jeudi 11 août 2011

Bourse : Dans la fureur de l’été

par Didier Testot


C’était écrit depuis quelques jours, la période de turbulences en Bourse allait être sévère et d’un classique lorsque les investisseurs, ceux qui sont présents sur le marché, rappelons-le, avaient décidé de vendre en attendant d’y voir plus clair. En l’occurrence, il s’agissait que les politiques, après les banques centrales, puissent répondre à leurs attentes. Vœu pieu on le sait car le temps du politique n’est pas celui des investisseurs au jour le jour. Les réponses du genre « tout va bien on est fort »  suivez mon regard, n’ont donc aucune prise, car ce ne sont pas des éléments susceptibles de changer la donne face à l’avalanche d’ordres de vente.
Les rumeurs malsaines sur la Société Générale, démentie par la Banque  dans la soirée, ou sur la note de la France, font partie de ces périodes troublées des marchés.
Les rumeurs ne fonctionnent que lorsque ceux qui sont sur les marchés veulent y croire, donc hier, le 10 août, ceux qui étaient sur les marchés financiers ont voulu croire que ces folles rumeurs avaient un sens.
Le retour au calme prendra donc du temps, les dirigeants Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont apparemment utilisé la même stratégie, retour en vacances, après une réunion de crise, fixant un calendrier pour de nouvelles annonces.
Comme toujours, personne ne sait si ce calendrier peut tenir, mais c’est l’essence du politique que de fonctionner comme cela.
Reste pour les particuliers, même si les Français ne sont pas les Américains, qui investissent en Bourse, ou à travers une assurance-vie, qu’une nouvelle fois, ils ne peuvent que constater les variations de leur patrimoine, en « live », sans pouvoir faire grand-chose.
Sauf s’ils s’étaient préparé à cet événement, ce que font en général quelques professionnels qui ne dépendent pas de leur performance annuelle, ceux qui avaient du cash ont sans doute pu réaliser d’excellentes opérations. A condition de ne pas forcément être sur ces marchés pour le long terme.
C’est sans doute le nouveau trait de la finance depuis 2000, après la bulle internet, le 11 septembre 2001 imprévisible, la faillite de Lehman Brothers, être en Bourse avec des titres en direct dans un PEA relève de l’exploit. Les crises sont plus fréquentes, plus violentes aussi.
Le particulier qui n’a pas l’information des professionnels, doit donc adapter sa stratégie, selon ses besoins, selon ses possibilités, avec sang-froid, en se fixant des objectifs, en n’étant pas trop « gourmand », mais investir dans une entreprise dont on comprend l’activité, à un cours intéressant ou qui délivre un rendement, même pendant les crises, est possible.
Les leçons des crises sont souvent les mêmes : avoir des marges de manœuvre avant que la crise ne survienne est essentiel, savoir utiliser à bon escient sa connaissance des entreprises, n’investir que dans ce que l’on comprend, sans tenir compte aveuglément des « conseils »  avisés de tel ou tel expert qu’il soit proche ou pas, mais se forger ensuite sa propre opinion.
La Bourse peut permettre d’investir dans des entreprises, donc cela aide l’économie.
Les mouvements spéculatifs ont toujours existé, cela ne changera pas, reste à faire les bons choix, on peut se tromper, mais si l’on y arrive cela aidera l’économie à travers ces investissements et on pourra préparer l’avenir. Les PME notamment vont avoir besoin de financements. Si la Bourse ne finance plus l’économie, la crise s’aggravera encore davantage.

dimanche 7 août 2011

Bourse : l'heure de vérité après un été déjà meurtrier

par Didier Testot.
Nous y sommes, ce lundi 8 août 2011, les investisseurs asiatiques d'abord, puis européens ensuite, américains pour terminer nous diront ce qu'ils pensent de la dégradation de la note souveraine des Etats-Unis de AAA à AA+ avec une perspective négative. Certes les Bourses  de Tel Aviv en Israël et de Ryad en Arabie Saoudite ont déjà donné le ton, mais cela ne veut pas dire que les grandes places feront la même chose. Les investisseurs attendent aussi de la BCE qu'elle rassure les marchés cette fois-ci, notamment en rachetant des obligations italiennes.
Bref, une nouvelle partie de chaud et de froid est en route, car personne ne sait vraiment comment arrêter cette spirale de la peur et "d'éxubérance irrationnelle" des investisseurs.
Black Monday ou pas, la période actuelle fait partie des moments forts des marchés financiers qui dans ce cas ne sont fait que par ceux qui "osent" prendre des risques. Beaucoup d'investisseurs attendent d'y voir clair avant de se jeter dans la houle. 
Vendre à tout va, ne rien faire, tous ne font pas la même chose bien entendu, certains y sont obligés par les mouvements violents et par l'attitude de leurs clients qui les obligent à vendre, accentuant le mouvement en cours... La plupart attendent que l'orage passe.

Il seront là lundi pour décider de notre avenir...

L'été aura été meurtrier pas seulement du point de vue de la performance, mais peut-être et surtout par la prise de conscience d'une illusion, trois ans pratiquement après la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers : pas vraiment de reprise, pas d'argent ou peu d'argent investi dans l'économie, de l'argent (pas cher) qui tourne, tourne, sur des actifs qui conduisent (matières agricoles, matières premières..) à une inflation pour les consommateurs (cf dernièrement en Israël, les manifestants disent qu'ils n'y arrivent plus que la vie est trop chère, comme pour le printemps arabe)...Un moteur sous perfusion, gorgé d'huile, n'est pas efficace pour redémarrer.
Contrairement aux affirmations des banquiers centraux qui continuent de donner de l'argent sans contrôle, il faut trouver, est-ce encore possible ?, de l'efficacité dans la sortie de crise, même si cela doit prendre du temps, il n'est pas possible de recommencer les erreurs du passé.
Reprendre son destin en main, ce que font les politiques en général, mais aujourd'hui, les politiques constatent les dégâts de leurs errements passés, trop de complaisance à l'égard de la pure spéculation, au détriment de l'investissement productif. Cette complaisance, moins forte en Europe qu'aux Etats-Unis a mis le Monde à genou.
il est pathétique de voir la Chine pays capitaliste et communiste donner des leçons aux Etats-Unis.
Faute d'avoir fait le bon diagnostic à temps, la course contre la montre n'en est que plus désespérante. Espérons que les bonnes solutions seront enfin trouvées.
Une coccinelle s'envole, d'où ce voeu.