Interview de Stéphanie Gibaud lanceuse d'alerte : "Le premier à ne pas respecter les lois, c'est l'État"

par Didier Testot.

Procès #UBS, le 8 octobre en France, une première mondialeInterview de Stéphanie Gibaud lanceuse d'alerte : "Le premier à ne pas respecter les lois, c'est l'État".Ancienne responsable marketing d’UBS en FranceLe 8 octobre 2018, la banque suisse UBS va se retrouver devant la Justice en France au Tribunal Correctionnel de Paris, une première mondiale pour cette banque qui jusqu’alors avait toujours trouvé des moyens d’éviter d’en arriver là, en négociant.Il y a plus de dix ans, en juin 2008, Stéphanie Gibaud, ancienne responsable marketing d’UBS en France, refuse de détruire des fichiers de son ordinateur, comme lui demande sa hiérarchie. Le bureau du directeur Général d’UBS vient d’être perquisitionné, et l’on exige d’elle qu’elle efface de son disque dur tous les fichiers contenant les noms des clients et de leurs chargés d’affaires. Stéphanie Gibaud refuse. Le harcèlement dont elle sera victime à partir de ce moment-là ne cessera pas, téléphone placé sur écoutes, ordinateur piraté, menaces,…tout est fait pour la détruire. Elle est désormais un « témoin gênant ».

Le procès qui débutera le 8 octobre prochain est donc celui d’une banque contre une « lanceuse d’alerte ». Mais depuis 2008, les Français ont largement entendu parler d’évasion fiscale, avec les affaires Cahuzac et Bettencourt, des personnalités qui avaient des comptes en Suisse, chez ? Chez UBS !

Alors que l’on demande depuis 40 ans des efforts aux Français, avec toujours plus d’impôts, ce procès devrait être l’occasion de leur rappeler que l’évasion fiscale, c’est pas loin de 80 milliards d’euros par an, à rapporter à l’Impôt sur le Revenu qui rapporte à l’Etat, 60 milliards par an !

Nous sommes là au coeur du fonctionnement de  notre système politique et économique, c’est pourquoi ce procès n’est pas seulement celui d’une personne harcelée au travail, il nous concerne tous.

C’est pourquoi, j’ai décidé de réaliser cette interview et de donner la parole à une lanceuse d’alerte qui a pris des risques pour que nous, Français, puissions avoir une vision réelle de ce sytème qui gangrène notre pays depuis très longtemps. Et si vous vous souvenez de l’opération Mains Propres en Italie (Mani Pullite), la France n’a de leçons à donner à personne, nous sommes très mal classés dans ce domaine.


Propos recueillis par Didier TESTOT

Directeur WWW.LABOURSEETLAVIE.COM

Commentaires

Articles les plus consultés