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vendredi 7 septembre 2012

Annus Horribilis pour PSA Peugeot Citroën sorti du CAC40

par Didier Testot.

Si PSA Peugeot Citroën a déjà fait l'actualité durant l'été pourri pour une grande partie du Nord de la France, c'était d'abord parce que le groupe avait du contenir ses déclarations de restructurations pendant plusieurs semaines, et qu'une fois l'élection de François Hollande à la Présidence de la République officialisée, perdre 200 millions d'euros de trésorerie (cash) par mois n'était plus tenable. Et voilà que l'automne n'est pas encore là mais la sanction du Conseil Scientifique de la Bourse de Paris vient de décider de sortir PSA Peugeot Citroën de l'indice CAC40, au profit du groupe Solvay, un chimiste qui remplace un groupe automobile. Une sortie effective à compter du 24 septembre 2012. Ce qui conduira des fonds d'investissements qui avaient encore du titre Peugeot en portefeuille à se délester un peu plus.
Comment PSA en est arrivé là ? c'est la question que tout le monde se pose. Et chacun à sa réponse, elle est rarement favorable au groupe, car l’affaire Peugeot a déjà pris un tour politique. Même si Peugeot contrairement à Renault est encore un groupe privé, son importance en France en fait un interlocuteur obligatoire de n’importe quel Gouvernement et comme il est nouveau (NDA, le Gouvernement), il tire de son élection la force de dire des choses qu’en fin de mandat il n’oserait pas dire.
Il est vrai que dès que le sujet est devenu politique, il est difficile de rester zen et factuel.
Les petites phrases se sont succédées, le rôle de la famille Peugeot dont on avait appris grâce à Thierry Peugeot, le Président du Conseil de Surveillance (interview du Figaro) que 90% est en France, ce qui en laisse 10% en Suisse, ce qui suffit à faire de cette famille, une famille «suspecte» de jouer sa propre partition.
Ce n’est pas ce terrain qui m’intéresse, d’autant que le titre qu'avait trouvé un quotidien : « La riposte de Thierry Peugeot » (Le Figaro) avait contribué à ce débat stérile. Lisez bien  l’article et voyez qu’en matière de riposte, on ne trouve rien !

Peugeot Mulhouse (Photo PSA)
Peugeot, PSA Peugeot Citroën est un grand groupe privé automobile, familial, avec un certain savoir-faire reconnu sur des technologies (diesel, hydride diesel…), mais aussi un groupe familial qui depuis les années 1990, c’est à cette époque là que j’ai fait sa connaissance n’a cessé de faire appel à des dirigeants extérieurs pour le « sauver ». 
La nomination d’un Jacques Calvet, banquier, mais profane en matière automobile était-il un bon choix ? Certes, il fallait « déjà » remettre de l’ordre dans la maison Peugeot !
Un souvenir un seul, mais il est en soi symptomatique :  Lors d’un essai de la Peugeot 306, dans le désert du Sinaï, avec à mes côtés Frédéric Saint-Geours, alors directeur de la marque Peugeot, si j’avais pu constater l’agilité et la tenue de route de la voiture, le « toucher » disait le marketing maison, la qualité intérieure des plastiques (collage sommaire…) avait conduit plusieurs journalistes à le faire remonter à la direction. 
Les essais automobiles pouvaient donc servir aussi à cela ! 
Comme si la fabrication automobile, en bout de chaine n’était pas suffisante et que les journalistes devaient jouer les futurs clients. Que dire de la sellerie dont les motifs pouvaient varier au gré des souhaits de Madame Calvet ? 

Depuis Peugeot comme Citroën ont fait des progrès en termes de qualité, mais peut-on vraiment dire qu’ils sont au niveau des constructeurs allemands de ce point de vue là. Constructeurs allemands qui ont eu (Mercedes, Vokswagen ou BMW) eux aussi leurs lots de problèmes : tdi, injecteurs pompes, …mais qui ont su garder une image de marque.
Les Français et Peugeot n’est pas seul dans ce cas n’ont cessé de courir après le haut de gamme, sans jamais réussir à égaler les Allemands. 
Et à force de mettre en avant les petites voitures à faible marges, l’écart s’est creusé en Europe et dans le reste du Monde. Ceux qui connaissent le marché chinois, savent que les Chinois n’ont pas voulu des premières Citroën qui leur étaient proposées, pas au goût des chinois.
Dans les années 90, c’était cela Peugeot, un style très particulier, et Jacques Calvet avec qui j’avais eu l’occasion de discuter longuement dans l’avion du retour d'Egypte, qui n’avait qu’un seul sujet de communication : les constructeurs japonais qui allaient envahir l’Europe. Il ne parlait à la fin de son mandat presque plus de Peugeot, un comble.  
Alors bien sûr, les successeurs de Jacques Calvet n’avaient pas tous le même profil, mais peut-on dire qu’ils connaissaient l’automobile, pas la sidérurgie ou l’industrie, mais bien le produit automobile ? 
Trouve-t-on dans les profils des dirigeants, un ingénieur moteur par exemple ? Non jamais. Ils ont en tout cas permis à PSA Peugeot Citroën de s’internationaliser, mais toujours en restant très, trop européen ?
Et pour revenir un instant sur le débat politique malsain qui a débuté, trop européen, cela veut dire, pas assez là où les marchés sont en croissance.

Dans les rapports annuels des dernières années, PSA parle de croissance en « Europe occidentale, Mercosur, Europe centrale et Chine ». Depuis les années 90 justement, il est dit qu’il existe un constructeur européen de trop, Fiat a souvent été cité, et ce marché n’est pas moins concurrentiel au contraire, les rabais consentis par les uns et les autres ont fini de convaincre le consommateur que les primes faisaient parti de ce marché.
Ce n’est donc pas là qu’il fallait lancer la nouvelle bataille, mais bien sur d’autres continents. Le groupe Volkswagen l’a fait il y a bien longtemps notamment en Chine ce qui lui permet de vendre son haut de gamme Audi, aux chinois friands de ce segment sur lequel Renault comme PSA n’ont pas daigné faire le nécessaire.
Un analyste financier m’avait dit « c’est la faute à de Gaulle avec sa taxe sur les véhicules haut de gamme », peut-être mais depuis de Gaulle, ça fait un bail, tiens restons avec Audi, prenez une Audi des années 80 et une Audi de 2012, de l’ombre à la lumière non ? Donc il était bien possible d’aller pour une partie vers ce segment de marché, plus lucratif. 
Pourquoi les Français ne l’ont-ils pas fait ? Mystère qui coûte cher aujourd’hui, et c’est pourtant ce haut de gamme qui permet à Audi de vendre une A1 (sa petite voiture) plus chère.

Depuis des années, malgré des bonnes évolutions comme la stratégie de plateformes initiée par Jean-Martin Folz et la montée en gamme avec la DS qui arrivent bien tard, les perspectives ne peuvent être tenues, en 2006, on parlait de 4 millions de véhicules vendus, de qualité, de réduction des coûts, de plan produit, de l’international…afin d’être en 2015, le « constructeur européen le plus compétitif d’Europe avec une marge opérationnelle de 6 et 7% »
Plus récemment, les perspectives 2011 s’écrivaient simplement pour PSA : «  Notre situation financière reste robuste et sécurisée, nous nous attendons pour 2012 à des conditions de marchés encore difficiles en Europe ». L’Europe encore, pourtant du côté des équipementiers automobiles, la mue a été opérée pour ceux qui ont su tirer profit de la mondialisation du marché.
Et en 2012, avant cette crise PSA /Etat ? « Le groupe met en place une série de mesures centrée sur un management soutenu du cash, elles permettront d’améliorer significativement la performance et de réduire l’endettement, tout en renforçant la stratégie ». (Rapport annuel 2011 PSA Peugeot Citroën).
Des mots qui dans le contexte actuel, donnent du grain à moudre à ceux qui pensent que la stratégie de PSA Peugeot Citroën n’est pas assez efficace. Le pari du tout diesel, alors que le Monde roule avec un moteur essence en est un autre exemple. 

La famille Peugeot et-elle responsable de cela ? Elle ne peut pas s’en exonérer totalement et considérer qu’elle a fait le nécessaire, sinon elle n’en serait pas là aujourd’hui à attendre un énième plan gouvernemental, et le deuxième en moins de trois ans ! 
La prime à la casse a servi les intérêts de la famille Peugeot, mais a-t-elle servi la stratégie de Peugeot ? Pas si sûr. L’automobile, après l’industrie textile et la sidérurgie a un problème simple : elle n’arrive pas à vendre avec suffisamment de marge pour investir et continuer ses développements là où les marchés sont demandeurs.
Citröen peut-elle prétendre rivaliser avec Audi avec une gamme DS ? Peugeot qui pendant de nombreuses années s’est focalisé sur le diesel, peut-elle ignorer des marchés qui ne vivent que par l’essence ? Continuer sur le segment des petites voitures peu rentables est-il mortel ?
Volkswagen encore et toujours qui perdait 5.000 francs par Golf sortie de ses usines Ouest-allemandes est aujourd’hui celui qui donne une leçon de stratégie aux Français et se permet d’être en avance sur son plan de développement. L’automobile a cela de fantastique, que le plus moribond des constructeurs peut revivre, aux Etats-Unis, grâce à la loi sur les faillites (cf GM) en Europe, souvent grâce aux Etats, donc aux contribuables. Mais les temps ont changé, PSA Peugeot Citroën doit vite retrouver une ligne stratégique qui lui permettra de rivaliser avec Volkswagen, pas un énième plan de réductions des coûts qui ne fait que retarder d’autres échéances, mais un plan de développement produits justement qui lui permettra d’aller plus loin comme c’est le cas en général pour un groupe familial, qui vise le long terme. Pas une succession de réductions, restructurations, sous la pression.
Pour PSA Peugeot Citroën, c’est la question centrale, groupe familial, Thierry Peugeot et sa famille, doivent trouver les moyens de redonner un sens à ce mot, qui est un gage de vision pour les investisseurs, même s’il existe des exceptions. 

La famille Peugeot doit comprendre que la qualité est la clé pour l'image et le prix de vente.  
Quand un cadre supérieur de banque découvre que sa nouvelle "508", le haut de gamme de Peugeot à plus de 40.000 euros a un problème de "Bluetooth" et de toit ouvrant qui se bloque, il n'est pas sûr de reprendre ce véhicule. On l'a dit Peugeot n'a pas été seul dans ces problèmes de qualité, et des progrès ont été faits, en face aussi. 

Les marchés en croissance ne sont pas en Europe, ils sont surtout en Asie. Et cette nouvelle population, n'a pas l'intention de rouler "en Renault 5 ni en 205", mais bien de montrer qu'elle réussit avec une voiture à l'image haut de gamme. 


Le Président François Hollande aurait pu aider Citroën si au lieu de monter à bord de la DS5 Hybrid 4, il avait choir la DS9 montrée aux chinois. 

Et l'hydride-électrique sur lequel des paris sont pris, n'est pas une réponse sérieuse, j'imagine que la famille Peugeot le sait, l'Etat, lui a trouvé une solution politique à court terme. La crise économique et sociale que nous traversons, ne permettra pas aux Français de s'équiper en hydride-électrique, prime ou pas, il n'en ont plus les moyens. 
Et puis à ce sujet comme il faut rafraîchir la mémoire des uns  et des autres, voyez ce qu'en disaient les constructeurs automobiles, dont PSA Peugeot Citroën, c'était il y a deux ans, au Mondial de l'Automobile. Ce segment sera largement minoritaire et pour encore longtemps.

Zapping Mondial de l'Automobile Paris 2010


Le monde automobile est en perpétuel renouvellement, PSA Peugeot Citroën, groupe familial, doit retrouver la force qu'il n'aurait jamais du perdre, celle de construire une stratégie dans la durée, en France et hors de France, lui permettant de franchir des étapes pour non pas rester dans la course, mais pour devenir leader. 
Volkswagen, le rival Allemand a trouvé la clé, alors qu'il a connu situation comparable à celle de PSA. 

La sortie du CAC40 permettra-t-elle finalement comme un électrochoc le réveil de ce groupe familial ? C'est ce qu'on lui souhaite, même si cela risque de se faire dans la douleur (Aulnay), car la clé de la stratégie familiale réussie, reste à n'en pas doute, l'anticipation, pour ne pas subir. À méditer en famille chez Peugeot.

dimanche 19 août 2012

Patrick Ricard Pdg discret d'une entreprise devenue mondiale

par Didier Testot
C'est avec surprise que j'ai appris le décès de Patrick Ricard, l'ancien Pdg du groupe Pernod Ricard, en ouvrant ma messagerie, un peu trop tôt, ce dimanche matin. Surprise, parce que je l'avais croisé en juin dernier au Centre Georges Pompidou, lors d'une exposition parrainée par le groupe, où il saluait ses invités. J'avais eu l'occasion à ce moment-là d'échanger quelques mots avec lui et d'évoquer le nouveau media que j'avais créé, la Web Tv http://www.labourseetlavie.com. Et s'il avait passé la main directionnelle à Pierre Pringuet, il était encore largement présent au siège de Pernod Ricard et continuait ses visites de sites du groupe.
Mes souvenirs personnels avec lui, sont principalement ceux lors des interviews de Bloomberg Télévision, et s'il est difficile de juger, à chaque passage de tel ou tel dirigeant, de sa qualité, une impression demeure selon le style du dirigeant.
Patrick Ricard avait un sens commercial aigu, étant capable de décliner l'envergure de son groupe et d'argumenter sur son évolution, de manière assurée. Il en était pourtant presque resté modeste, malgré des acquisitions majeures, c'est cette modestie qui m'avait le plus frappée.

Patrick Ricard (Photo extraite de la vidéo Groupe Pernod Ricard)
Patrick Ricard comme pour d'autres dirigeants que j'avais interviewé, est, et restera, l'artisan de la forte internationalisation du groupe, mais au-delà, un stratège discret, mais qui a su, dans ce marché concurrentiel, les vins et spiritueux, aller chercher la tête du secteur, alors que des erreurs ou des hésitations auraient pu le cantonner à la version que retiennent encore certains medias aujourd'hui : "le roi du Pastis".
La Maison des Marques (site Pernod Ricard) 

Certains commentateurs considèrent même que cela peut être un de ses échecs de ne pas avoir réussi à l'exporter, ce pastis, mais c'est sans doute par ignorance, car ils ne connaissent pas ce secteur, qui en quelques années à complètement changé. L'important n'est pas le Pastis à tout prix, même s'il rapporte des marges plus que confortables au groupe, mais d'avoir su capter, grâce à des acquisitions consolidantes, l'évolution du marché mondial avec d'autres marchés : Whisky, Vodka ..
Cette "Maison des marques" qui figure sur le site du groupe Pernod Ricard, en est l'illustration avec ce considérable portefeuille, et une constance, à partir des acquisitions, montée en gamme, vers ce que les acteurs du secteurs appellent, une marque "Premium" et qui apparaissent dans cette Maison Pernod Ricard.
Les acquisitions justement, c'est la clé pour n'importe quel groupe du CAC40 sur les dix dernières années pour rester dans la course ou la gagner. Mes rencontres avec Patrick Ricard ont débuté au début des années 2000 durant cette période, même si je connaissais déjà le groupe et ce fut une période intense : 2001, le rachat de 39,1% des activités vins et spiritueux de Seagram et acquisition de Wyborowa (Vodkas), suivi en 2005 d'Allied Domecq, en partenariat avec Fortune Brand, nouveau doublement de taille et devient le numéro deux mondial pour en 2008 avec Absolut (Vodka) devenir le co-leader mondial.

Dix années qui ont façonné ce groupe, lui ont donné un élan déterminant pour atteindre ce niveau, sans que Patrick Ricard ne soit omniprésent dans les medias et reconnu ou célébré par les fameux "Prix du meilleur Prix du plus ...". Et c'est sans doute ce qui est le plus étonnant dans cette aventure, la vraie "saga" Pernod Ricard, a été réalisée presque dans la discrétion, et ce n'est pas une tare, au contraire.
Patrick Ricard avait les idées claires sur sa stratégie pour changer la dimension du groupe, et il l'a fait sans doute en "étonnant son monde", et c'est finalement lorsqu'il est devenu co-leader mondial, que la plupart des medias réalisaient alors le parcours accompli. Une discrétion gagnante.

Bien sûr il n'est pas facile de parler "vins et spiritueux", sans parler alcoolisme, prévention, mais si chaque entreprise dans son secteur doit prendre en compte sa responsabilité, elle n'a pas non plus à "s'excuser" pour son développement mondial. Une vision et un positionnement. Comme le souligne le groupe, 2010 était l'année où "la région Asie et Reste du Monde devenait la première région du groupe".
Sans renier ses origines, le Pastis, le groupe a pu construire sa "Maison des Marques", et si le Pastis n'a pas conquis le Monde, le Whisky, encore loin du Cognac en Asie, a déjà confirmé tout son potentiel. Un groupe n'est pas là pour regarder le passé avec nostalgie, et ne pas évoluer, mais doit au contraire trouver dans ses racines, l'occasion d'évoluer pour se faire sa place au soleil.
Un groupe familial, avec ses règles de fonctionnement et qui parmi celles-ci a bien évidemment, le soucis de la transmission d'un certain savoir-faire, c'est ce qu'évoque Patrick Ricard, à la fin de cet interview, extraite d'une vidéo fournie par le groupe.


Pernod Ricard, dans le secteur des vins et spiritueux s'est donc fait une place prééminente, et ces dix dernières années ont été essentielles pour le groupe.
Le décès de Patrick Ricard au-delà de ses proches, aura des conséquences pour le groupe. C'est le lot des groupes familiaux qui s'ils ont la durée avec eux pour se transformer, ne maitrisent en revanche pas toujours le moment des transmissions. 
Pernod Ricard, qu'on se le dise, c'est bien plus que le Pastis, avec 18.000 collaborateurs et 107 sites de production, l'aventure continue.

Depuis la création du média Web TV, vous pouvez retrouver les vidéos concernant la stratégie de Pernod Ricard, notamment avec Gilles Bogaert qui a été le directeur Financier du groupe, via ce lien direct http://www.labourseetlavie.com :

mardi 3 juillet 2012

Interview de Frédéric Oudéa Pdg de la Société Générale

par Didier Testot.
Aux rencontres du Forum Paris Europlace 2012 , nous avons interrogé Frédéric Oudéa le Pdg de la Société Générale.

Sommet européen, union bancaire, Libor, Bale3, banque universelle, règlementation, traders, nous passons en revue l'actualité du secteur bancaire et la stratégie de la Société Générale.

Frédéric Oudéa Pdg de la Société Générale (3/07/2012)

Voici le transcript de l'interview réalisée le 3 juillet 2012: 

Web TV www.labourseetlavie.com : Frédéric Oudéa, bonjour. Vous êtes le Pdg de la Société Générale. Nous sommes avec vous aux rencontres Paris EUROPLACE où vous intervenez sur une table ronde qui concerne la réforme des marchés financiers et comment optimiser le financement de l'économie ?  C'est vrai que c'est le sujet crucial du moment, compte tenu de la crise économique et financière, de votre point de vue est-ce que ce qui s'est passé du côté européen a amélioré les choses ? On a parlé d'union bancaire, on a eu sauvetage de banques espagnoles, est-ce que l'environnement s'améliore de votre point de vue ?
Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Alors, d'abord effectivement, le financement de l'économie européenne, c'est le grand défi des prochaines années. Et quand on dit financement de l'économie, c'est principalement bien sûr le financement des entreprises via les actions comme d'ailleurs le crédit. Alors, c'est vrai que, et c'est une très bonne chose, le sommet européen a été bien accueilli et probablement le résultat a été supérieur aux attentes. Le sommet européen, je pense d'abord, réaffirme l'engagement d'avancer dans une construction intégrée de la zone euro et de l'Europe, et deuxièmement, met en place effectivement des ingrédients, des éléments de cette intégration, notamment une union bancaire.
Alors, qu'est-ce que c'est que cette union bancaire ? C'est une supervision qui soit notamment confiée à un niveau qui dépasse le niveau national, et puis des mécanismes de solidarité qui rétablissent la confiance, préservent la confiance dans le secteur bancaire de la zone euro.

Web TV www.labourseetlavie.com : Du côté des banques, on pourrait dire que là cela ne s'améliore pas. On a eu un scandale du côté du LIBOR avec Barclay mis en cause, on a eu les pertes accrues de JP Morgan, on a l'impression que de ce côté-là, rien ne change. Est-ce que c'est votre point de vue ?

Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Non, et là évidemment, la résonnante de ces différents sujets impacte à nouveau l'image des banques, mais je crois qu'il faut sérier les problèmes et prendre un peu de distance. Depuis le début de la crise, les choses ont profondément changé, les modèles des banques ont profondément changé et toutes les affaires dont on parle, certaines des affaires en tout cas, remontent à avant la crise d'ailleurs. Donc je crois qu'il faut bien entendu continuer à renforcer la sécurité du système, mais bien entendu aussi prendre en compte les enjeux attachés une nouvelle fois au financement de l'économie.
Une économie forte a besoin de banques, une économie forte a besoin de banques fortes. Le financement de l'économie européenne va dépendre dans les prochaines années de plus en plus des activités de marché, et l'enjeu bien entendu c'est justement que ces activités fonctionnent de manière efficace dans la zone euro et l'Europe de demain.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, avec ces derniers événements, vous comprenez que certains poussent effectivement à une séparation des activités de banque de financement et d'investissement, et des activités de banque de détail en disant que finalement ces activités de banque de financement ne sont pas contrôlées ou contrôlables même ?

Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : D'abord, le point fondamental c'est que justement effectivement elles sont contrôlables et il faut que le contrôleur fasse bien son travail. La régulation, la qualité de la régulation, la qualité des contrôles, c'est cela qui fait le système, in fine la résistance du système. Quand on regarde finalement les graves crises depuis cinq ans, elles viennent toutes de crises immobilières, que ce soit aux États-Unis, en Irlande, en Espagne. D'abord, la première des leçons, les crises immobilières c'est cela qui déstabilise notamment les systèmes bancaires. Et derrière la crise immobilière, c'est la qualité de l'origination du crédit. Donc, en ce qui concerne l'organisation des banques, ce que nous disons, nous, c'est que le modèle de banque universelle a montré sa solidité à travers la crise. Et nous pensons qu'il faut préserver ce modèle, un modèle tourné vers ses clients, un modèle qui ne se consacre pas à la spéculation, des activités purement spéculatives, mais ce modèle universel c'est celui qui est adapté à l'Europe.

Web TV www.labourseetlavie.com : Est-ce qu'il n'a pas montré ses failles justement puisque finalement il est assez récent ce modèle, il y a une quinzaine d'années ? Alors que l'on pourrait dire que de 1933 à 1999, avec le fameux Glass Steagall Act aux Etats-Unis, cette séparation, il n'y a pas eu de risque systémique, il n'y a pas eu de graves crises, et là finalement on vit la pire crise depuis 1929 avec ces nouveaux modèles.

Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Je vous ferai observer que les grands sinistres bancaires sont le fait d'établissements spécialisés. Lehman n'est pas une banque universelle, Bankia qui vient d'avoir un problème, 23 milliards d'euros, ce n'est pas une banque universelle, c'est une banque de détail très simple, sans activités de marché, qui ne fait que du prêt immobilier.
Une nouvelle fois, le modèle de banque universelle, son intérêt c'est quoi ? C'est la diversification des activités. Il faut en matière bancaire être humble. On peut tous faire une erreur sur un crédit, il peut y avoir une perte sur les activités de marché, la matière bancaire ce n'est pas quelque chose si simple que cela. En revanche, le point important c'est justement d'éviter de faire une trop grosse erreur sur un risque donné. Le bénéfice du système universel, c'est justement la diversification du risque. Et puis, le bénéfice du système universel c'est aussi pour le client un accès à différents services avec un banquier qui lui ouvre les services de la banque.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, on pourrait dire qu'avec l'affaire JP Morgan, c'est encore un trader qui effectivement se retrouve mis en cause et les pertes de pratiquement 6 milliards. Donc est-ce que l'on peut contrôler cette activité-là ? Est-ce qu'aujourd'hui ce qui est arrivé dans certains dossiers peut et ne peut plus arriver parce là c'est tout récent et c'est encore un trader qui fait ce genre de choses ?

Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Attendons d'abord d'y voir clair. Moi, je ne sais pas exactement quelle est ni l'ampleur de la perte, et les raisons de la perte.

Web TV www.labourseetlavie.com : Elle a grossi, ce que l'on peut dire c'est que par rapport à l'estimation …

Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Attendons. Je doute en plus que ce soit un trader, ce n'est pas, à mon avis, un trader. Une nouvelle fois, le point important : est-ce que JP Morgan d'aujourd'hui a la capacité d'absorber cette perte ? C'est le cas puisqu'effectivement JP Morgan, une nouvelle fois, est une banque avec beaucoup de capital et des profits. Donc une nouvelle fois, le point important, je crois, c'est que il peut y avoir des prix qui conduisent à des pertes, il peut y avoir des activités de marché qui intrinsèquement conduisent à des pertes, le point important, il ne faut pas que la perte soit trop importante pour mettre en cause évidemment la sécurité de l'établissement bancaire, c'est cela le point important.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors vous parliez de résistance de ces banques universelles et en même temps on vous voit, vous, comme d'autres d'ailleurs, comme d'autres banques universelles, aller au guichet de la Banque Centrale Européenne pour chercher des liquidités, donc on se dit que la situation quand même n'est pas encore réglée ou loin d'être réglée ?

Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Alors, la crise n'est pas terminée, on le voit bien, il y a une crise de confiance profonde dans la zone euro et il faut continuer à rétablir cette confiance. En ce qui concerne les liquidités de la Banque Centrale Européenne, c'est quoi ? C'est un filet de sécurité, c'est une assurance. C'est de se dire justement : « le système bancaire va pouvoir continuer à financer l'économie indépendamment de ce qui peut se passer concrètement sur la question de la confiance dans la zone euro et qui peut, potentiellement, temporairement, limiter l'argent qui arrive dans le système bancaire européen notamment. Donc c'est une très bonne chose, c'est un montant qui est finalement limité par rapport à la somme totale des prêts, et c'est une assurance. C'est comme cela en tout cas que les banques françaises ont utilisé cette facilité.
Web TV www.labourseetlavie.com : Est-ce que l'on ne reste pas finalement dans un déséquilibre structurel entre les dépôts et les crédits, justement pour financer vos activités de marché et toutes les activités à l'international ?
Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Alors, vous mentionnez, à juste titre, un point très spécifique du système bancaire français, c'est qu'il a plus de crédits que de dépôts, et donc justement il n'y a pas un centime d'euro des Français, un centime de dépôt qui va financer des activités de marché.
Nous n'avons pas assez d'argent pour financer les prêts aux particuliers et les prêts aux PME, et ça, c'est vrai que c'est une faiblesse, ou en tout cas un des points sur lequel il faut corriger la situation française au regard de la nouvelle réglementation. Et comment il va falloir faire ? Il va falloir rapatrier plus d'épargne des Français sur le bilan des banques françaises, c'est un des enjeux des deux à trois prochaines années.
Web TV www.labourseetlavie.com : C'est pour cela que vous dites que vous n'êtes pas favorable à l'augmentation des dépôts sur le livret A. notamment.  On pourrait dire : "Où investir son argent aujourd'hui ?" Qu'est-ce que vous dites aux Français qui nous regardent : investir en bourse ? Où investir ? Parce que là, c'est de la liquidité, on sait quand on met sur son livret A et après on récupère l'argent ?

Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Absolument. Je comprends très bien, moi, l'attitude des Français, mais en même temps, cela pose un vrai problème parce que une économie où l'épargne des Français, des acteurs, ne va ni sur les actions qui financent le développement des entreprises, la capacité à investir, ni dans les bilans bancaires pour alimenter le crédit, et qui va finalement sur un produit très liquide mais dont finalement l'utilisation est peut-être largement sous-exploitée, sous-optimisée, ce n'est pas sain. Il faut, une nouvelle fois que l'on ait des incitations fiscales au profit des financements longs, que ce soit les actions ou le crédit bancaire à destination des entreprises. C'est comme cela que l'on créera de l'emploi et c'est comme cela que l'on optimisera le financement de l'économie.

Web TV www.labourseetlavie.com : En conclusion, on voit qu'il y a eu des réformes aux États-Unis, il y en a eu au Royaume-Uni, pour la France, il n'y a pas de réforme nécessaire des banques universelles françaises ? Cela paraîtrait étonnant qu'il n'y ait aucune réforme, que l'on ne change rien en France ?
Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Alors, d'abord, il faut évidemment sortir d'une logique nationale. Cet enjeu est européen, cet enjeu est européen parce que, on le voit, il faut raisonner Europe quand on parle financements, activités financières, et d'ailleurs encore une fois le sommet va, de ce point de vue, dans le bon sens en parlant d'union bancaire, cela veut dire une dimension européenne.
Alors, aujourd'hui il y a un groupe de réflexion qui a été mis en place au niveau de la commission qui est en train de regarder si au fond au-delà des réformes considérables de Bâle III, il faut rajouter quelque chose en complément sur l'organisation. Attendons les conclusions de ce groupe, et, à mon sens, c'est en fonction de ces conclusions, qu'il faudra décliner au niveau national des adaptations supplémentaires. Nous sommes de ce point de vue plutôt en faveur de règles Volcker à l'européenne puisque c'est déjà ce que nous faisons et que cela va dans le bon sens, à savoir limiter bien sûr les activités spéculatives. Ce n'est pas ce qui nous intéresse, nous nous intéressons à nos clients.

Web TV www.labourseetlavie.com : Merci Frédéric Oudéa d'avoir fait le point avec nos. On rappelle que vous êtes donc le PDG de la Société Générale.

Frédéric Oudéa, Pdg de la Société Générale : Merci.

La vidéo de cet interview est ici : www.labourseetlavie.com

© Tous droits réservés Web Tv www.labourseetlavie.com 3/07/2012

lundi 18 juin 2012

La Bourse et les valeurs "hollandaises"

par Didier Testot
La Bourse et les socialistes, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les investisseurs ont pu apprécier ces périodes, la preuve en image avec ce graphique des années pendant lesquelles François Mitterrand a dirigé la France. La Bourse a connu l'une de ces meilleures périodes sous sa mandature.




Le quinquennat de François Hollande qui a désormais tous les pouvoirs (inédit pour les socialistes sous la Vème République) sera-t-il un bon cru pour les investisseurs ?

Christian Cambier Gérant chez Prigest
Christian Cambier le croit, il est gérant chez Prigest, selon lui les socialistes auront besoin des marchés financiers.


Extrait de la vidéo réalisée et diffusée sur la Web Tv http://www.labourseetlavie.com. 





Bourse - Crise - Europe : Face aux risques.


La vidéo complète : www.labourseetlavie.com

lundi 4 juin 2012

Un essai automobile en 2012 avec Audi à Monaco

par Didier Testot.
Dans les années 90, j'étais passionné d'automobiles, et je le reste.
J'avais créé dans le journal La Tribune une rubrique essais automobiles. Ce fut l'occasion pour beaucoup de journalistes de la rédaction de découvrir des voitures de rêves (Mercedes 500 SL, Jaguar Cabriolet ou Lancia Delta HF Turbo...) mais aussi des voitures de tous les jours.
Vingt ans après, l'occasion m'était donnée de venir participer à un nouvel essai automobile.
La passion étant intacte, j'ai accepté, et c'est la marque Audi qui réalisait cet essai avec l'A1 Sportback et des A6 notamment. Un essai sur une journée, levé très tôt pour un aller et retour Paris - Monaco.
A1 Sportback
Audi est devenu le numéro 1 du marché haut de gamme en France. Connu pour ses berlines, A4 ou A6, le groupe allemand est lui aussi descendu en "taille" pour proposer son A1. Une A1 fabriquée à Bruxelles dont la société espère vendre 15.000 exemplaires en 2012, dont 50% seront des Sportback.
L'année 2011 a été une année record au niveau du groupe et la marque très présente en Chine a vu ses ventes bondir de 37% dans ce pays.

La petite Audi Sportback complète donc la gamme A1 3 portes, et propose 4 ou 5 places au choix, 7 moteurs disponibles, 4 Essence et 3 Diesels (TDI). Pour un prix de 17.400 euros à 28.800 euros. Une Audi a un prix.
A6 BiTDI
De l'A6 à l'A1, il y a forcément une stratégie et des impératifs à tenir si l'on veut garder l'image de marque.

Lors de cet essai organisé à Monaco nous avons rencontré François Baquet, le Directeur des Relations Publiques qui est revenu sur la stratégie de la Marque ainsi que Jim Basté, un designer Audi, qui nous a éclairé sur les enjeux derrière les nouveaux modèles et la signature Audi, désormais reconnue.

C'est l'un des grands changements des dernières années pour Audi, aujourd'hui, la signature Audi est aussi dans les phares de chaque voiture. Une reconnaissance visuelle devenue déterminante.

L'interview de Jim Basté, Designer :



Quand à François Baquet, il revient sur l'actualité Audi à travers cet essai, la marque (très présente en  Chine) devrait connaître une excellente année 2012.



Et une journée de tournage, qu'est-ce que cela peut donner ?

Et bien à cette occasion, voici pour terminer, avec les images et le reportage, un aperçu plutôt original de cette journée, vu par Nicolas Simon, cameraman pour ce reportage réalisé pour LA BOURSE ET LA VIE TV.



mercredi 9 mai 2012

Bourse - Europe - Crise : L'heure de vérité pour la France

par Didier Testot.
Ce n'est pas ici que vous lirez un article plein de caricatures, ou auto-congratulant l'auteur, ce n'est pas dans le style de la maison. Le titre "heure de vérité" est simplement celui d'une réalité. Depuis 2008, malgré toutes les mesures et ou actions des gouvernements européens, nous avons désormais la certitude que rien n'est réglé, les investisseurs eux le savaient déjà.
Les politiques, dont le duo européen de tête Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont dans cette période, surtout gagné du temps et mis des rustines là où il fallait, sans pour autant changer les fondamentaux de l'Europe. L'Europe, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, est une Union monétaire avec des Etats qui ne peuvent pas trouver les moyens de leur croissance. L'austérité décrétée si elle peut être jugée légitime par les prêteurs, ne l'est plus par les peuples. Et sans ou contre les peuples, l'Europe ne peut pas avancer. La Grèce en est aujourd'hui un symbole, malgré elle, l'Espagne aussi.
Cette Europe qui ne fonctionne plus c'est celle "inventée" par l'Allemagne à son seul profit. En période de croissance, les autres Etats pouvaient s'en sortir, mais en période de crise, seule l'Allemagne tient la corde.

Photo AFP (Nicolas Sarkozy et François Hollande)
Nicolas Sarkozy qui montre la voie à François Hollande sur cette photo n'est sans doute pas mécontent d'en finir avec ce climat européen délétère. Il aura essayé de trouver des solutions, mais "sa" faiblesse, "notre" faiblesse est venue du fait tout simple que nous ne faisions pas le poids face à l'Allemagne, car depuis dix ans, nous avons attendu la crise pour tenter de nous réformer. Si il y a dix ans nous avions fait les "efforts", vilain mot en France, pour un Etat et des Régions plus efficaces et qu'un Gerhard Schröders de droite en France avait donné le ton, nous aurions alors pu dire à l'Allemagne qu'il fallait changer le système et que l'hétérogénéité de l'Europe devait conduire à des aménagements. L'Allemagne qui l'avait fait avec l'Allemagne de l'Est aurait pu l'admettre plus facilement. Une Union monétaire, n'est pas forcément, une Union où tous les membres avancent à la même vitesse. On admet aisément que la Californie n'est pas L'Arizona, mais pas que la Grèce n'est pas l'Allemagne.

En 2012 faute d'efforts, pas forcément identiques, car chaque pays doit trouver sa voie, François Hollande va tenter un coup politique dont la France a le secret et dont avec Nicolas Sarkozy elle s'était déjà illustrée, la politique des "coups" pour faire admettre aux autres que notre système que nous n'avons pas réformé, est le seul qui vaille. Oui il faut de la croissance en Europe, oui il faut que cette Europe donne de l'espoir plutôt que du désespoir qui amène les extrêmes au delà du folklore, à être en position d'arbitre. Il faudra donc aussi que la France prouve sa bonne foi, son intelligence pour se réformer, si elle ne donne pas de gages mais uniquement remue des épaules, la crise s'amplifiera, et tous les Français comme les européens vivront encore plus durement cette absence de vision politique.
A l'image des entreprises de notre pays, dont je côtoie depuis de nombreuses années les dirigeants (www.labourseetlavie.com) et que j'ai vu s'adapter à notre nouveau monde, la France (administration, Etat, collectivités, services publics,...) doit aussi le faire, pour le bien de tous. 
Quel homme politique a-t-il essayé une fois de faire en sorte qu'un Etat plus efficace au service de tous, soit moins pléthorique ? Pas beaucoup de noms à sortir du chapeau et pour cause depuis 1973, la fuite en avant nous a conduit à une seule image : la France symbolisée par le Coq, les pieds dans la merde et qui chante toujours fort !

Faisons un audit de ce qui marche, de ce qui ne marche pas, la Cour des Comptes le dit tous les ans, et avançons. Ensemble oui, mais avec lucidité, et croire qu'avec 60.000 fonctionnaires de plus on peut régler un problème et plus de 30 ans de fuite en avant, est illusoire. 
Des fonctionnaires efficaces oui, mais cela veut dire que là où ils vont être, on pourra mesurer leur nouvelle efficacité, sinon, désillusion à venir. Tout le monde sait que certaines personnes ne servent à rien dans l'Etat et les collectivités. Récemment, d'anciens fonctionnaires me parlaient d'un service au sein d'un Ministère, qui en était l'illustration. Cela se sait, il faut du courage pour expliquer que cela ne peut plus continuer. 

En 2007, la perspective d'un échec de Nicolas Sarkozy était le Front National, François Hollande peut n'être qu'un intermède, ou celui qui prendra conscience, que la politique doit changer, et devenir efficace dans la crise en mettant en oeuvre les mesures qui conduiront à plus de compétitivité, encore un mot qui fait peur, à côté d'une Allemagne qui a su elle profiter de l'Europe.
En Bourse, ou pour notre Dette, les investisseurs ne font qu'acter cette efficacité d'une politique, et sa crédibilité, on ne parle donc pas uniquement de rigueur mais bien aussi de croissance, mais comme notre dette est entre leurs mains, tout le monde, sans avoir fait Polytechnique ou l'Ena, comprend que c'est à eux que nous devons des comptes, comme à notre banquier, pour le particulier qui a un découvert.

Après les belles phrases, les débats sur la forme, les soirées électorales, voici le fond et cela commencera le 15 mai avec le nouveau Gouvernement. 
2007-2012 : soit la France se réforme, "le changement c'est maintenant" devient une réalité, ou alors "tout devient possible", mais là, le pire est plus probable que le meilleur. Et pas besoin d'être un intervenant médiatique des plateaux de Télévision pour le deviner. 
Juste un citoyen, journaliste, qui à travers ses invités, a vu notre Monde changer, et la France garder ses illusions. 

mardi 1 mai 2012

Bourse - Dette - Europe : Regard de dirigeants d'entreprises sur leur stratégie

par Didier Testot

Bourse - Dette - Croissance, malgré le rebond du début d'année, plus technique que sérieux, les investisseurs ont pu douter à nouveau des perspectives de l'économie mondiale, et notamment de la zone euro qui reste avec ces problématiques de dette et de croissance.
2012 ressemble pour l'instant à 2011, un départ euphorique et des doutes, c'est surtout le signe que les questions essentielles pour sortir de cette crise ne sont pas réglées.
Du côté des entreprises en revanche, toutes ne se valent pas, et c'est là que l'on pourra se rendre compte de celles qui pourront en 2012 continuer leur croissance, la consolider, voire la renforcer. Après Bruxelles, c'est à Paris que nous avons rencontré des dirigeants d'entreprises. Dans des secteurs très divers.
Certaines entreprises ont revu leur business model, d'autres se sont adaptées à leur nouvel environnement, la crise est là mais toutes doivent faire avec. Un éclairage pertinent au-delà des mouvements de marchés. Comme toujours, la crise permet à certaines entreprises de consolider leur croissance, à d'autres de conquérir de nouveaux marchés, et ce même si les questions de dettes et de croissance, en Europe, pour le moins, resteront au coeur des inquiétudes des investisseurs.
Nos invités témoignent.

Des smalls et midcaps, avec les dirigeants d'entreprises en vidéos.

Galliane Touze Secrétaire Général Econocom
Marc Verdet Président Directoire Groupe Traqueur


Rik de Nolf Administrateur Délégué Groupe Roularta
Julien Meriaudeau Directeur Général SQLI


Gérard Soula Pdg Adocia
Alain Falc Pdg Bigben Interactive


Alain de Salaberry Président Directoire Quantel
Rodolphe Peiron Directeur Financier Capelli


Guy Chifflot Pdg Orapi
Philippe Brégi Pdg Egide
Technologie, Immobilier, Media, Biotechnologies, Jeux vidéos, sécurité, Services informatiques, systèmes d'information....Des univers, des stratégies.

La Bourse de Paris sous le coup des fonds vautours

par Didier Testot La Bourse de Paris sous le coup des fonds vautours, plus de 60 sociétés concernées, des financements qui n'ont jamais...