CPFF a été conçu pour améliorer la liquidité sur les marchés de financement à court terme et de contribuer ainsi à une plus grande disponibilité du crédit pour les entreprises et les ménages. Dans le cadre du CPFF, la Federal Reserve Bank de New York a financé l'achat d'une cote élevée de papier commercial non garanti et adossé à des actifs d'émetteurs admissibles par l'entremise admissibles primary dealers.L'installation a pris fin le Février 1, 2010.)



    Le sénateur Bernie Sanders avait écrit à ce sujet pour demander à la Fed, de la transparence.
    http://www.huffingtonpost.com/rep-bernie-sanders/a-real-jaw-dropper-at-the_b_791091.html

    lundi 10 septembre 2012

    Bernard Arnault Pdg de LVMH s'offre le luxe de se prendre une veste nationale

    par Didier Testot.
    C'est donc ce week-end que Bernard Arnault le Pdg de LVMH a décidé de faire du bruit. Lui plutôt discret, accordant très peu d'interviews, laissant le soin traditionnellement à son équipe de communicants historiques de parler à sa place auprès des journalistes est venu occuper tout le week-end médiatique après avoir confirmé son souhait de devenir belge. Cet homme du Nord aura voulu faire un coup dont il a le secret.
    Il a toujours su le faire dans ses affaires, dernière en date, surprenant les héritiers Hermes, en grimpant au capital du groupe de luxe.

    Bernard Arnault est l'homme le plus riche de France, mais il n'est pas connu des Français, sauf pour ceux qui lisent les pages glacées des magazines de mode ou de luxe et encore.
    Cet homme a, en une trentaine d'années seulement, su conquérir, batir, développer, élargir, un groupe de luxe devenu leader mondial : LVMH comme Louis Vuitton Moët Hennessy.
    Qui sait sauf les analystes financiers que le groupe outre Louis Vuitton, possède les marques Fendi, Donna Karan, Loewe, Marc Jacobs, Céline, Kenzo, Givenchy, Thomas Pink, Pucci, Berluti, et Rossimoda, ou que LVMH est numéro un mondial du champagne avec Moët Hennessy ?
     Dans les Parfums & Cosmétiques : Christian Dior, Guerlain, Givenchy et Kenzo. Les montres : TAG Heuer et Hublot. Et dans la distribution sélective : DFS et Miami Cruiseline...
    (Capture écran site LVMH, photo Karl Lgerfeld)

    Le groupe familial Arnault détient 46,1 % de LVMH

    Un groupe leader mondial et dont Bernard Arnault a su au fil du temps se renforcer au capital pour en détenir aujourd'hui 46,1%. C'est un savoir-faire unique, car peu de familles arrivent au fil du temps avec les acquisitions et l'évolution d'un groupe de taille mondiale, à en garder autant. Et c'est la clé de l'histoire médiatique de ce week-end, pas encore abordé à ce jour. On parle de résidence fiscale, nationalité, investissements productifs en Belgique, le premier communiqué  de samedi voulait montrer le "patriotisme" de Bernard Arnault :
    "Contrairement aux informations publiées ce jour, Monsieur Bernard Arnault précise qu’il est et qu’il reste résident fiscal français.  L’obtention éventuelle de la double nationalité franco-belge ne change rien à cette situation ni à  sa détermination de poursuivre le développement  du groupe LVMH  et les créations d’emplois qui en sont la conséquence en France. Il rappelle que le groupe LVMH embauche, chaque année, plusieurs milliers de personnes en France  et ce depuis plus de 20 ans et qu’il contribue massivement aux exportations françaises.

    Monsieur Arnault, originaire du Nord de la France, a de nombreux liens avec la Belgique tant sur le plan personnel et familial que sur le plan professionnel. Son groupe privé (Groupe Arnault) a de nombreux investissements en Belgique,  et entend les développer. C’est dans cette perspective que Monsieur Bernard Arnault a sollicité la double nationalité franco-belge."
    Puis finalement, par l'AFP, pour une interview "exclusive", Bernard Arnault voulu lancer la réplique : "Je suis et je resterai fiscalement domicilié en France et à ce titre, je remplirai, comme tous les Français, l'ensemble de mes obligations fiscales....Notre pays doit compter sur la contribution de chacun pour faire face à une crise économique profonde dans un cadre budgétaire particulièrement contraint". En réalité, Bernard Arnault peut faire ce qu'il veut, mais il veut que cela se sache et que ceux qu'ils estiment responsables de la situation, en soient pour leur frais.

    Les holdings de la conquête de Bernard Arnault

    D'ailleurs, si la fortune de Bernard Arnault a connu une telle progression au cours des dernières années, sa stratégie fiscale, et les connaissances de ses plus proches conseillers, en matière de droit des sociétés, ont fait la différence. Vous ne pouvez pas faire un tel parcours si vous ratez votre stratégie fiscale et juridique. Et puis les politiques (compte rendu du Livre d'Airy Routier, L’Ange Exterminateur,
    la vraie vie de Bernard Arnault, Albin Michel, Paris en 2003 http://www.annales.org/gc/2004/gc76/arnault60-68.pdf ), y ont largement contribué.

    Les questions fiscales et de contrôle, ont donc toujours été au coeur de la stratégie de Bernard Arnault. Bâtir un groupe de luxe, sans ce savoir-faire juridique, lui aurait permis de grandir mais jamais d'avoir en 2012, encore 46,1% de son capital.

    Les holdings de Bernard Arnault qui lui ont permis ce miracle de contrôle familial : Financière Agache,

    société devenue belge déjà en 2008, oui en 2008, donc sous Nicolas Sarkozy, ami de Bernard Arnault, ce que personne n'avait vu à l'époque.
    Pourtant cela indique que Bernard Arnault avait vu le vent venir. Mais dans les holdings de famille, Jacques Rober a été celui de la conquête . Personne sauf Arnault ne connait ce holding, et cette cascade de holding comme le rappelait l'Expansion en 2007  dans un article intitulé : "Les cascades de Bernard Arnault".

    Nous sommes au coeur du sujet et tout au long de sa vie de dirigeant, il a eu à démontrer son savoir-faire face parfois au gendarme de la Bourse (Commission des opérations de Bourse), sur ces sujets capitalistiques et ses conseillers, le principal d'entre-eux, Pierre Godé, est l'homme de l'ombre qui a soutenu et conseillé, le "petit Bernard" depuis le début, après son père Jean Arnault. Comme feu Antoine Bernheim chez Lazard sans qui tout cela n'aurait pas pu être finalisé.

    Méthodes comptables, provisions, prime d'émission, traité d'apport, amortissements, mali de fusion, ... seul un expert pourrait voir derrière ces expressions techniques la main de Pierre Godé, ancien professeur de droit commercial à Nice, le meilleur professeur de droit commercial qu'il m'ait été donné de rencontrer dans ma vie d'étudiant.
    Aucun de ses élèves ne séchait les cours, car il était charismatique, et pas seulement parce qu'il est très grand ! Son amphi était plein, et c'est en 1984 qu'il parti pour faire le job chez Arnault. Nous étions tous déçus. Mais il nous avait dit "qu'il ne pouvait refuser le job",  et le voilà Vice-Président de LVMH !

    Pierre Godé Vice-Président LVMH (photo capture écran site LVMH)
    Bernard Arnault a donc oeuvré toutes ses années pour cela, ce qui n'enlève rien à sa réussite entrepreneuriale, avoir su faire de Louis Vuitton, une machine à cash que le monde entier lui envie, et transformer nombre de marques en grandes marques, avec un savoir-faire reconnu. Et cela personne ne devrait le contester, c'est dur, il fallait de l'intelligence, des idées, de l'intuition aussi, de ce côté là Bernard Arnault est un grand dirigeant qui aura su s'entourer également pour réussir à ce que aujourd'hui, ces marques soient connues mondialement. Il a aussi connu des échecs (lors de la bulle internet) et voulu faire un "coup" chez Carrefour. Son avantage, il peut se le permettre, même si son image en a souffert, à chaque fois. L'évènement de ce week-end n'est donc pas simplement fortuit, il a été longuement pensé, d'ailleurs les Belges le savent, eux, depuis longtemps : RTBF Info

    Simplement, Bernard Arnault a choisi son moment, le lendemain de l'élection à la Présidence de François Hollande, histoire de marquer les esprits. Même si en 2007/2008, il savait déjà ce qu'il devait faire, car la droite allait le décevoir comme nombre de dirigeants d'entreprises !

    Pourtant derrière cette agitation, Bernard Arnault a un seul problème, le même que tous les dirigeants de PME qui ont créé et développé leur entreprise : sa succession et les droits de succession. J'ai dans le passé vu des patrons de PME sortir de la Bourse, à un moment propice, pour réussir au mieux cette transition. Lui, 4ème fortune mondiale, mais Français, n'a pas l'opportunité des Warren Buffet, Bill Gates, d'aménager au mieux sa succession, en tout cas s'il reste à Paris !

    Mais en France, cela reste un sujet tabou, pourtant quand on a passé autant de temps, avec une telle réussite, pour construire le numéro un mondial du luxe, payer oui, mais comme on le souhaite, pour que les enfants (deux mariages), puissent aussi en profiter, c'est humain.

    Bernard Arnault, homme du Nord, qui dans sa jeunesse vivait dans le quartier chic de Croix (Lille), et  qui a eu pour voisins les frères Willot (repreneurs de Boussac), les familles Mulliez (fondateur d’Auchan), Prouvost, Masurel, Dewavrin... a aujourd'hui les mêmes problématiques. A ceci près qu'il  a le plus d'argent.
    S'il a choisi d'être au centre des attentions, alors que la discrétion est plutôt la stratégie des hommes du Nord, en pleine crise économique et sociale, c'est qu'il pense qu'il doit le faire maintenant, quelque soit le prix "médiatique" à payer.

    Mais les politiques qui sont les premiers à fréquenter les dirigeants du CAC40 seraient bien inspirés, de faire leur devoir.

    Et s'ils avaient géré notre argent depuis 30 ans, comme Bernard Arnault a su gérer le sien, la France serait un pays dynamique et prêt à conquérir le Monde !

    Vos gueules les Mouettes !

    Bernard Arnault n'est pas exempt de reproches, car s'il rate aujourd'hui sa sortie, c'est sans doute, qu'il n'a pas mesuré l'état de la France, à trop s'isoler dans son bureau que ses proches disent inaccessible et à fréquenter uniquement les soirées luxueuses, sans se rendre compte de la réalité, d'une France désespérée et sans repères. Lui qui vient du Nord, sait-il que certaines familles en sont à la troisième génération de chômeurs ? C'est aussi la réalité de la France.

    J'aurais aimé plutôt qu'il nous impose sa fondation d'art contemporain au Jardin d'Acclimatation, qu'il fasse partager son savoir-faire de dirigeant à des jeunes qui voudraient avoir quelques clés de la réussite, à la manière d'un Xavier Fontanet (ancien Pdg d'Essilor) qui oeuvre en ce sens.
    Oui, il le doit à la France qui lui a donné une occasion unique d'accomplir son oeuvre, comme à François Pinault et à d'autres grands dirigeants français, qui sans l'aide de l'Etat et de ses représentants, n'auraient été peut-être que des patrons de PME, mais sans doute raté le CAC40, des dirigeants de PME qui restent les grands oubliés de la crise depuis 2007 !



    vendredi 7 septembre 2012

    Annus Horribilis pour PSA Peugeot Citroën sorti du CAC40

    par Didier Testot.

    Si PSA Peugeot Citroën a déjà fait l'actualité durant l'été pourri pour une grande partie du Nord de la France, c'était d'abord parce que le groupe avait du contenir ses déclarations de restructurations pendant plusieurs semaines, et qu'une fois l'élection de François Hollande à la Présidence de la République officialisée, perdre 200 millions d'euros de trésorerie (cash) par mois n'était plus tenable. Et voilà que l'automne n'est pas encore là mais la sanction du Conseil Scientifique de la Bourse de Paris vient de décider de sortir PSA Peugeot Citroën de l'indice CAC40, au profit du groupe Solvay, un chimiste qui remplace un groupe automobile. Une sortie effective à compter du 24 septembre 2012. Ce qui conduira des fonds d'investissements qui avaient encore du titre Peugeot en portefeuille à se délester un peu plus.
    Comment PSA en est arrivé là ? c'est la question que tout le monde se pose. Et chacun à sa réponse, elle est rarement favorable au groupe, car l’affaire Peugeot a déjà pris un tour politique. Même si Peugeot contrairement à Renault est encore un groupe privé, son importance en France en fait un interlocuteur obligatoire de n’importe quel Gouvernement et comme il est nouveau (NDA, le Gouvernement), il tire de son élection la force de dire des choses qu’en fin de mandat il n’oserait pas dire.
    Il est vrai que dès que le sujet est devenu politique, il est difficile de rester zen et factuel.
    Les petites phrases se sont succédées, le rôle de la famille Peugeot dont on avait appris grâce à Thierry Peugeot, le Président du Conseil de Surveillance (interview du Figaro) que 90% est en France, ce qui en laisse 10% en Suisse, ce qui suffit à faire de cette famille, une famille «suspecte» de jouer sa propre partition.
    Ce n’est pas ce terrain qui m’intéresse, d’autant que le titre qu'avait trouvé un quotidien : « La riposte de Thierry Peugeot » (Le Figaro) avait contribué à ce débat stérile. Lisez bien  l’article et voyez qu’en matière de riposte, on ne trouve rien !

    Peugeot Mulhouse (Photo PSA)
    Peugeot, PSA Peugeot Citroën est un grand groupe privé automobile, familial, avec un certain savoir-faire reconnu sur des technologies (diesel, hydride diesel…), mais aussi un groupe familial qui depuis les années 1990, c’est à cette époque là que j’ai fait sa connaissance n’a cessé de faire appel à des dirigeants extérieurs pour le « sauver ». 
    La nomination d’un Jacques Calvet, banquier, mais profane en matière automobile était-il un bon choix ? Certes, il fallait « déjà » remettre de l’ordre dans la maison Peugeot !
    Un souvenir un seul, mais il est en soi symptomatique :  Lors d’un essai de la Peugeot 306, dans le désert du Sinaï, avec à mes côtés Frédéric Saint-Geours, alors directeur de la marque Peugeot, si j’avais pu constater l’agilité et la tenue de route de la voiture, le « toucher » disait le marketing maison, la qualité intérieure des plastiques (collage sommaire…) avait conduit plusieurs journalistes à le faire remonter à la direction. 
    Les essais automobiles pouvaient donc servir aussi à cela ! 
    Comme si la fabrication automobile, en bout de chaine n’était pas suffisante et que les journalistes devaient jouer les futurs clients. Que dire de la sellerie dont les motifs pouvaient varier au gré des souhaits de Madame Calvet ? 

    Depuis Peugeot comme Citroën ont fait des progrès en termes de qualité, mais peut-on vraiment dire qu’ils sont au niveau des constructeurs allemands de ce point de vue là. Constructeurs allemands qui ont eu (Mercedes, Vokswagen ou BMW) eux aussi leurs lots de problèmes : tdi, injecteurs pompes, …mais qui ont su garder une image de marque.
    Les Français et Peugeot n’est pas seul dans ce cas n’ont cessé de courir après le haut de gamme, sans jamais réussir à égaler les Allemands. 
    Et à force de mettre en avant les petites voitures à faible marges, l’écart s’est creusé en Europe et dans le reste du Monde. Ceux qui connaissent le marché chinois, savent que les Chinois n’ont pas voulu des premières Citroën qui leur étaient proposées, pas au goût des chinois.
    Dans les années 90, c’était cela Peugeot, un style très particulier, et Jacques Calvet avec qui j’avais eu l’occasion de discuter longuement dans l’avion du retour d'Egypte, qui n’avait qu’un seul sujet de communication : les constructeurs japonais qui allaient envahir l’Europe. Il ne parlait à la fin de son mandat presque plus de Peugeot, un comble.  
    Alors bien sûr, les successeurs de Jacques Calvet n’avaient pas tous le même profil, mais peut-on dire qu’ils connaissaient l’automobile, pas la sidérurgie ou l’industrie, mais bien le produit automobile ? 
    Trouve-t-on dans les profils des dirigeants, un ingénieur moteur par exemple ? Non jamais. Ils ont en tout cas permis à PSA Peugeot Citroën de s’internationaliser, mais toujours en restant très, trop européen ?
    Et pour revenir un instant sur le débat politique malsain qui a débuté, trop européen, cela veut dire, pas assez là où les marchés sont en croissance.

    Dans les rapports annuels des dernières années, PSA parle de croissance en « Europe occidentale, Mercosur, Europe centrale et Chine ». Depuis les années 90 justement, il est dit qu’il existe un constructeur européen de trop, Fiat a souvent été cité, et ce marché n’est pas moins concurrentiel au contraire, les rabais consentis par les uns et les autres ont fini de convaincre le consommateur que les primes faisaient parti de ce marché.
    Ce n’est donc pas là qu’il fallait lancer la nouvelle bataille, mais bien sur d’autres continents. Le groupe Volkswagen l’a fait il y a bien longtemps notamment en Chine ce qui lui permet de vendre son haut de gamme Audi, aux chinois friands de ce segment sur lequel Renault comme PSA n’ont pas daigné faire le nécessaire.
    Un analyste financier m’avait dit « c’est la faute à de Gaulle avec sa taxe sur les véhicules haut de gamme », peut-être mais depuis de Gaulle, ça fait un bail, tiens restons avec Audi, prenez une Audi des années 80 et une Audi de 2012, de l’ombre à la lumière non ? Donc il était bien possible d’aller pour une partie vers ce segment de marché, plus lucratif. 
    Pourquoi les Français ne l’ont-ils pas fait ? Mystère qui coûte cher aujourd’hui, et c’est pourtant ce haut de gamme qui permet à Audi de vendre une A1 (sa petite voiture) plus chère.

    Depuis des années, malgré des bonnes évolutions comme la stratégie de plateformes initiée par Jean-Martin Folz et la montée en gamme avec la DS qui arrivent bien tard, les perspectives ne peuvent être tenues, en 2006, on parlait de 4 millions de véhicules vendus, de qualité, de réduction des coûts, de plan produit, de l’international…afin d’être en 2015, le « constructeur européen le plus compétitif d’Europe avec une marge opérationnelle de 6 et 7% »
    Plus récemment, les perspectives 2011 s’écrivaient simplement pour PSA : «  Notre situation financière reste robuste et sécurisée, nous nous attendons pour 2012 à des conditions de marchés encore difficiles en Europe ». L’Europe encore, pourtant du côté des équipementiers automobiles, la mue a été opérée pour ceux qui ont su tirer profit de la mondialisation du marché.
    Et en 2012, avant cette crise PSA /Etat ? « Le groupe met en place une série de mesures centrée sur un management soutenu du cash, elles permettront d’améliorer significativement la performance et de réduire l’endettement, tout en renforçant la stratégie ». (Rapport annuel 2011 PSA Peugeot Citroën).
    Des mots qui dans le contexte actuel, donnent du grain à moudre à ceux qui pensent que la stratégie de PSA Peugeot Citroën n’est pas assez efficace. Le pari du tout diesel, alors que le Monde roule avec un moteur essence en est un autre exemple. 

    La famille Peugeot et-elle responsable de cela ? Elle ne peut pas s’en exonérer totalement et considérer qu’elle a fait le nécessaire, sinon elle n’en serait pas là aujourd’hui à attendre un énième plan gouvernemental, et le deuxième en moins de trois ans ! 
    La prime à la casse a servi les intérêts de la famille Peugeot, mais a-t-elle servi la stratégie de Peugeot ? Pas si sûr. L’automobile, après l’industrie textile et la sidérurgie a un problème simple : elle n’arrive pas à vendre avec suffisamment de marge pour investir et continuer ses développements là où les marchés sont demandeurs.
    Citröen peut-elle prétendre rivaliser avec Audi avec une gamme DS ? Peugeot qui pendant de nombreuses années s’est focalisé sur le diesel, peut-elle ignorer des marchés qui ne vivent que par l’essence ? Continuer sur le segment des petites voitures peu rentables est-il mortel ?
    Volkswagen encore et toujours qui perdait 5.000 francs par Golf sortie de ses usines Ouest-allemandes est aujourd’hui celui qui donne une leçon de stratégie aux Français et se permet d’être en avance sur son plan de développement. L’automobile a cela de fantastique, que le plus moribond des constructeurs peut revivre, aux Etats-Unis, grâce à la loi sur les faillites (cf GM) en Europe, souvent grâce aux Etats, donc aux contribuables. Mais les temps ont changé, PSA Peugeot Citroën doit vite retrouver une ligne stratégique qui lui permettra de rivaliser avec Volkswagen, pas un énième plan de réductions des coûts qui ne fait que retarder d’autres échéances, mais un plan de développement produits justement qui lui permettra d’aller plus loin comme c’est le cas en général pour un groupe familial, qui vise le long terme. Pas une succession de réductions, restructurations, sous la pression.
    Pour PSA Peugeot Citroën, c’est la question centrale, groupe familial, Thierry Peugeot et sa famille, doivent trouver les moyens de redonner un sens à ce mot, qui est un gage de vision pour les investisseurs, même s’il existe des exceptions. 

    La famille Peugeot doit comprendre que la qualité est la clé pour l'image et le prix de vente.  
    Quand un cadre supérieur de banque découvre que sa nouvelle "508", le haut de gamme de Peugeot à plus de 40.000 euros a un problème de "Bluetooth" et de toit ouvrant qui se bloque, il n'est pas sûr de reprendre ce véhicule. On l'a dit Peugeot n'a pas été seul dans ces problèmes de qualité, et des progrès ont été faits, en face aussi. 

    Les marchés en croissance ne sont pas en Europe, ils sont surtout en Asie. Et cette nouvelle population, n'a pas l'intention de rouler "en Renault 5 ni en 205", mais bien de montrer qu'elle réussit avec une voiture à l'image haut de gamme. 


    Le Président François Hollande aurait pu aider Citroën si au lieu de monter à bord de la DS5 Hybrid 4, il avait choir la DS9 montrée aux chinois. 

    Et l'hydride-électrique sur lequel des paris sont pris, n'est pas une réponse sérieuse, j'imagine que la famille Peugeot le sait, l'Etat, lui a trouvé une solution politique à court terme. La crise économique et sociale que nous traversons, ne permettra pas aux Français de s'équiper en hydride-électrique, prime ou pas, il n'en ont plus les moyens. 
    Et puis à ce sujet comme il faut rafraîchir la mémoire des uns  et des autres, voyez ce qu'en disaient les constructeurs automobiles, dont PSA Peugeot Citroën, c'était il y a deux ans, au Mondial de l'Automobile. Ce segment sera largement minoritaire et pour encore longtemps.

    Zapping Mondial de l'Automobile Paris 2010


    Le monde automobile est en perpétuel renouvellement, PSA Peugeot Citroën, groupe familial, doit retrouver la force qu'il n'aurait jamais du perdre, celle de construire une stratégie dans la durée, en France et hors de France, lui permettant de franchir des étapes pour non pas rester dans la course, mais pour devenir leader. 
    Volkswagen, le rival Allemand a trouvé la clé, alors qu'il a connu situation comparable à celle de PSA. 

    La sortie du CAC40 permettra-t-elle finalement comme un électrochoc le réveil de ce groupe familial ? C'est ce qu'on lui souhaite, même si cela risque de se faire dans la douleur (Aulnay), car la clé de la stratégie familiale réussie, reste à n'en pas doute, l'anticipation, pour ne pas subir. À méditer en famille chez Peugeot.