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vendredi 18 décembre 2009

EADS ou le déni d'initiés

par Didier Testot

La décision de la Commission des sanctions de l'AMF le 17 décembre 2009 "blanchissant" tous les dirigeants ou ex-dirigeants d'EADS a fait rire jaune les spécialistes des marchés financiers.
Les boursiers expérimentés, fréquentant les salles de marchés depuis des années le savent bien, vendre tous ses titres alors que rien sur le marché ne donne une quelconque indication, puis alors que tous les autres investisseurs découvrent l'ampleur des dégats, restera en travers de la gorge de ceux qui ne faisaient pas partie de ce cercle.
Vendre autant de titres en sa possession au meilleur moment de l'histoire plutôt mouvementée d'EADS restera suspect, malgré tous les efforts des avocats de la défense qui viennent de remporter une belle bataille juridique.
Un rappel au passage pour le titre EADS : -26,3% et une perte de confiance qui perdure sur la gestion managériale d'un "pseudo" groupe européen, théatre d'abord depuis des années de la rivalité de pouvoirs franco-allemande, les plus pessimistes diront qu'il est ingérable, même si le Président actuel Nicolas Sarkozy et son homologue Angela Merkel ont essayé de mettre le dossier à plat. La politique a toujours fait mauvais ménage avec la gouvernance d'une entreprise.

Le coeur du déni d'initié se trouve ici :
" En troisième lieu -en se séparant, cette fois, de son rapporteur - la Commission écarte le grief formulé à l’encontre de 7 cadres du groupe auxquels il était fait reproche d’avoir, entre le 8 et le 21 mars 2006, procédé à des ventes de stock options en utilisant une information privilégiée. L’information ainsi invoquée était relative non à une donnée financière (connaissance de résultats ou de l’imminence d’une opération sur le capital...), mais à une donnée de type industriel : la connaissance de retards de fabrication du gros porteur A.380 qui avaient été évoqués lors de la réunion de deux instances d’Airbus, les 17 février et 1er mars 2006.

La Commission a estimé que la connaissance de ces retards – distincts de ceux ayant constitué la matière du communiqué du 13 juin 2006, à la suite duquel le cours du titre EADS a baissé de 26 %- ne constituait pas une information privilégiée, c'est-à-dire, selon la définition donnée par l’article 621-1 du règlement général de l’AMF, « une information précise (...) qui, si elle était rendue publique serait susceptible d’avoir une influence sensible sur le cours des instruments financiers » correspondants.
Avant de parvenir à cette conclusion, la Commission – qui a souligné d’emblée qu’il convenait de considérer exclusivement les données existant à la date des faits reprochés, abstraction faite de celles apparues en juin 2006- a relevé notamment : - que les difficultés du processus industriel évoquées lors des réunions des 17 février et 1er mars « n’apparaissaient pas (...) comme étant d’une nature substantiellement différente de celles usuellement rencontrées en matière aéronautique et susceptibles d’être surmontées par la mise en œuvre de mesures d’amélioration du processus de production » ; notamment, ces difficultés étaient de bien moindre ampleur que celles, distinctes, ayant donné lieu au communiqué du 13 juin 2006 ; - « que ces retards ou difficultés du processus industriel constituaient alors une préoccupation habituelle à ce stade de la fabrication et sans commune mesure avec celle, primordiale car conditionnant l’ensemble du processus de livraison, relative à la nécessité d’obtenir en temps utile la certification de l’appareil, laquelle est intervenue en décembre 2006 avant la date prévisionnelle de livraison du premier appareil » ; - que le programme conçu en mars 2006 pour adapter à la situation évoquée les 17 février et 1er mars le planning de production antérieur maintenait à 26 –contre 27 antérieurement- le nombre des livraisons prévues pour 2006 et 2007 et s’agissant du calendrier de ces livraisons, prévoyait que 7 d’entre elles seraient retardées de deux mois au plus, les 19 autres étant affectées de délais supplémentaires ne variant qu’entre 3 et 5 mois ; en cela ce plan différait fondamentalement de celui ayant donné lieu au communiqué du 13 juin, qui ne prévoyait plus que la livraison de 10 appareils jusqu’à la fin de 2007. De ces constatations la Commission a déduit « ... qu’il ne résulte pas de l’instruction que, dans le contexte existant à la date des faits reprochés, l’information invoquée par les notifications de griefs ait (...) été susceptible d’avoir une influence sensible sur le cours du titre EADS ».

Les dirigeants et ex-dirigeants d'EADS qui étaient mis en cause et sont innocentés grâce à cette brillante démonstration par la Commission des Sanctions ont donc pu vendre leur titre, en totalité pour certains, y compris pour leurs enfants, dans le seul but de bien gérer leur portefeuille et avec uniquement de la chance, c'est à dire au plus haut pour le titre EADS, qui depuis ne s'est pas encore remis de cette catastrophe boursière.

Ce n'est pas les 13 euros que vaut le titre EADS aujourd'hui qui peuvent rassurer ceux qui n'ont pas participé à cette vente massive.
Il semble qu'en France contrairement aux Etats-Unis, les affaires d'initiés finissent toujours à la poubelle, pour une bonne ou une mauvaise raison.
Ne pas vouloir passer pour une place financière exotique était souvent l'argument avancé lors des bulles financières pour laisser tranquille ceux qui franchissaient la ligne jaune, à la longue, la place financière de Paris, si elle veut avoir un "vrai" statut international devra faire le ménage chez ceux qui profitent de telle ou telle anomalie juridique pour gérer leurs petites affaires comme bon leur semble, mais surtout au détriment de l'ensemble de la communauté financière. Le droit ne peut pas à chaque fois courir après la réalité des affaires.

lundi 14 décembre 2009

Le débat économique Spécial Bourse 2010

Par Didier Testot.

Nouveau débat économique sur la stratégie d'investissement Bourse 2010. Trois invités pour décrypter la Bourse et les Marchés.

Christophe Donay Stratégiste Pictet et Cie, Eric Turjeman Directeur des Gestions actions SGAM et Jean-Marc Bernon, Directeur général Fortis Gestion Privée.

Retour sur le décryptage de l'année 2009 dans la première partie, questions posées par les investisseursen 2009 et stratégie d'investissement en 2010.

A voir sur la Web TV www.labourseetlavie.com

mercredi 9 décembre 2009

La Grèce, le G des Pigs tremble

par Didier Testot.

Il ya quelques mois déjà, en mars 2009, j'avais découvert dans une conversation avec un investisseur ce terme des PIGS . Si l'information était en soi presque anodine, je n'imaginais pas que quelques mois après seulement, le G des PIGS, la Grèce, se trouverait dans une telle situation.
Le fait que l'Agence de notation Fitch ait abaissé la note de la dette à long terme de la Grèce (de A- à BBB+) en raison d’«inquiétudes» sur les finances publiques du pays et d’«incertitudes» sur la reprise économique est venue alourdir le climat.
Image AFP (Le ministre grec des Finances Georgios Papaconstantinou le 2 décembre 2009 à Bruxelles)

Au cours des derniers mois de la crise économique et financière, on a suffisamment dit que les agences de notation avaient été plutôt lentes à changer leur notation, cette fois-ci les investisseurs prennent au sérieux cette dégradation. Et les places financières n'apprécient pas ces incertitudes.
On imagine que la BCE regarde de près la situation de même que les autres pays de la zone.
Pour les investisseurs, si la chûte de Dubai avait quelque chose de "folklorique" comme un Pays des Merveilles qui disparaissait, la Grèce, le G des PIGS, c'est la zone euro.
C'est sans doute un nouveau test de la solidité de la zone euro qui s'engage, mais rien ne dit qu'il s'écrira de la manière dont ceux qui ont la charge des responsabilités l'espèrent.
Les plus spéculateurs avaient envisagé il y a déjà quelques mois que des pays allaien sortir de la zone euro, conséquence d'une crise économique et financière historique.
A suivre.

lundi 7 décembre 2009

Le débat économique Spécial Bourse 2010

Le débat économique (1ère partie) - Vidéos/Interviews

par Didier Testot.

Comment aborder l'année 2010 en termes d'investissement ?
Retour dans cette première partie de l'émission "L'économie en VO", Spécial Bourse, sur les temps forts pour les investisseurs.
Avec nos trois invités : Philippe Forni Directeur Général de CamGestion, Franck Dixmier Directeur Gestions Allianz Global Investors France et Sebastian Paris Horvitz Directeur de la Stratégie chez AXA IM. Ce débat comporte trois parties. La seconde partie aborde les thématiques des marchés et la troisième les perspectives de la Bourse en 2010.
A voir sur la Web TV www.labourseetlavie.com

dimanche 29 novembre 2009

Good Bye Dubai Madoff of Course

par Didier Testot

Il est très facile aujourd'hui à tous ceux qui veulent faire les malins sur leur compréhension de la crise économique et financière de nous montrer que Dubai était bâti sur du sable (très drôle) et que ce paradis du bling bling, avec sa piste de ski et ses galeries de magasins gigantesques comme ses tours à pertes de vues, devait en arriver à faire faillite. Aujourd'hui c'est facile, puisque c'est Dubai qui a annoncé la fin de la partie de châteaux de sable.
Voilà donc ce monument de la "modernité" qui tremble et qui fait dire aux spécialistes qu'Abu Dhabi va pouvoir donner une leçon à Dubai pour lui apprendre que créer du vent comme Madoff, c'est possible, mais qu'un jour, il faut bien payer la note.
Et comme Madoff, c'est la crise financière qui a permis de mettre fin à cette illusion de la beauté miraculeuse des gratte-ciels.
Comparer Dubai à Madoff n'a pas de sens croyez-vous, pourtant je ne voudrais pas être à la place de ceux qui ont acheté de l'immobilier dans cette palmeraie artificielle au prix fortet dont des magazines aux pages glacées ornaient parfois leurs numéros, c'était quand Dubai regorgeait de dollars et inondait le Monde de son mirage.
La banque centrale des Emirats vient d'annoncer ce dimanche (Le Monde.fr avec Reuters du 26/11/2009) qu'elle mettait à disposition "en urgence de liquidités supplémentaires afin de soutenir les banques".
Pourtant il y a peu de temps lorsque l'on cherchait des éléments sur Dubai on pouvait facilement arriver sur ce type d'information :
"Depuis quelques années, les Emirats Arabes Unis ont décidé de renforcer leur potentiel touristique, et ainsi de parvenir à faire du tourisme le plus grand secteur économique de leur pays, après le pétrole. Cette politique semble porter ses fruits puisque de plus en plus de guides et d’agences de voyage proposent cette destination, d’autant plus que l’Etat des Emirats Arabes Unis ne manque pas de charme sur le plan touristique(...)Composé de sept émirats, l’Etat est aujourd’hui reconnu en tant que destination touristique à travers trois villes : Abu Dhabi, Dubaï et Sarjah. Les principaux circuits débutent généralement par une visite de Sarjah. Cette ville regorge de monuments architecturaux dans le pur style arabe(...) La seconde destination est Abu Dhabi, une ville moderne et récente qui ne manque pas de charme et qui offre de nombreux sites à visiter tels que le palais Hosn et le Centre d’Artisanat Féminin. La troisième destination est celle de Dubaï. Elle est sans aucun doute celle qui suscite le plus de curiosité chez les voyageurs. Véritable oasis de modernité au milieu du désert, Dubaï est une ville très vivante et très décontractée". Et cette conclusion : "A part le musée de Dubaï, les plus beaux monuments de la ville sont les imposants gratte-ciel qui la parsèment. Ces derniers sont classés parmi les plus hauts et les plus modernes du monde. Le commerce figure parmi les principales activités de la ville car de nombreux centres commerciaux offrent divers produits et un accueil inoubliable aux visiteurs".
Comme toujours dans ce genre de mirage, il y a ceux qui ont pu y faire fortune et qui ont su refiler la patate chaude aux autres à Dubai. Bis repetita simpliste. Après Madoff et Dubai, quel sera le prochain mirage à se faire démasquer par cette crise financière qui remet les compteurs à zéro ?
Les plus pessimistes disent qu'il n'y a pas besoin d'aller jusque dans le désert mais que l'aventure financière se trouve déjà à la périphérie de la zone euro. Pas besoin de gratte-ciel, juste de se gratter la tête pour connaître le prochain sur la liste.

jeudi 26 novembre 2009

Résultats semestriels sur la Web TV www.labourseetlavie.com

Par Didier Testot.

La Bourse et la Vie.
A travers les interviews vidéos des dirigeants et des managers dans les secteurs comme les vins et spiritueux, la recherche et développement externalisée, l'édition de logiciels ou l'agroalimentaire, une occasion de mieux comprendre l'évolution de notre économie avec ceux qui l'a font. A l’occasion des publications de résultats semestriels, retrouvez en vidéo l’interview de Dominique Hériard Dubreuil Présidente de Rémy Cointreau, qui évoque le premier semestre, la stratégie mais aussi les perspectives du groupe de vins et spiritueux. La vidéo est à voir sur la Web TV en cliquant sur ce lien : Rémy Cointreau

Egalement, la société LDC qui a réalisé au cours du semestre écoulé des acquisitions importantes. Interview vidéo de son Pdg, Denis Lambert, l’interview est accessible sur ce lien : LDC

Toujours dans l’actualité des entreprises, la société SII a publié ses résultats semestriels, Eric Matteucci, le Président du Directoire, répond sur la stratégie et les perspectives du spécialiste de la Recherche et développement externalisée. Interview vidéo à voir en cliquant sur le lien SII

Enfin dans l’actualité entreprises, la publication semestrielle de l’éditeur de logiciel Generix. Invité de www.labourseetlavie.com, Jean-Charles Deconninck évoque les perspectives du groupe : Generix
Avec des dizaines d'autres vidéos à voir sur l'actualité économique et financière.

lundi 23 novembre 2009

EADS et Vivendi en vedette malgré ou à cause d'eux !

par Didier Testot.

A New York c'est un Jean-Marie Messier toujours bronzé (Photo Reuters)

sans doute une obligation dans la banque d'affaires où l'on pense que si l'on est bronzé cela veut dire que l'on a confiance. Si j'étais client d'une banque d'affaires, je me dirais que mon conseiller passe beaucoup de temps sous les Tropiques ou sous les UV, pas forcément sur mon dossier, mais bon je ne suis pas client d'une banque d'affaires.
A New York donc Jean-Marie Messier tente d'expliquer à un juge que J6M, "Jean-Marie Messier Moi-Même Maitre du Monde" n'était qu'une invention et que lorsqu'il a dirigé Vivendi Universal, il n'avait "jamais commis de fraude", son commentaire dans le JDD du week-end.
L'issue du procès verra si J6M peut convaincre des juges américains davantage au fait des questions financières que de ce côté-ci de l'Atlantique.
Au Palais Brongniart, ce matin, ce sont les dirigeants ou ex-dirigeants d'EADS soupçonnés de délits d'initiés qui défilent à huis clos devant la Commission des Sanctions de l'AMF, dans un Palais vide depuis bien longtemps mais que le gendarme de la Bourse a préféré à ses bureaux trop étroits. Du coup, c'est un Noël Forgeard (photo AFP) l'ancien dirigeant d'EADS qui se dit "serein" au micro des journalistes présents sur place.
EADS, Vivendi, deux entreprises du CAC 40 aux prises avec leur passé, dont les dirigeants actuels aimeraient bien tourner la page, mais le temps de la Justice comme de l'Administration, fussent-elles indépendantes, ne va pas au même rythme.
Le Vivendi Universal devenu le Vivendi d'aujourd'hui réalise une OPA au Brésil, et est en passe de vendre sa participation dans NBC Universal. EADS lui reste englué avec ses retards sur l'avion militaire A400M, comme avec ses retards pour l'A380, tout en battant en 2009 ses records de livraison d'avions.
Deux piliers du CAC 40 qui voudraient sans doute pouvoir parler d'autres choses que du passé.
Solder le passé est une chose, éviter qu'on vous le rappelle à chaque fois en est une autre et demande surtout de réussir à réconcilier les actionnaires et les managers, en faisant les choix stratégiques pertinents, ni trop tôt, ni trop tard.

La Bourse de Paris sous le coup des fonds vautours

par Didier Testot La Bourse de Paris sous le coup des fonds vautours, plus de 60 sociétés concernées, des financements qui n'ont jamais...